Dans son intervention, Nikol Pachinian a critiqué la tendance à surinterpréter la réalité et à compliquer inutilement des événements concrets.
« Nous avons souvent tendance à complexifier la perception de la réalité : pourquoi ce micro est bleu et l’autre rouge, pourquoi celui-ci n’est pas noir et l’autre pas jaune ? Et ensuite, on en tire des conclusions géopolitiques », a-t-il illustré.
Le chef du gouvernement arménien a souligné que lorsqu’un événement concerne directement l’Arménie, le pays se doit d’exprimer clairement sa position.
« Un événement lié à l’Arménie s’est produit, et l’Arménie doit exprimer son attitude. Nous exprimons une attitude positive à l’égard de cet événement », a-t-il affirmé, expliquant avoir remercié à plusieurs reprises le président azerbaïdjanais parce qu’il ne s’agissait pas d’un seul fait, mais de plusieurs décisions successives.
Parmi celles-ci, Nikol Pachinian a cité la levée de l’interdiction d’importation de céréales, d’abord en provenance du Kazakhstan, puis de la Russie. Il a également rappelé la suppression des restrictions concernant le transit ferroviaire depuis l’Arménie dans le sens inverse, notant toutefois que ce mode de transport reste peu utilisé. Selon lui, cela s’explique par les difficultés liées à la consolidation de volumes suffisants de marchandises pour remplir des convois ferroviaires, le secteur entrepreneurial arménien fonctionnant encore largement à l’échelle du transport routier par camions.
Le Premier ministre a en outre indiqué que l’Azerbaïdjan a exprimé sa disposition à vendre des produits pétroliers aux entrepreneurs arméniens. À la suite de cette décision, un premier convoi ferroviaire est déjà arrivé en Arménie, et les produits pétroliers ont fait leur apparition sur le marché intérieur.
« Il aurait été étrange de ne pas exprimer notre position face à cela. J’exprime notre attitude, et je fais bien de le faire », a insisté Nikol Pachinian, appelant à évaluer l’ampleur réelle de ce qui se produit.
« Il est très important de mesurer l’importance des changements intervenus… La paix est désormais une réalité, et elle a une traduction concrète », a-t-il conclu.
Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de dynamique de normalisation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, où des avancées pratiques dans les domaines du commerce et du transit commencent à se refléter dans la vie économique quotidienne.