LA FRANCE POURSUIT DES ACTIVITES MENACANTES HYBRIDES CONTRE L'AZERBAIDJAN, SELON UNE COMMISSION PARLEMENTAIRE

Actualités
19 Juin 2026 11:49
43
LA FRANCE POURSUIT DES ACTIVITES MENACANTES HYBRIDES CONTRE L'AZERBAIDJAN, SELON UNE COMMISSION PARLEMENTAIRE

La Commission temporaire du Milli Majlis (Parlement) chargée de la lutte contre les ingérences étrangères et les menaces hybrides a publié une déclaration concernant les menaces hybrides attribuées à la France à l’encontre de l’Azerbaïdjan.

News.Az présente cette déclaration :

« Sur la base des travaux de suivi et des analyses empiriques menés dans le cadre de ses compétences, la Commission temporaire du Milli Majlis sur les ingérences étrangères et les menaces hybrides (la Commission) a constaté que les activités de la République française à l’encontre de la République d’Azerbaïdjan, qui comportent un large éventail de composantes relevant des menaces hybrides, se poursuivent toujours.

En particulier depuis la victoire de l’Azerbaïdjan lors de la guerre patriotique de 2020, la partie française aurait dépassé le cadre diplomatique et, dans le but de préserver des intérêts régionaux jugés contraires au droit international, chercherait à créer des menaces hybrides contre notre pays par divers moyens, plateformes et instruments.

Selon la Commission, les déclarations susceptibles de fragiliser le processus de paix actuellement en cours entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, les positions unilatérales exprimées dans les institutions internationales ainsi que certaines tendances observées dans les médias et le système judiciaire français témoignent d’une volonté d’ingérence dans les affaires intérieures de l’Azerbaïdjan, d’influence sur son orientation en matière de politique étrangère, d’affaiblissement de sa position sur la scène internationale et de déstabilisation de la région.

« Lawfare » : pression exercée par des moyens juridiques

La Commission cite notamment l’adoption répétée, depuis novembre 2020, de résolutions par les deux chambres du Parlement français - le Sénat et l’Assemblée nationale - visant l’Azerbaïdjan et contestant sa souveraineté ainsi que son intégrité territoriale.

Bien que ces textes disposent d’une portée juridique limitée, ils seraient utilisés comme instruments de pression diplomatique et politique afin d’encourager l’adoption d’approches similaires à l’égard de l’Azerbaïdjan dans d’autres pays où l’influence française et celle du lobby arménien sont importantes.

Selon la Commission, ces documents parlementaires unilatéraux et biaisés contribuent à façonner une image négative de l’Azerbaïdjan sur la scène internationale, à affaiblir sa position légitime et, au lieu de favoriser la paix et la stabilité dans la région, à alimenter artificiellement les tensions.

Activités anti-azerbaïdjanaises au sein des organisations internationales

La Commission affirme qu’après la deuxième guerre du Karabagh, certains responsables de l’État français, diplomates, parlementaires et personnalités publiques ont tenté d’utiliser des plateformes telles que l’ONU et ses agences, les institutions de l’Union européenne - notamment le Parlement européen - le Conseil de l’Europe, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), l’OSCE ainsi que l’Organisation internationale de la Francophonie pour promouvoir l’adoption de décisions et de documents contraires aux intérêts de l’Azerbaïdjan.

Ces démarches auraient eu pour objectif d’isoler le pays, de ternir sa réputation et de l’exclure de certains cadres de coopération internationale, malgré des actions que Bakou considère conformes au droit international.

Une image négative de l’Azerbaïdjan dans les médias français

La création d’une image largement négative de l’Azerbaïdjan dans la presse française serait devenue systématique.

La publication d’environ quarante articles et la diffusion de dizaines de reportages télévisés consacrés à l’Azerbaïdjan au cours des seuls mois de mai et juin témoigneraient, selon la Commission, de l’ampleur de cette campagne.

Les médias français seraient ainsi devenus un front important des menaces hybrides en diffusant des contenus jugés biaisés, déformés ou fondés sur la désinformation.

La Commission reproche également aux médias français d’accorder une large place à des articles et interviews de certains représentants radicaux de l’opposition azerbaïdjanaise vivant à l’étranger et ne disposant, selon elle, d’aucune influence politique significative. Une telle couverture contribuerait à déformer la réalité du pays et à promouvoir des discours destinés à induire l’opinion publique française en erreur.

Présentées sous couvert de liberté de la presse, ces initiatives viseraient en réalité à encourager des activités radicales dirigées contre l’État azerbaïdjanais, à fragiliser la stabilité intérieure et à accentuer les divisions sociales.

La Commission souligne en outre que les positions officielles de l’État azerbaïdjanais ou les points de vue alternatifs sont rarement relayés, ce qui démontrerait, selon elle, une volonté délibérée de façonner une perception négative de l’Azerbaïdjan dans la société française.

