Lagazette

UN FORUM INTERNATIONAL DE L’INVESTISSEMENT S’EST TENU À TACHKENT

7 Mai 2024 15:18 (UTC+01:00)
UN FORUM INTERNATIONAL DE L’INVESTISSEMENT S’EST TENU À TACHKENT
UN FORUM INTERNATIONAL DE L’INVESTISSEMENT S’EST TENU À TACHKENT

Paris / La Gazette

Des ministres du gouvernement, des chefs d'entreprise et des investisseurs étrangers se sont réunis les 2 et 3 mai 2024 à Tachkent à l'occasion du 3ème Forum international de l'investissement.

Plus de 2 500 délégués de 93 pays du monde entier : représentants de gouvernements, chefs de grandes entreprises, représentants d'organisations internationales telles que l'ONU, la BERD, l'OPEP et l'OCS, se sont retrouvés autour du thème « Nouvel Ouzbékistan : un grand pays avec de grandes opportunités »

Organisé à l’initiative du ministère de l'Investissement, de l'Industrie et du Commerce, le Forum vise à accélérer la croissance et le développement de l'Ouzbékistan, conformément à la stratégie « Ouzbékistan 2030 », qui prévoit de porter le PIB de l'Ouzbékistan à 160 milliards de dollars et d'attirer 250 milliards de dollars d'investissements dans le pays.

Le Forum a été ouvert par le président de l'Ouzbékistan, Shavkat Mirziyoyev, au palais des congrès de la ville de Tachkent, devant des hauts responsables internationaux, comme Mikayil Jabbarov, ministre de l'Économie de l'Azerbaïdjan, Serik Zhumangarin, vice-premier ministre du Kazakhstan, le ministre des Finances et de l'Économie du Turkménistan, le ministre de l'Énergie du Kirghizistan, le ministre de l'Énergie de la du Kazakhstan, le ministre de l'Énergie et des Ressources en eau du Tadjikistan, ainsi que Qais bin Mohammed Al Yousef, ministre du Commerce, de l'Industrie et de la Promotion des investissements d'Oman, le ministre de l'Économie des Émirats arabes unis ; le ministre des Finances de Hongrie et Abdulhamid Alkhalifa, directeur général du Fonds de l'OPEP pour le développement international.

Une situation internationale fragile

Le président de l’Ouzbekistan a rappelé le contexte dans lequel ce forum prend place.

Sur le plan international, le monde vit une période de problèmes géopolitiques et économiques mondiaux croissants, de défis et de menaces pour le développement durable. L’ordre mondial subit une profonde transformation. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement des biens et services, la diminution du commerce international et des flux d’investissement, l’exacerbation des catastrophes climatiques démontrent clairement à quel point la situation devient instable.

Les taux de croissance de l’économie mondiale sont en baisse depuis trois ans. Les tendances liées aux investissements directs étrangers ne répondent pas non plus aux attentes. En 2023, le volume total des investissements dans les pays en développement a diminué de 9 %. Aucun pays ne peut résoudre seul de tels problèmes.

L’Ouzbékistan, un pays en pleine mutation

L’Ouzbékistan a pris, depuis sept ans, la décision de se lancer dans des réformes difficiles, mais systémiques, avec comme principaux objectifs la libéralisation de l'économie, la création d'un climat d'investissement favorable et l'élargissement des opportunités pour les entrepreneurs.

Depuis, l’économie ouzbèke a presque doublé. L’an dernier, les taux de croissance ont atteint 6 pour cent, tandis que l’inflation est restée inférieure à 9 pour cent. Le chiffre d'affaires du commerce est en constante augmentation. La stabilité de la monnaie nationale et des réserves de change est maintenue.

Au cours des dernières années, le pays a attiré plus de 60 milliards de dollars d'investissements étrangers. Plus de 14 milliards de dollars provenant des institutions financières internationales ont été consacrés à des projets sociaux et d'infrastructure. Le volume des investissements étrangers a presque doublé l'année dernière.

Des augmentations notables ont été enregistrées dans les domaines de l'énergie avec des sociétés comme « Acwa Power », « Masdar », « Total Eren », « Voltalia », « Calik » et « Aksa » ; dans l'industrie chimique avec « Air Products », « Indorama » et « Kamse » ; en construction et métallurgie avec « Orano » et « Danieli » ; en génie automobile et électrique avec « BYD », « KIA » et « Samsung » ; et dans la construction avec "Koch" et "Knauf" ainsi que d'autres grandes entreprises mondiales. Au total, plus de 300 projets d'investissement et industriels ont été initiés et des centaines de milliers de nouveaux emplois créés. Cette année, et en particulier à l’occasion de ce forum, de nouveaux projets vont être lancés avec des entreprises de renommée mondiale, telles que « Linde », « Orascom », « DataVolt », « Bonafarm », « Pasha Holding », des projets d'irrigation et de routes avec les sociétés chinoises « CITIC » et « Camce », des projets d'approvisionnement en eau potable avec les sociétés françaises « Suez » et « Veolia », et la mise en place d'installations médicales modernes avec les sociétés arabes « InterHealth » et « Pure Health ».

