LUTTE CONTRE LA DISPARITION DES ABEILLES : L’AZERBAÏDJAN FORME UNE NOUVELLE GÉNÉRATION D’APICULTEURS

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13 Août 2024 21:07
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LUTTE CONTRE LA DISPARITION DES ABEILLES : L’AZERBAÏDJAN FORME UNE NOUVELLE GÉNÉRATION D’APICULTEURS

Le taux d’extinction des abeilles est de 100 à 1000 fois supérieur à la normale, selon les régions et les variétés. Un danger pour les êtres humains, tant ces gardiennes de la biodiversité sont indispensables à la vie sur terre.
Selon la FAO, 84% des récoltes mondiales destinées à la consommation humaine dépendent des abeilles ou d’autres insectes pour leur pollinisation en vue d’accroître leurs rendements et leur qualité. Au-delà d’être nécessaire pour notre alimentation, les abeilles pollinisent plus de 170 000 variétés de plantes permettant à tout notre écosystème d’exister. Il est donc crucial de surveiller leur déclin et de freiner la perte de la biodiversité et la dégradation des écosystèmes.

Malheureusement, l’activité humaine impacte grandement les abeilles et les autres pollinisateurs. Les pratiques agricoles intensives, la monoculture, le recours aux pesticides, le changement d’affectation des terres figurent parmi les principales menaces pesant sur les abeilles et les autres pollinisateurs.
La survie et le développement des abeilles est aussi menacé par le changement climatique.

Sur le continent européen, la population des abeilles et les stocks de miel sont en baisse depuis 2015 allant jusqu’à 30% par an dans certaines régions.
Chaque année, le 20 mai, l’ONU célèbre la Journée mondiale des abeilles pour attirer l’attention de tous sur le rôle clé que jouent les pollinisateurs. L’organisation souhaite promouvoir une action coordonnée à l’échelle mondiale pour sauvegarder les pollinisateurs sauvages et domestiques.

Au moment où sa capitale, Bakou a été choisie pour accueillir la COP29, l’Azerbaïdjan a décidé de mettre en place, en coopération avec la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), et financer un important programme de formation de jeunes ruraux aux domaines de l’agroalimentaire et de l’entrepreneuriat, et notamment en formant une nouvelle génération d’apiculteurs. Cette initiative, appelée «Renforcer l’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture», est destinée à la fois à contribuer à la préservation de la planète et à réduire le chômage et stimuler la croissance économique.

Dans un pays où plus d’un quart de la population a entre 14 et 29 ans, l’emploi des jeunes représente un défi majeur dans les zones rurales, comme d’ailleurs dans nombre de pays occidentaux qui, à l’instar de la France, connaissent une crise agricole sans précédent. L’agriculture est un secteur vital pour l’Azerbaïdjan puisqu’il emploie 36,3% de la population active et génère une part importante des revenus des ménages dans les zones rurales. L’une des principales raisons du chômage des jeunes dans les zones rurales est le manque d’instruction et de compétences professionnelles, ainsi que l’accès limité aux possibilités et aux services d’entrepreneuriat.
«Renforcer l’entrepreneuriat des jeunes ruraux et des femmes grâce à la formation et à un soutien à l’agriculture est vital en Azerbaïdjan, car cela permet de lutter contre la pauvreté intergénérationnelle et de promouvoir l’inclusion sociale et de genre», explique M. Nasar Hayat, Représentant de la FAO en Azerbaïdjan.

Un exemple remarquable, rapporté par le site de la FAO, est celui d’Isgandar Shiralizada, un jeune venu de Bilasuvar, une ville située dans la région du sud de l’Azerbaïdjan, et passionné depuis toujours par le monde des abeilles. Après avoir appris les secrets de l’apiculture auprès de son mentor Hikmat Aliyev, un célèbre apiculteur de cette région de l’Azerbaïdjan, il suit plusieurs formations dans son pays et à l’étranger, notamment en Turquie.
Mais c’est la formation dispensée par la FAO et financée par le Gouvernement azerbaïdjanais , qui fait passer Isgandar du statut d’apiculteur local à celui d’innovateur dans le domaine.

Il conçoit ainsi des «ruches intelligentes», qu’il présenta à la Technofest, un festival de la technologie prestigieux qui se déroule en Turquie. Grâce à des capteurs placés à l’intérieur de la ruche, les apiculteurs peuvent détecter la présence de varroas, ces acariens qui s’attaquent aux abeilles, et surveiller l’humidité et le poids de la ruche au moyen d’une application qui alerte en cas de problèmes, sans qu’ils aient à intervenir physiquement.

Le projet de la FAO a également permis à Isgandar d’obtenir des outils agricoles essentiels pour optimiser son activité, notamment une citerne et une pompe permettant d’approvisionner ses jardins à abeilles en eau de manière continue. Cette installation a contribué à garantir la bonne santé de ses jardins et, partant, à améliorer sensiblement la qualité et la quantité de sa production de miel. Il possède maintenant 60 ruches.
«Avant le projet, je pouvais produire au maximum une tonne de miel chaque année. Maintenant, je peux produire le double, soit deux tonnes par an», explique fièrement Isgandar.
Avec le soutien de la FAO, non seulement il est devenu financièrement indépendant, mais il est aujourd'hui un véritable ambassadeur capable d’associer les jeunes à l’apiculture et de partager sa passion avec les nouvelles générations.
«Je veux devenir un mentor; je ne peux pas garder tout cela pour moi», s’exclame-t-il.
Isgandar forme actuellement de jeunes apiculteurs en devenir, en leur enseignant tout ce qu’il sait, des fondamentaux de l’apiculture à l’utilisation de techniques innovantes pour lutter contre les maladies apicoles.

L’initiation à l’apiculture permet non seulement de connecter les jeunes à la nature, mais offre également des débouchés professionnels durables et rentables.Le secteur apicole offre aux jeunes une carrière pérenne et enrichissante dans un secteur propice à l’innovation et à la croissance.

Photo : FAO/Javid Gurbanov