L’Iran prêt à coopérer avec l’Azerbaïdjan dans le domaine des swap de gaz. Etat des lieux des échanges et perspectives d’exportation iraniennes
Turkménistan, Russie, Turquie, Europe
La partie iranienne est prête à coopérer avec l’Azerbaïdjan dans le cadre d’opérations de swap gazier, a déclaré Saeid Tavakkoli, vice-ministre iranien du Pétrole et directeur général de la Compagnie nationale iranienne du gaz (NIGC), dans un entretien exclusif accordé à Trend.
Selon lui, si l’Azerbaïdjan parvient à conclure des accords d’échange de gaz avec d’autres pays voisins via le territoire iranien, Téhéran est disposé à participer à cette coopération.
« Les infrastructures gazières iraniennes offrent des possibilités de coopération dans le domaine des swaps de gaz. Des discussions sont actuellement en cours à ce sujet et nous espérons qu’elles déboucheront sur des mesures concrètes », a-t-il indiqué.
M. Tavakkoli a ajouté qu’un accord de longue durée liait la NIGC à la Société nationale pétrolière d’Azerbaïdjan (SOCAR) et que celui-ci venait une nouvelle fois d’être prolongé. Une coopération jugée très efficace est mise en œuvre dans le cadre de cet accord.
Le vice-ministre a également rappelé que l’accord à court terme portant sur le transit de gaz turkmène vers l’Azerbaïdjan par échange avait été un succès, tout en précisant que les travaux liés à cet accord sont actuellement suspendus.
Selon lui, dans le cadre de son programme de développement économique à l’horizon 2029, l’Iran accorde une importance particulière à la coopération avec les États membres de la Communauté des États indépendants (CEI) ainsi qu’avec les pays voisins dans les domaines du commerce, du transit et des échanges de gaz. À ce titre, l’Iran est prêt à assurer le transport de gaz provenant du Turkménistan ou de tout autre pays voisin vers un pays tiers via son territoire.
M. Tavakkoli a souligné que l’accord gazier conclu avec la Turquie constitue l’un des partenariats stratégiques de long terme les plus importants du pays. Des discussions préliminaires et des négociations visant à améliorer cet accord ont eu lieu entre les deux parties, aboutissant à des résultats positifs. Il a exprimé l’espoir que les négociations en cours débouchent prochainement sur un accord satisfaisant.
« Conformément au programme de développement économique de l’Iran jusqu’en 2029, l’exportation de gaz figure parmi les principaux objectifs stratégiques du pays. Toutefois, cette question dépend des priorités nationales. La priorité absolue demeure l’approvisionnement du marché intérieur. Dans un second temps, les exportations de gaz constituent une étape importante. À ce jour, aucune instruction ni négociation n’a été engagée concernant l’exportation de gaz iranien vers les pays européens via la Turquie.
En ce qui concerne les exportations de gaz du pays, aucune donnée statistique actualisée n’est actuellement disponible. Une clarification sera apportée en tenant compte de la situation du réseau gazier national et du contexte actuel. Une décision finale sera prise après approbation des autorités compétentes au plus haut niveau », a-t-il précisé.
Le directeur général de la Compagnie nationale iranienne du gaz a également indiqué qu’un programme en deux étapes avait été prévu dans le cadre du mémorandum d’entente conclu entre l’Iran et la Russie concernant l’acheminement de gaz russe vers l’Iran. Des discussions intensives et concrètes ont eu lieu entre les deux pays dans ce cadre, permettant d’achever les travaux relatifs au contrat.
Selon lui, deux questions restent toutefois à régler : le prix du gaz et le mécanisme de paiement. Les négociations sur ces deux points ne sont pas encore finalisées. Les deux parties soutiennent néanmoins le projet d’exportation de gaz russe vers l’Iran et poursuivent leurs discussions en ce sens.
M. Tavakkoli a par ailleurs affirmé que, malgré toutes les mesures de protection mises en place, les infrastructures gazières iraniennes avaient été visées lors des frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Le ministère iranien du Pétrole et la Compagnie nationale du gaz ont adopté des mesures ciblées afin de gérer la situation. Grâce à ces actions, aucune crise majeure d’approvisionnement en gaz n’a été enregistrée dans le pays.
Malgré ces efforts, une partie de la production nationale de gaz a été affectée. Dès les premiers jours, des programmes à court, moyen et long terme ont été élaborés pour réduire puis lever ces limitations. Des mesures ont également été prises pour renforcer la sécurité de l’ensemble des usines de traitement du gaz du pays.
« Le bombardement des installations de traitement du gaz le 18 mars 2026, pendant la guerre, est profondément regrettable. Des travaux sont en cours pour réparer les dommages subis par les installations touchées. Parmi les quatre usines visées au sein de la South Pars Gas Company, certaines ont subi des dégâts particulièrement importants et leur remise en état a déjà commencé.
Ces frappes ont naturellement entraîné une baisse de la production gazière nationale. Des efforts sont actuellement déployés pour fabriquer et fournir les équipements nécessaires. Parallèlement à l’évaluation des dégâts, les travaux techniques se poursuivent et une rénovation complète des installations concernées est prévue.
Conformément au programme établi, la Compagnie nationale du gaz entend maximiser la production nationale dans la limite de ses capacités et prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l’approvisionnement du pays durant les prochains mois d’hiver. L’accent est également mis sur l’accélération des travaux de restauration et des opérations techniques dans les installations endommagées. Toutes les mesures de défense passive relatives aux infrastructures gazières ont été mises en œuvre », a-t-il déclaré.
Le vice-ministre a enfin souligné que les infrastructures gazières iraniennes sont destinées avant tout au service de la population. Elles assurent notamment l’approvisionnement en combustible des centrales thermiques, qui produisent à leur tour l’électricité nécessaire aux citoyens.
« Rien ne saurait justifier la destruction d’infrastructures fournissant des services essentiels à la population. Les attaques visant ces installations montrent que l’autre partie poursuit également d’autres objectifs. Malgré tout, l’Iran est préparé à toute éventualité et dispose des plans nécessaires pour y faire face », a-t-il conclu.