Les relations turkméno-françaises ont connu un nouvel élan ces derniers mois, la coopération économique occupant une place de plus en plus importante dans l’agenda bilatéral. Les 4 et 5 septembre, une délégation turkmène a tenu à Paris une série de réunions avec des représentants de grandes entreprises et institutions financières françaises, au cours desquelles des projets potentiels dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, des technologies et d’autres secteurs ont été examinés. Parmi les participants figuraient Thales, Thales Alenia Space, Airbus, TotalEnergies, Bouygues, Vinci Construction, ainsi que Coface, UBAF, Société Générale CIB, Crédit Agricole et Rothschild & Co.
À la suite de ces échanges, le 9 septembre, le président du Turkménistan, Serdar Berdimuhamedov, a reçu la nouvelle ambassadrice de France, Alena Grand. Les deux parties ont réaffirmé leur intérêt pour le développement du commerce et de la coopération économique et énergétique, ainsi que pour l’élargissement des relations entre les secteurs privés des deux pays. Berdimuhamedov a notamment souligné le potentiel de coopération dans les secteurs de l’énergie et du transport-logistique.
La succession de ces rencontres témoigne d’une volonté d’élargir davantage la présence déjà établie de la France au Turkménistan, en étendant la coopération à de nouvelles industries, technologies et formes d’engagement économique.
Les bases de l’actuelle expansion de la coopération ont été posées lors de la visite en France, en mai 2025, de Gurbanguly Berdimuhamedov, président du Halk Maslahaty (Conseil du peuple) du Turkménistan. Au cours de cette visite, la dimension économique des relations bilatérales a été sensiblement élargie. Le Forum économique turkméno-français a porté non seulement sur les domaines traditionnels de la construction et de l’énergie, où les entreprises françaises sont déjà présentes au Turkménistan, mais également sur les technologies satellitaires, les transports, les ressources en eau, le cadastre foncier, les industries chimique et pharmaceutique, ainsi que les énergies verte et hydrogène.
L’un des résultats importants de cette visite a été l’émergence de projets concrets au-delà du secteur de la construction, qui constitue traditionnellement le pilier de la coopération bilatérale. Le Turkménistan a conclu des accords avec des entreprises françaises dans les domaines des technologies satellitaires, de la gestion des ressources foncières, de la gestion de l’eau et de la surveillance des émissions de méthane. Les accords conclus notamment avec Airbus Defence and Space, IGN FI, SUEZ, Thales Alenia Space et Kayrros ont démontré que les deux parties considèrent désormais les technologies françaises non plus simplement comme des outils destinés à la construction d’installations individuelles, mais comme une ressource permettant de moderniser différents secteurs de l’économie.
Le fait que les domaines identifiés en 2025 connaissent aujourd’hui une dynamique plus visible peut s’expliquer non seulement par l’évolution naturelle du dialogue bilatéral. Le Turkménistan est entré dans un nouveau cycle d’investissement, déclenché par le lancement de la quatrième phase de développement du gisement gazier de Galkynysh. Comme Trend l’avait précédemment souligné dans son article intitulé « Au cœur du cycle d’investissement du Turkménistan : comment les entreprises turques de construction soutiennent une nouvelle phase d’expansion économique », l’ampleur de ce projet est susceptible de générer une demande sur plusieurs années, non seulement dans le secteur gazier, mais également dans la construction, l’énergie, les transports, l’industrie et les secteurs connexes.
En avril 2026, le Turkménistan et la CNPC ont signé un accord portant sur la construction d’installations pour la quatrième phase de Galkynysh, qui prévoit la création d’une capacité de production de 10 milliards de mètres cubes de gaz par an, pour un coût de projet d’environ 5,1 milliards de dollars. Pour les entreprises étrangères, l’élément le plus important réside dans l’effet multiplicateur ultérieur d’un tel investissement : un projet énergétique majeur crée de nouvelles opportunités pour les entreprises de construction, les fournisseurs d’équipements, les sociétés d’ingénierie et les partenaires technologiques.
Dans ce contexte, l’agenda économique défini par Gurbanguly Berdimuhamedov lors de sa visite en France en 2025 semble bénéficier, environ un an plus tard, d’un environnement plus favorable à sa mise en œuvre concrète. Les entreprises françaises sont déjà implantées dans des secteurs qui devraient connaître une demande supplémentaire dans le cadre du nouveau cycle d’investissement. L’élargissement de la coopération dans les domaines des technologies, des infrastructures, de l’énergie et de la gestion des ressources les place ainsi en position de concourir non seulement pour des projets individuels, mais également pour jouer un rôle dans l’ensemble de la chaîne des nouveaux investissements qui est actuellement en train de se mettre en place.