Paris / La Gazette
En visite en Pologne le 26 mars, Joe Biden a qualifié Vladimir Poutine de "boucher", jugeant qu'il ne pouvait "pas rester au pouvoir". Une sortie que la Maison Blanche a aussitôt tenté de désamorcer en affirmant que le président américain n’appelait pas à un "changement de régime", cette déclaration est bien l'expression de la position radicale que Joe Biden souhaite adopter à l'égard du président russe.
Lors ’un déplacement dans l’Iowa consacré à la lutte contre l’inflation., Joe Biden avait déjà déclaré : « Le budget de votre famille, votre capacité à faire votre plein d’essence, rien de tout cela ne devrait dépendre du fait qu’un dictateur déclare la guerre et commet un génocide à l’autre bout du monde ». Le 16 mars, il remettait le couvert en déclarant aux journalistes, lors d'une réception à la Maison Blanche à propos de Poutine : « Je pense qu’il est un criminel de guerre ».
A la peine dans les sondages, Joe Biden tente de se démarquer de son prédécesseurs Donald Trump en adoptant une attitude plus ferme à l'égard des droits de l'homme. Une attitude pourtant risquée, car ces appels déguisés au changement de régime font inexorablement penser au fiasco de la politique américaine en Irak, en Afghanistan ou en Libye, pour ne citer que ceux-là.
C'est d'ailleurs ce que le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov n'a pas manqué de lui rétorquer en disant : « Nous considérons comme inacceptable et impardonnable une telle rhétorique du chef de l’État, dont les bombes ont tué des centaines de milliers de personnes dans le monde entier »
C'est la raison pour laquelle les réactions des pays européens, qui ne souhaitent pas rompre avec la Russie, ne se sont pas faites attendre non plus. Le chancelier allemand Olaf Scholz, a rappelé dès le lendemain qu'un changement de régime en Russie n'est pas "l'objectif de l'Otan".