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LES PREMIÈRES IMAGES DU TÉLESCOPE JAMES WEBB INAUGURENT UNE NOUVELLE ÈRE DE L'ASTRONOMIE

13 Juillet 2022 17:41 (UTC+01:00)
LES PREMIÈRES IMAGES DU TÉLESCOPE JAMES WEBB INAUGURENT UNE NOUVELLE ÈRE DE L'ASTRONOMIE
LES PREMIÈRES IMAGES DU TÉLESCOPE JAMES WEBB INAUGURENT UNE NOUVELLE ÈRE DE L'ASTRONOMIE

Paris / La Gazette

La Nasa a révélé mardi la totalité des premières images du plus puissant télescope spatial jamais conçu, James Webb, d'époustouflants clichés en couleur marquant le début des opérations scientifiques de cet observatoire, attendu depuis des années par les astronomes du monde entier.

Il est considéré comme le successeur d'Hubble. Le télescope spatial James-Webb vient de dévoiler ses premières photos. Surnommée le « Premier Champ profond de Webb », cette image a nécessité une accumulation de près de 13h de pose, et correspond à un composite réalisé à partir de plusieurs images prises à différentes longueurs d'ondes.

Le cliché, qui fourmille de détails, montre des galaxies formées peu après le Big Bang, il y a plus de 13 milliards d'années. La qualité des images, et leur détail, est littéralement sidérante.

« Les images sont merveilleuses », s'est réjoui le cosmologiste John Mather, prix Nobel de physique et l'un des pères scientifiques de la mission. « Et elles sont pleines de découvertes et de science. »

« Que ça marche, c'est normal, mais aussi bien, c'est exceptionnel », a réagi Pierre-Olivier Lagage, 'un des responsables du programme. « C'est un tel bond en avant qu'on va avoir des surprises », a-t-il prédit.

Après cette première photographie publiée la veille, quatre nouvelles observations ont été dévoilées une à une lors d'un direct d'une heure: de magnifiques images de nébuleuses illustrant le cycle de vie des étoiles, l'analyse de l'atmosphère d'une exoplanète, et le cliché de galaxies en collision.

« Chaque image est une nouvelle découverte », a déclaré le patron de la Nasa Bill Nelson, depuis le centre spatial Goddard, près de Washington, où une foule de responsables des agences spatiales américaine et européenne, ainsi que de scientifiques, était réunie pour l'événement. Chacune offre « à l'humanité une vue de l'Univers que nous n'avons jamais vue auparavant ».

James-Webb est le fruit d'un partenariat international entre la Nasa, l'ESA et l'Agence spatiale canadienne (ASC). Il a coûtée 10 milliards de dollars, et a été lancé dans l'espace il y a environ six mois, le jour de Noël, depuis la Guyane française par une fusée Ariane 5. En projet depuis les années 1990, il est posté à 1,5 million de kilomètres de la Terre, avec assez de carburant pour fonctionner pendant 20 ans.

Quelque 20.000 personnes ont travaillé à sa réalisation à travers le monde, en faisant une immense collaboration internationale.

Fonctionnant dans l'infrarouge, une longueur d'onde imperceptible aux yeux humains, les couleurs ont été « traduites » dans des couleurs visibles.

« Ce n'est que le début », a rappelé Amber Straughn, astrophysicienne à la Nasa. « Dans les semaines et mois à venir, les scientifiques prendront le temps de se plonger dans toutes ces données. »

Les nouvelles images montrent la nébuleuse de la Carène, à environ 7.600 années-lumière, qui est une pépinière d'étoiles. Le cliché en montre des centaines n'ayant jamais été vues auparavant, mais aussi des galaxies à l'arrière-plan et des structures encore inconnues.

La nébuleuse de l'anneau austral, à 2.000 années-lumière, est elle un immense nuage de gaz entourant une étoile mourante. Pour la première fois, une deuxième étoile en fin de vie y apparaît clairement.

Autre découverte : le Quintette de Stephan, un groupement compact de galaxies. Cinq sont visibles au total sur cette spectaculaire image, dont quatre interagissent dans une véritable danse gravitationnelle. Deux sont en train de fusionner.

L'image contient également un trou noir, qui ne peut lui-même être vu, mais qu'on devine grâce à la matière aspirée autour de lui.

Le dernier objet cosmique dont l'observation a été publiée mardi est une exoplanète, c'est-à-dire une planète en orbite autour d'une autre étoile que notre Soleil, l'un des principaux axes de recherche de James Webb.

Elle n'a, à proprement parler, pas été photographiée, mais analysée par spectroscopie, une technique utilisée pour déterminer la composition chimique d'un objet lointain. En l'occurrence, WASP-96 b, une planète géante composée essentiellement de gaz.

L'analyse de la lumière traversant son atmosphère lorsqu'elle passe devant son étoile a permis d'y trouver la présence d'eau, a déclaré la Nasa. Hubble avait déjà détecté de l'eau dans l'atmosphère d'exoplanètes par le passé, mais l'observation de James Webb est bien plus fine.

L'Univers « a toujours été là », a souligné Jane Rigby, du centre spatial Goddard. « Il nous fallait seulement construire un télescope pour aller voir ce qui s'y trouve. »

Si vous souhaitez, vous aussi, partir à la découverte de l'univers, vous pouvez téléchargez les images depuis le site JWST de l'Agence spatiale européenne en cliquant ici .

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