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MARINE LE PEN, PERDUE SOUS UN ÉPAIS BROUILLARD D'EXTRÊME DROITE

8 Janvier 2022 12:14 (UTC+01:00)
MARINE LE PEN, PERDUE SOUS UN ÉPAIS BROUILLARD D'EXTRÊME DROITE
MARINE LE PEN, PERDUE SOUS UN ÉPAIS BROUILLARD D'EXTRÊME DROITE

La Gazette / Marie-Mathilde LAURENT

La présidente du Rassemblement National (RN), anciennement Front National (FN), Marine Le Pen, est sans surprise candidate à la présidence de la République française.

A 53 ans, Marine Le Pen possède déjà sur son CV deux candidatures à la présidentielle, en 2012 puis en 2017.

L’avocate de profession a pris les rênes du part d’extrême-droite en 2011, succédant à son père, Jean-Marie Le Pen, président fondateur du mouvement.

En 2012, elle arrive en troisième position au premier tour en obtenant 17,9 % des suffrages exprimés.

De nouveau candidate au scrutin présidentiel de 2017, elle se qualifie pour le second tour, qu'elle perd face à Emmanuel Macron en obtenant 33,9 % des voix.

Cependant, ce score n’est pas à prendre à la légère, considérant le résultat de son père, Jean-Marie Le Pen, qualifié à la surprise générale au second tour de la présidentielle de 2002 face à Jacques Chirac. Le Pen père n’obtiendra que 17,8% des suffrages, vaincu par un « front républicain ».

Le « front républicain » aura donc été beaucoup moins solide quand il a fallu voter Emmanuel Macron pour contrer Marine Le Pen.

Se basant sur cela, il serait logique de penser que « la prochaine sera la bonne » pour Marine, d’autant plus que les partis « classiques » de gauche et de droit ne semblent pas avoir regagner la confiance de l’électorat français.

Cela aurait pu être vrai jusqu’il y a quelques mois. Mais la donne a changé ! Un « perturbateur » est entré en scène pour « voler la vedette » sur le côté le plus à droite de la scène politique française : un certain Eric Zemmour.

L’écrivain et polémiste est un nouveau-né de la politique. Il s’est lancé officiellement dans la politique en annonçant fin novembre sa candidature à la présidentielle de 2022.

Son discours entièrement décomplexé et virulent contre l’Islam, les musulmans, les migrants, très fortement diffusé par une bonne partie des médias, a quasiment fait oublier l’héritière du mouvement d’extrême-droite.

Déjà que depuis un certain nombre d’années, certains politiciens connus pour être de gauche ou de droite empruntent une partie de la rhétorique anti-migrants et islamophobe du Rassemblement National, l’arrivée en grande pompe de Zemmour met à mal la visibilité de Marine Le Pen.

La multitude de discours et déclarations islamophobes, racistes, anti-migrants, venant de gauche comme de droite, des médias, des analystes/commentateurs/experts ou simples chroniqueurs, semble avoir confisqué « sa politique » à Marine Le Pen.

Lors d’une confrontation télévisée face à Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, le 11 février 2021 sur France 2, Marine Le Pen a été qualifiée par le ministre de « branlante, un peu trop molle » concernant la lutte contre « l’islamisme ».

Elle-même n’aurait jamais imaginé être accusée un jour pour ses positions « trop molles » envers l’islamisme et les islamistes.

Comment se place Marine Le Pen dans les sondages ?

Dans un premier temps, la super-médiatisation d’Eric Zemmour, en particulier avant l’annonce officielle de sa candidature, a eu un effet « surprise » dans les sondages auprès de la population.

Dans un sondage daté du 27 octobre 2021, Emmanuel Macron, en tête, se qualifiait pour le second tour de l'élection présidentielle avec le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour, lequel devançait la candidate du RN Marine Le Pen (sondage Harris Interactive pour Challenges).

Le chef de l'État sortant était crédité par cette enquête de 23 à 25 %, devant Eric Zemmour, à 17-18 %, tandis que Marine Le Pen recueillait 16 %.

Quelques semaines plus tard, le 18 novembre, une autre enquête auprès des électeurs donne Eric Zemmour à 12% des intentions de vote. Un net recul des intentions de vote pour le polémiste.

Alors que Marine Le Pen est quant à elle créditée de 19 à 21% et Emmanuel Macron de 24 à 25% au premier tour de la présidentielle. Au second tour, Emmanuel Macron gagnerait avec 56% (-2) contre 44% (+2) pour Marine Le Pen.

Dans un autre sondage publié jeudi 23 décembre par « Cluster17 », Eric Zemmour repasse devant Marine Le Pen.

Zemmour passe devant Marine Le Pen avec 14 % d’intentions de vote contre 13 % pour la candidate RN.

Ainsi donc, les sondages les plus récents semblent confirmer une reprise de l’ascendant par Le Pen face à Zemmour.

Le positionnement international de Marine Le Pen

La présidente du Rassemblement National, qui siégea au Parlement européen pendant plusieurs années, entre 2004 et 2017, avant d’être élue à l’Assemblée nationale française en 2017, est une fervente partisane du retour de l’État-nation face au fédéralisme européen.

Elle défend une France forte en Europe et dans le monde, n’hésitant pas par exemple à apporter son soutien à Emmanuel Macron face « à la Turquie d’Erdogan » dans de nombreux dossiers tels que la Méditerranée, la Libye, la Syrie ou encore lors du conflit arméno-azerbaïdjanais pour la libération du Karabagh occupé pendant près de 30 ans par l’Arménie.

« L’Arménie chrétienne » étant un argumentaire repris largement par l’ensemble de la classe politique française, auquel ne déroge par Le Pen fille.

La présidente du RN semble également avoir une certaine proximité avec la Russie, où elle avait obtenu un financement de plusieurs millions d’euros en 2014 pour financer son parti et ses campagnes électorales.

Le scandale du salaire d’une conseillère au Parlement européen

Marine Le Pen, qui rencontre des difficultés à rembourser son prêt russe, et à financer sa nouvelle campagne pour la présidentielle de 2022, avait également été épinglé en 2017 par le Parlement européen pour fraudes.

En effet, quand elle était député européenne, Marine Le Pen a reçu un financement européen pour le salaire d’une de ses conseillères. Mais la conseillère en question n’aurait, pendant cette période, travailler que pour le parti d’extrême-droite, et non au parlement européen.

Le Pen a dû ainsi rembourser 300 00 euros au PE.

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