CESSEZ-LE-FEU D'URGENCE À GAZA ET LIBÉRATION DES OTAGES : L'INCONTOURNABLE QATAR

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7 Novembre 2023 20:53
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CESSEZ-LE-FEU D'URGENCE À GAZA ET LIBÉRATION DES OTAGES : L'INCONTOURNABLE QATAR

Malgré les protestations internationales, Israël continue de s’acharner sur la population civile sans pour autant avoir la certitude de venir définitivement à bout du Hamas. Il faut ajouter à cela le paramètre fondamental des 240 otages israéliens et étrangers qui sont toujours dans les mains du Hamas et qui servent de monnaie d’échange. En attendant les crimes de guerre se multiplient du côté de l’armée israélienne.

Le droit international en question

Il faut remettre le droit international au cœur de la question israélo-palestinienne de part et d’autre. Depuis maintenant 75 ans, Israël tente d’imposer à la région sa politique nationaliste, qui semble, mener à une impasse. Parce qu’Israël n’a respecté aucune des résolutions des Nations Unies imposant le retrait des territoires occupés depuis 1948, la question palestinienne s’est radicalisée d’année en année pour arriver à cette polarisation qui divise plus que jamais deux sociétés qui veulent en finir l’une avec l’autre.

Ce « nouveau sionisme » qui avait pour origine la création d’un État d’Israël en Palestine n’a plus rien à voir avec le projet imaginé par Theodor Herzl. De socialiste, collectiviste, humaniste et laïc, il est devenu aujourd’hui, et plus particulièrement sous la houlette de l’inoxydable premier Ministre Benjamin Netanyahou, une idéologie nationaliste, religieuse, colonialiste, ultra-libérale, suprémaciste et réactionnaire. Il ne s’agit plus aujourd’hui de chercher les causes et les responsables car c’est un processus sans fin. Il s’agit, pour préparer une hypothétique paix d’affirmer que gouvernement israélien et Hamas devront dans un premier temps répondre de leurs actes, de leurs crimes de guerre pour, dans un second temps, intégrer l’ensemble des composantes du paysage politique israélien et palestinien, afin de trouver une solution à l’impossible situation : et cette unique solution, c’est la création d’un État palestinien sur les frontières de la ligne verte du 5 juin 1967. Il s’agira ensuite de permettre aux deux États de vivre en coexistence pacifique, dans le cadre d’une solution politique juste et durable. Il n’y a aucune solution militaire à la question israélo-palestinienne.

Israël s’est piégé lui-même

L’opération du Hamas le 7 octobre dernier montre à quel point le camp palestinien est dominé par les islamistes et que l’autorité palestinienne est réduite à Ramallah à l’impuissance. Elle est la conséquence du projet insensé de Netanyahou qui a pensé en 2019 qu’il fallait renforcer le Hamas afin d’affaiblir Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité et empêcher la création de l’Etat palestinien. Afin de satisfaire les partis qui l’ont porté à nouveau à la fonction de premier Ministre, Netanyahou a poursuivi sa colonisation la Cisjordanie, et renforcé la sécurité des colons dans cet territoires, fragilisant du même coup la sécurité du sud d’Israël. Il a fait du sionisme un projet d’anéantissement de toute velléité de créer un État palestinien.

Pire encore : selon son prédécesseur Yaïr Lapid, Benjamin Netanyahou aurait été informé de l'attaque du Hamas par les renseignements israéliens. En effet, l'ancien Premier ministre israélien a indiqué avoir lui-même reçu des informations de la part des services de renseignement avant l'attaque du Hamas, et il est hautement improbable que Benjamin Netanyahou n’en ait pas eu connaissance. C’est également sous « Bibi » que les écoutes à Gaza par les renseignements auraient été arrêtées depuis plus d’un an, par manque d’intérêt et d’utilité selon les mêmes services.

La fragilité américaine et la force du Qatar

Il importe à présent de réfléchir à l’après-guerre, et faire appel à des médiateurs traditionnels entre les deux camps : essentiellement l’Egypte et le Qatar. Le retrait américain a fragilisé l’ensemble de la région et décomplexé nombre de groupes d’activistes. L’opinion israélienne se dresse chaque jour un peu plus contre Netanyahou qu’elle accuse d’avoir, par son avidité de pouvoir, fait le jeu des islamistes répondant aux provocations permanentes des membres nationalistes et extrémistes religieux de sa majorité. Le premier Ministre a mis en danger le pays, aveuglément soutenu par Washington : beaucoup pensent déjà à l’après Netanyahou car l’Etat hébreu ne peut pas continuer avec quelqu’un qui restera dans l’histoire comme le dirigeant sous lequel 1400 civils israéliens auront été tués sur le sol israélien. Les Etats-Unis sont quant à eux tombés dans un double écueil : financer sans fin Israël et les laisser gérer sur place en se retirant.

On se demande aujourd’hui ce que fera Washington au regard du manque de cohérence de la stratégie et de la politique israélienne ?

Le Qatar tente de négocier depuis des semaines et essaie de libérer un à un les otages. Comme il l’a fait lors des précédentes guerres, il se bat pour parvenir à un cessez-le-feu dont Israël ne veut pas et que toute la communauté internationale appelle de ses vœux sans pour autant y parvenir.

Juger les crimes de guerre

La campagne de représailles de Tel Aviv à Gaza a donc déjà fait plus de 10 000 morts dont 5000 enfants. Qui peut cautionner cela ? Les pays arabes ? L’Occident ? les Etats-Unis ? Même Joe Biden a condamné la démesure de la riposte israélienne contre les civils gazaouis. Netanyahou vient de déclarer qu’il ne s’arrêtera pas tant qu’il ne sera pas venu à bout du Hamas. Et les otages civils ? Cela est devenu secondaire, ce qui inquiète de plus en plus les familles des prisonniers qui manifestent et s’expriment largement dans les médias israéliens et internationaux. C’est là que la mise en place d’une commission d’enquête en Israël jouera un rôle fondamental pour l’après. Netanyahou a déjà accepté de s’y plier. Mais plus encore, au niveau international, qui sanctionnera le Hamas d’une part, et Israël d’autre part pour les crimes commis ce mois-ci ? On parle de crime de guerre, mais certains parlent déjà de génocide à Gaza. D’autant que l’Etat hébreu ne reconnaît pas la Cour Pénale Internationale et n’est donc pas contrainte de se plier ni à ses décisions ni à ses jugements. Comme le grand frère américain bien entendu !