Bien que le séjour ultra-médiatisé de la politicienne américaine Nancy Pelosi (82 ans) fut bref, il lui a permis d’afficher son soutien à la tech taïwanaise. Au cours de cette visite éclair, la patronne des parlementaires américains a rencontré Mark Liu, le président de Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), le plus gros « fondeur » de la planète vu qu’il détient à lui seul 92 % du marché mondial des puces haut de gamme extrafines.
Un choix tout sauf anodin, vue l'importance stratégique de cet acteur pour l'économie mondiale. Dans ses usines de Hsinchu, près de la capitale Taipei, le géant taïwanais fabrique presque 50 % des semi-conducteurs du globe, pour des clients aussi bien les géants américains (Apple, Qualcomm ou Nvidia), que chinois (Huawei) ou européens. Son savoir-faire unique au monde lui permet de graver des puces de 2 nanomètres seulement, soit l’équivalent de 50 milliards de transistors sur la taille d’un ongle ! Une technologie que ne maîtrisent ni les Américains ni les Chinois.
Selon la SIA (Semi-conductors Industry Association) américaine, le lobby du secteur, la part des Etats-Unis dans la production mondiale de puces est passée, il est vrai, de 37 % à 12 % en trente ans, largement au profit de l'Asie et de Taïwan, devenu le hub mondial pour cette industrie.
Toutefois, dans le cas où la Chine venait à envahir Taïwan, les usines de TSMC seraient inopérables tant elles sont intégrées dans une chaîne logistique mondiale. Conséquences directes de ce choix, la provocation d'énormes turbulences économiques en Chine vu que son propre approvisionnement en composants les plus sophistiqués viendraient, du jour au lendemain, à disparaître.