Dans une déclaration relayée par l’agence AZERTAC et attribuée au responsable de la presse de la diplomatie azerbaïdjanaise, Ayxan Hacızadə, Bakou rejette fermement les éléments évoqués par Paris concernant plusieurs sujets sensibles, notamment les « Arméniens déplacés du Haut-Karabagh », la situation des « prisonniers arméniens », le patrimoine culturel et religieux arménien, ainsi que les questions relatives aux droits humains dans le contexte du processus de paix.
Accusations de partialité dans le processus de paix
Selon Bakou, les réponses françaises témoigneraient d’un déséquilibre structurel, accordant une place importante aux préoccupations arméniennes tout en omettant, selon lui, des éléments essentiels du contexte régional.
L’Arménie est notamment accusée par la partie azerbaïdjanaise d’avoir occupé des territoires pendant près de trente ans, entraînant des destructions massives et le déplacement de plus d’un million d’Azerbaïdjanais devenus déplacés internes et réfugiés. Bakou reproche également à Paris de ne pas évoquer la question des personnes disparues ni celle des mines terrestres dans la région.
Le ministère azerbaïdjanais critique également l’attention accordée par la diplomatie française à la sécurité de l’Arménie et à la situation des populations arméniennes de la région de Nagorno-Karabakh, tout en estimant que la France ne mentionne pas suffisamment les conséquences du conflit passé.
Coopération franco-arménienne et accusations de manque de neutralité
Bakou considère par ailleurs que la coopération militaire entre la France et l’Arménie, ainsi que le soutien apporté à la mission européenne EUMA, démontrent un éloignement de la neutralité affichée par Paris.
Selon cette position, le renforcement des liens de défense entre Paris et Erevan ainsi que les livraisons d’armements contribueraient à alimenter des dynamiques de revanche et nuiraient aux efforts de normalisation régionale.
Controverses sur la question des détenus et du patrimoine
Les autorités azerbaïdjanaises rejettent également les critiques concernant les « prisonniers arméniens », affirmant que les personnes concernées ont été condamnées pour des infractions pénales graves en vertu du droit national et international.
Bakou soutient que certains d’entre eux sont liés à des crimes de guerre, des actes de nettoyage ethnique et d’agression militaire commis durant les décennies de conflit. La déclaration va jusqu’à impliquer des figures politiques et militaires soutenues, selon elle, par divers acteurs internationaux au cours de cette période.
Concernant le patrimoine culturel, l’Azerbaïdjan accuse l’Arménie et les anciens territoires occupés de destructions et de vandalisme visant des sites culturels et religieux, notamment des mosquées. Bakou juge donc « incohérent » que la France mette en avant la protection du patrimoine arménien sans reconnaître ces éléments.
Critiques plus larges de la situation intérieure française
Dans un registre plus large, la diplomatie azerbaïdjanaise s’étonne que la France puisse formuler des observations sur la situation des droits humains à l’étranger, évoquant des controverses internes liées à des cas de corruption politique, de violences policières, de restrictions contre les journalistes, de discriminations religieuses ou encore de tensions dans ses territoires d’outre-mer.
La situation en Nouvelle-Calédonie est également mentionnée comme un exemple de tensions et de violences récentes.
Une relation diplomatique sous tension
En conclusion, Bakou estime que les réponses du ministère français illustrent une incapacité persistante à appréhender les réalités du Caucase du Sud. Selon cette lecture, la France maintiendrait une approche jugée obsolète et déséquilibrée du conflit, ce qui nuirait non seulement à son rôle dans la région mais également à son image de partenaire fiable.