Afin de dynamiser l’économie et d’attirer les investissements, l’Ouzbekistan a exonéré les investisseurs étrangers de l’impôt sur les dividendes pendant une période de trois ans. Une loi sur la privatisation a été adoptée qui prévoit la vente d'actions de l'État dans 250 grandes entreprises, la privatisation de 1 000 biens immobiliers.

Dans la perspective de l’adhésion à l'Organisation mondiale du commerce, les autorités ont créé une agence de lutte contre la corruption et organisé l’an dernier à Tachkent des conférences internationales sur la lutte contre la corruption.

Autre indicateur important pour les investisseurs : au cours des sept dernières années, le taux d'inscription dans l'enseignement supérieur est passé de 9 pour cent à 42 pour cent et le nombre d'établissements d'enseignement supérieur a atteint 200. Un régime de voyage sans visa a été introduit pour plus de 90 pays.

L’Ouzbekistan, horizon 2030

Pour le président Mirziyoyev, l’objectif principal est de faire de l'Ouzbékistan un partenaire fiable et à long terme pour les investisseurs étrangers, en s'engageant à développer l'économie de marché, à assurer une protection fiable des droits des investisseurs, à améliorer encore un environnement déjà plutôt favorable aux investissements et aux affaires, à créer des conditions plus confortables pour une concurrence loyale, à assurer la protection de la propriété privée et l'indépendance du système judiciaire. Ces thématiques ont été inscrites dans la nouvelle Constitution adoptée par référendum l’année dernière.

Parmi les mesures concrètes destinées à renforcer la protection des droits des investisseurs, on notera une nouvelle loi « sur les investissements élaborée conformément aux réglementations et normes de l'Organisation mondiale du commerce. Les termes de cette loi ont été établies en étroite coopération avec la BERD, la Banque mondiale, le FMI et l'OCDE.

Par ailleurs, le Tribunal de commerce international commencera prochainement à fonctionner sous les auspices du Centre pour le développement des technologies numériques. Ce tribunal occupera une place particulière dans le système juridique de l'Ouzbékistan. C’est pourquoi nous adopterons prochainement une législation spéciale.

Enfin, l’établissement et le fonctionnement des zones industrielles seront facilités afin de permettre aux investisseurs de mettre en œuvre des projets de haute technologie.

Cette stratégie de développement de l’économie a été consignée dans le projet « Ouzbékistan-2030 », qui définit 100 tâches spécifiques pour parvenir à une croissance économique durable, assurer la protection sociale, préserver la santé, améliorer le système éducatif et garantir l'État de droit. D’ici 2030, l’objectif est de doubler le revenu de la population et de rejoindre les rangs des pays à revenu intermédiaire supérieur.

6 axes prioritaires ont été définis à l’horizon 2030

1. L’Énergie verte. L’expansion du secteur énergétique est cruciale pour la prospérité de l’ensemble de notre région. À cet égard, des travaux sont en cours sur 28 projets qui visent à créer, d’ici 2030, une capacité d’énergie renouvelable supérieure à 20 gigawatts et à augmenter sa part dans le bilan énergétique à 40 %.

L'année dernière, un programme de grandes centrales éoliennes et solaires d'une capacité de 1,4 gigawatts a été lancé en partenariat avec « MASDAR », « GEZHOUBA » et « CHINA ENERGY ». Un projet de production d'« hydrogène vert » a été également initié avec «ACWA PUISSANCE».

Tous ces projets sont mis en œuvre sur la base d’un partenariat public-privé et directement grâce à des investissements étrangers.

Le Forum a été d’ailleurs l’occasion de présenter aux investisseurs des projets communs de construction de centrales hydroélectriques au Kirghizistan et au Tadjikistan.

2. Le secteur bancaire. Ces dernières années, de nombreuses banques privées se sont implantées en Ouzbékistan, en particulier des banque européennes. Plusieurs banques numériques sont désormais opérationnelles.

Lors de ce Forum, l'accord a été signé avec la BERD de privatiser l'une des principales banques d'Ouzbékistan, "Asakabank". De même, les processus de transformation et de privatisation des principales banques du pays se poursuivent en coopération avec le FMI, la BAD et d'autres grandes institutions financières internationales.

3. Les Minéraux critiques. L'Ouzbékistan est riche en ressources minérales et en matières premières essentielles. Il possède d'importantes réserves d'or, de cuivre, de tungstène, d'argent et d'uranium, mais aussi des réserves de métaux rares et de terres rares, notamment le lithium, le magnésium, le molybdène, le germanium, le vanadium et l'indium.

Le mois dernier, une coopération stratégique dans le domaine des minéraux critiques a été établie avec l'Union européenne. La signature de documents similaires avec les États-Unis et le Royaume-Uni sont à l’étude.

