TBILISSI ACCUSE MOSCOU DE FAIRE UN PAS VERS L'ANNEXION DE L'OSSETIE DU SUD

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16 Mai 2026 14:55
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TBILISSI ACCUSE MOSCOU DE FAIRE UN PAS VERS L'ANNEXION DE L'OSSETIE DU SUD

La ministre géorgienne des Affaires étrangères, Maka Botchorichvili, a réagi au récent accord entre la Russie et l’Ossétie du Sud visant à « approfondir l’alliance et la coopération », y voyant une nouvelle illustration de la tentative de Moscou d’annexer des régions géorgiennes.

Botchorichvili s’est exprimée à Chișinău, en Moldavie, lors de la 135e session du Comité des ministres du Conseil de l’Europe.

« L’occupation, le contrôle effectif et la responsabilité de la Russie dans de graves violations des Droits de l’Homme ont été confirmés par des juridictions internationales, notamment par des arrêts de la Cour européenne des Droits de l’Homme », a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté que « malgré cela, la Russie continue d’ignorer ses obligations internationales et prend de nouvelles mesures en vue de l’annexion des régions géorgiennes ».

« La preuve en est le soi-disant “accord sur l’approfondissement de l’alliance et de la coopération”, signé le 9 mai 2026 entre Moscou et le régime d’occupation russe à Tskhinvali », a-t-elle poursuivi.

Le document en question a été signé au Kremlin, à Moscou, entre le président russe Vladimir Poutine et le président sud-ossète Alan Gagloev.

« Les parties contractantes élargissent leur coopération afin d’assurer la paix et la stabilité régionales, de mener des politiques coordonnées en matière de politique étrangère, de sécurité et de défense, ainsi qu’en matière de contrôle des frontières (y compris les questions liées au renforcement du contrôle à la frontière russo-sud-ossète) », peut-on lire dans l’accord.

Le texte mentionne également parmi ses objectifs « l’amélioration des conditions socio-économiques, le développement des infrastructures et du potentiel humain, l’harmonisation des normes juridiques, ainsi que la création d’un environnement favorable à la libre circulation des capitaux, des biens, des services et de la main-d’œuvre entre les parties contractantes ».

Le Parlement russe a ratifié le document mercredi. De son côté, Alan Gagloev a transmis jeudi au Parlement sud-ossète un projet de loi en vue d’une ratification similaire.

La Russie a reconnu l’Ossétie du Sud comme État indépendant peu après la guerre d’août 2008. Depuis, ce territoire a également été reconnu par le Venezuela, le Nicaragua, la Syrie et Nauru.

Le parti d’opposition géorgien « Lelo » a réagi à la ratification de l’accord du 9 mai, soulignant qu’à cette date, le gouvernement géorgien n’avait formulé aucune réaction publique au document.

« Le gouvernement qui réprime sa propre population pour avoir choisi l’avenir européen de la Géorgie reste silencieux alors qu’un processus ouvert d’annexion des territoires de notre pays est en cours », a déclaré Salomé Samadachvili, membre du parti.

Elle a également jugé « tout aussi préoccupante » l’absence de réaction à ce document de la part des pays qui ont « traditionnellement été nos partenaires dans la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Géorgie ».

« C’est le résultat logique de la politique menée par le régime d’Ivanichvili, qui a plongé notre pays dans l’isolement international », a-t-elle affirmé, reprenant les critiques plus larges de l’opposition contre le parti au pouvoir, accusé d’éloigner la Géorgie de ses partenaires occidentaux traditionnels.

Par souci de fluidité, nous choisissons de ne pas utiliser de qualificatifs tels que « de facto », « non reconnu » ou « partiellement reconnu » pour désigner les institutions ou fonctions politiques en Abkhazie, au Haut-Karabakh et en Ossétie du Sud. Cela ne préjuge en rien de leur statut.