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Joseph Joubert (1754-1824)

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PARIS "CONDAMNE" LE LANCEMENT D'UNE FUSÉE IRANIENNE EN PLEIN "PROGRÈS" SUR LE NUCLÉAIRE

International 2 Janvier 2022 15:41 (UTC+04:00) 116
PARIS "CONDAMNE" LE LANCEMENT D'UNE FUSÉE IRANIENNE EN PLEIN "PROGRÈS" SUR LE NUCLÉAIRE
PARIS "CONDAMNE" LE LANCEMENT D'UNE FUSÉE IRANIENNE EN PLEIN "PROGRÈS" SUR LE NUCLÉAIRE

Paris / La Gazette

« La France condamne le lancement par l’Iran d’un tir de lanceur spatial le 30 décembre », a déclaré le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay, qui ajoute que, selon lui le lancement du tir de lanceur spatial n’est pas conforme à la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies.

« Ces activités sont d’autant plus regrettables qu’elles interviennent à un moment où nous enregistrons des progrès dans la négociation nucléaire à Vienne », souligne le ministère.

Même réaction hostile de la part des Etats-Unis qui soupçonnent l’Iran de chercher à développer des lanceurs à longue portée capables d’emporter des charges nucléaires, sous couvert de mis au point de lanceurs de satellites. Le développement iranien de lanceurs spatiaux « pose un risque de prolifération », a déclaré la porte-parole du département d’Etat, qui a rappelé que Washington « souhaite un retour mutuel au respect total de l’accord » de 2015 visant à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.

Faux, rétorque Ahmad Hosseini, porte-parole de l’unité spatiale du ministère de la défense iranien. Il s’agit de lanceurs à vocation scientifique, qu’aucun pays occidentaux n’est légitime à lui interdire. D’après le responsable du programme, l’Iran a lancé dans l’espace une fusée transportant trois appareils de recherche spatiale. « Les objectifs de recherche prévus pour ce lancement ont été atteints », s’est félicité Ahmad Hosseini, « Il s’agissait d’un lancement préliminaire et nous aurons des lancements opérationnels dans un proche avenir ».

Pour les Occidentaux, le danger est bien réel, d’autant que ce lancement intervient en plein pourparlers pour sauver l’accord de Vienne. Après cinq mois d’interruption, les pays du pacte (France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie, Chine), tentent de reprendre les discussions, notamment en essayant de convaincre les Etats-Unis de revenir dans la négociation après leur départ en 2018. Ils y participent néanmoins de manière indirecte.

Rappelons que l’accord, validé par la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, enjoint à Téhéran de « ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des charges nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques ».

En février 2020, l’Iran avait échoué à mettre en orbite un satellite d’observation scientifique, baptisé Zafar (« Victoire », en persan). Son lancement avait déjà été condamné par Paris et Washington, pour les mêmes raisons qu’aujourd’hui. Deux mois plus tard, un satellite militaire était lancé, et les Etats-Unis y avaient vu la preuve que le programme spatial iranien était destiné à des fins militaires plus que scientifiques.

Téhéran affirme au contraire n’avoir aucune intention de se doter de l’arme atomique, et assure que ses programmes balistique et spatial ne vont pas à l’encontre de la résolution 2231.

Les Européens, eux, continuent d'insuster sur « l'urgence » à conclure ces négociations, expliquant que « l'augmentation de ses stocks d'uranium à 60 % rapproche l'Iran de manière significative de l'obtention de la matière fissile pouvant être utilisée pour la fabrication d'une arme nucléaire »

« Il est clair que nous approchons du point où l'escalade nucléaire iranienne aura vidé le JCPOA (accord de Vienne de 2015 sur le nucléaire iranien) de sa substance », préviennent-ils, estimant qu'il reste « des semaines et non des mois pour conclure un accord ».

Les parties affichent toutefois une volonté commune de poursuivre les négociations.

Le coordinateur de l'Union européenne (UE) Enrique Mora, qui préside les pourparlers, a déclaré que toutes les parties avaient montré « une claire volonté de travailler à la réussite de cette négociation » mais prédit des discussions encore « très difficiles » dans les « jours et les semaines à venir ».

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian a déclaré de son côté : « Nous pensons que si les autres parties prenantes continuent de faire preuve de bonne foi lors de ce cycle de négociations à peine entamé, il sera possible de parvenir à un bon accord pour l'ensemble des parties engagées »

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