Une nouvelle loi sur le sous-sol va être adoptée. Elle sera basée sur la pratique internationale et établie en coopération avec la BERD.

4. La transformation numérique. Les exportations de services informatiques et de produits logiciels ont doublé en un an, et l’Ouzbékistan espère atteindre 5 milliards de dollars. Le nombre des résidents des zones de haute technologie doit être multiplié par dix et 100 000 nouveaux emplois seront prévus.

Un Centre pour le développement des technologies numériques est en cours de création pour les entreprises étrangères. En collaboration avec le saoudien « Data Volt », les autorités travaillent à la création d'un centre de données fonctionnant à l'énergie « verte ». Cela devrait contribuer de manière significative à la numérisation de l’économie et à l’introduction de technologies basées sur l’intelligence artificielle.

5. Le développement des infrastructures de transport. Des réformes substantielles sont en cours dans le secteur ferroviaire, ouvrant de larges opportunités aux investisseurs privés. Les projets communs sont en cours de développement pour construire des routes à péage et des chemins de fer à grande vitesse.

Des efforts sont déployés pour moderniser les aéroports internationaux de Tachkent, Boukhara et Urgench et en construire de nouveaux avec la participation d'investisseurs étrangers qualifiés.

Les premiers travaux de construction des chemins de fer Chine-Kirghizistan-Ouzbékistan et Ouzbékistan-Afghanistan-Pakistan ont commencé avec la collaboration de partenaires étrangers. Ces projets stratégiques sont appelés à modifier fondamentalement la géoéconomie de la région et transformeront l’Asie centrale en un centre de transit mondial reliant le Nord au Sud, l’Est à l’Ouest.

Le forum international de l’investissement : une rampe de lancement pour l’Ouzbékistan de demain

Cet événement de deux jours comprenait une série de tables rondes et de sessions de débat, qui ont servi de plateforme d'échange d'idées et de projets pour soutenir la réussite de l'Ouzbékistan en matière d'investissements directs étrangers. Les discussions ont notamment porté sur les opportunités d'investissement disponibles dans des secteurs spécifiques tels que l'énergie, les infrastructures, l'agriculture, le tourisme, l'exploitation minière et l'économie numérique.

Un débat autour du développement de la fintech en Ouzbékistan, l'un des segments les plus innovants et à la croissance la plus rapide de l'économie ouzbèke, a été animé par Djasur Djumaev, PDG d'Uzum, la première licorne technologique d'Ouzbékistan, Nicolas Kurdiani, PDG de TBC Bank, et d'autres intervenants. Une autre discussion sur l'investissement dans les énergies durables a été animée par Marco Arcelli, PDG d'ACWA Power, Seifi Ghasemi, PDG d'Air Products et Mohamed Jameel Al Ramahi, PDG de Masdar.

En outre, le forum a abordé des thèmes tels que l'investissement dans l'entrepreneuriat féminin, l'inspiration des jeunes dans le monde des affaires, le développement des PME et les nouvelles approches en matière d'investissement durable. L'événement s’est achevée sur une impressionnante cérémonie de signature d'accords d'investissement et de commerce, soulignant le rôle du Forum dans la transformation des perspectives et des progrès économiques de l'Ouzbékistan.

Le ministre de l'Investissement, de l'Industrie et du Commerce de la République d'Ouzbékistan, Laziz Kudratov, a déclaré à ce propos :

« Le programme du Forum international de l'investissement de Tachkent de cette année reflète les possibilités d'investissement importantes et diverses qu'offre l'Ouzbékistan, et nous sommes heureux d'accueillir tant d'investisseurs, de fonctionnaires et de dignitaires du monde entier pour partager des idées et créer de nouveaux partenariats. Nous souhaitons nous appuyer sur le succès et l'élan générés par le Forum 2023 pour conclure d'autres accords et investissements étrangers, et faire avancer le "Nouvel Ouzbékistan". »

L'Ouzbékistan a enregistré ces dernières années une croissance du PIB de 6 %, en 2023 une augmentation du commerce extérieur de 25 %, une croissance de 2 % des salaires mensuels moyens (en dollars américains) au cours des cinq dernières années

Le Forum international d'investissement de Tachkent bénéficie du soutien de la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) et d'ACWA Power le principal investisseur dans le secteur de l'énergie en Ouzbékistan et d’Uzum la première licorne du pays.

L'une des principales annonces du Forum a été celle du lancement de Trade Connect Central Asia+ (TCCA+), une initiative pionnière de coopération économique régionale et un programme phare introduit par l'ITFC. Ce lancement réunira des ministres et des décideurs politiques de la région ainsi que des dirigeants d'organisations internationales et d'institutions financières internationales (IFI) sélectionnées pour discuter des moyens de libérer le potentiel de commerce et d'investissement intra-régional, en particulier dans le contexte du lancement du programme TCCA+.

Loading...
L'info de A à Z Voir Plus