Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, le chef du gouvernement a vivement critiqué ses opposants politiques, notamment Robert Kocharyan, Samvel Karapetyan et Gagik Tsarukyan, les accusant de tenter de faire croire que la paix existait avant les années 2024-2025, voire avant 2018.
Selon lui, cette affirmation constitue « un mensonge cynique », rappelant que depuis l’indépendance et malgré le cessez-le-feu de 1994, les affrontements avec l’Azerbaïdjan ont causé chaque année des morts et des blessés. « Leur vision de la paix semble être celle où des victimes sont enregistrées chaque année, alors que pour nous, la paix signifie précisément l’absence de victimes, de blessés et de tensions », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre a également souligné que, dans le passé, les affrontements étaient quasi quotidiens, avec des échanges de tirs et des incidents impliquant des tireurs d’élite. « Il n’y a jamais eu de paix auparavant, seule la guerre était reportée », a-t-il affirmé.
Nikol Pashinian a insisté sur le coût de ce report, estimant que l’Arménie l’avait payé par une perte de souveraineté, d’indépendance, de stabilité économique et de bien-être pour ses citoyens. Il a rappelé que cette logique avait atteint ses limites lors de la Guerre des quatre jours d'avril 2016, qui avait profondément modifié les paramètres du règlement du conflit du Karabagh.
Pour appuyer son argument, le Premier ministre a mis en avant un fait inédit : l’année 2025 est, selon lui, la première année où l’Arménie n’a enregistré ni morts ni blessés à la suite d’affrontements avec l’Azerbaïdjan. Il a précisé qu’en pratique, aucun incident de ce type n’a été enregistré depuis février 2024.
Bien que l’accord de paix entre les deux pays n’ait pas encore été officiellement signé -mais seulement paraphé - Nikol Pashinian affirme que la paix dispose déjà d’un fondement juridique solide.
Ce fondement repose sur l’adoption d’un règlement sur les activités conjointes des commissions de délimitation des frontières, signé en 2024 et ratifié par les deux États. Ce document, doté de la plus haute valeur juridique, consacre la Déclaration d'Alma-Ata comme principe de base pour la délimitation des frontières.
Selon le Premier ministre, cela signifie que les deux pays reconnaissent mutuellement leurs frontières héritées de l’époque soviétique : l’Arménie indépendante correspond au territoire de l’Arménie soviétique, et l’Azerbaïdjan indépendant à celui de l’Azerbaïdjan soviétique. « C’est le fondement de la paix », a-t-il souligné, avertissant que toute remise en cause de cette logique mènerait inévitablement à une nouvelle guerre.
« Et tout écart par rapport à cette logique, dans la direction vers laquelle la triade Kocharyan‑Karapetian‑Tsarukyan nous mène, c’est‑à‑dire vers la guerre, signifierait de manière claire et sans équivoque une guerre avec toutes les conséquences qui en découlent », a souligné Nikol Pashinian.
Selon lui, le gouvernement arménien actuel a obtenu non pas un simple report de la guerre, mais la paix, au prix de nombreuses victimes et pertes : « Nous rendons hommage à tous nos frères tombés… nous avons atteint la paix, et une Arménie libre, démocratique, en développement, prospère et souveraine est la meilleure façon d’honorer leur mémoire. Nous ne pouvons pas donner une plus haute valeur à leurs sacrifices que celle‑ci. »
« Et donc, la paix est déjà établie de jure aujourd’hui, et le citoyen de la République d’Arménie doit se lever pour défendre sa paix, parce que c’est sa paix, la paix qu’il a créée, parce qu’il a travaillé pour cette paix, et son gouvernement élu a obtenu ce résultat. Le gouvernement a considéré la question de l’établissement de la paix comme prioritaire, restant fidèle au message donné par le peuple lors des élections parlementaires anticipées de 2021, étant à l’écoute du peuple, écoutant ses paroles et les mettant en œuvre. Et maintenant le moment est venu, et ce moment - c’est le 7 juin 2026, quand le citoyen de la République d’Arménie doit se lever pour défendre sa paix. Honnêtement, je ne doute pas que les citoyens d’Arménie se lèveront pour défendre leur paix », a conclu Pashinian.