Utilisation de ressortissants azerbaïdjanais radicaux bénéficiant de l’asile politique

La Commission affirme que certains ressortissants azerbaïdjanais installés en France sous couvert de l’asile politique sont utilisés comme instruments de menaces hybrides.

Le soutien constant dont ils bénéficieraient de la part de cercles officiels et non officiels français, l’attention prolongée portée à leurs prétendues violations de droits ainsi que la promotion d’allégations à caractère politique sous couvert de valeurs démocratiques viseraient à présenter l’Azerbaïdjan comme un « régime répressif » aux yeux de la communauté internationale et à affaiblir sa crédibilité.

Coordination avec le lobby arménien

La Commission estime que les activités anti-azerbaïdjanaises menées par certains responsables français, parlementaires et élus locaux sous l’influence d’un puissant lobby arménien en France revêtent un caractère systématique.

Selon elle, des responsables politiques français influencés par ce lobby, décrit comme bien organisé et disposant de solides réseaux politiques et économiques, adopteraient fréquemment des positions favorables à l’Arménie et agiraient de manière coordonnée contre l’Azerbaïdjan au sein de l’Union européenne et des organisations internationales.

Ces actions viseraient à remettre en cause la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan reconnues par la communauté internationale et alimenteraient les tensions dans les relations bilatérales avec la France.

Campagnes menées par des groupes pro-arméniens et certaines ONG

La Commission cite également les campagnes d’information menées par des groupes pro-arméniens, des ONG internationales basées en France, des organisations de défense des droits humains et des réseaux de journalistes d’investigation.

Présentées comme l’un des éléments les plus répandus et les plus efficaces des menaces hybrides, ces campagnes seraient diffusées à grande échelle sur les médias traditionnels et les réseaux sociaux.

Selon la Commission, elles reposeraient sur la diffusion de fausses informations, de faits déformés et de contenus provocateurs destinés à nuire à l’image internationale de l’Azerbaïdjan et à susciter la méfiance envers ses institutions.

Ces opérations seraient en outre renforcées par des réseaux de robots informatiques et de faux profils visant à influencer l’opinion publique internationale.

Activités d’espionnage

La Commission accuse également la France d’avoir mené des activités d’espionnage en Azerbaïdjan dans le cadre de sa stratégie de menaces hybrides.

Ces activités auraient eu pour objectif d’influencer les processus régionaux, d’étudier la situation politique intérieure du pays, son développement économique, ses capacités militaires et ses intérêts stratégiques, ainsi que de constituer des réseaux d’agents composés de citoyens azerbaïdjanais et étrangers.

Parmi les objectifs poursuivis figureraient la diffusion de désinformation, la création d’un mécontentement au sein de certains groupes sociaux et la conduite d’autres opérations susceptibles de porter atteinte à la stabilité du pays.

Ventes d’armes à l’Arménie et soutien à la mission européenne en Arménie

La fourniture active d’armes à l’Arménie par la France ainsi que son soutien direct à la Mission de l’Union européenne en Arménie (EUMA), décrite par la Commission comme une structure exerçant principalement des activités de renseignement dans la région, sont présentés comme des mesures visant à modifier l’équilibre militaire dans le Caucase du Sud, à accroître les tensions et à entraver le processus de paix.

La Commission renvoie à son rapport spécial intitulé « Une mission de paix comme attaque hybride dans le Caucase du Sud », publié le 24 avril 2025, pour davantage de détails sur cette question.

La Commission précise également qu’elle poursuit, en coordination avec les institutions étatiques concernées, des actions destinées à limiter l’impact des menaces hybrides attribuées à la France.

Selon elle, c’est précisément en raison de l’efficacité de ces mesures et des échecs rencontrés par la partie française que celle-ci recourrait régulièrement à de nouvelles actions jugées hostiles et à des accusations sans fondement.

Tenant compte de l’ensemble de ces éléments, la Commission estime nécessaire de s’adresser non pas aux autorités françaises, mais directement au peuple français.

Elle affirme en outre que certains responsables politiques et structures étatiques françaises chercheraient à détourner l’attention de l’opinion publique des difficultés socio-économiques auxquelles la France est confrontée en créant l’image d’un « ennemi extérieur » incarné par l’Azerbaïdjan et en menant, dans le cadre de relations opaques avec le lobby arménien, des activités contraires aux normes juridiques et éthiques.

La Commission conclut en soulignant que le peuple azerbaïdjanais a toujours considéré le peuple français comme un peuple ami et continuera de le faire.

Depuis son indépendance, l’Azerbaïdjan aurait constamment exprimé sa volonté d’établir avec la République française des relations fondées sur l’amitié, la coopération et le respect mutuel.

Enfin, la Commission estime que la société française doit être consciente que les actions jugées hostiles de son gouvernement et certaines orientations de sa politique étrangère n’apportent aucun bénéfice politique ou économique à la France, mais contribuent au contraire à dégrader davantage son image internationale.