FÊTE DE L'INDÉPENDANCE EN ALGÉRIE : MACRON ÉCRIT AU PRÉSIDENT TEBBOUNE

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5 Juillet 2022 14:34
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FÊTE DE L'INDÉPENDANCE EN ALGÉRIE : MACRON ÉCRIT AU PRÉSIDENT TEBBOUNE

Le président Emmanuel Macron a appelé au « renforcement des liens déjà forts » entre la France et l'Algérie dans une lettre adressée à son homologue Abdelmadjid Tebboune à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie.

"En même temps", une gerbe sera aussi déposée en son nom mardi au Mémorial national de la Guerre d'Algérie et des Combats du Maroc et de la Tunisie, quai Branly, à Paris, en hommage aux victimes du massacre d'Européens à Oran, le jour même de l'indépendance, le 5 juillet 1962.

« L'anniversaire des 60 ans de l'indépendance de l'Algérie, le 5 juillet 2022, est l'occasion pour le président de la République d'adresser par une lettre au président Tebboune ses vœux au peuple algérien et de dire son souhait que se poursuive le renforcement des liens déjà forts entre la France et l'Algérie », a indiqué l'Elysée. « Il y réitère, en outre, son engagement à poursuivre sa démarche de reconnaissance de la vérité et de réconciliation des mémoires des peuples algérien et français », poursuit l'Élysée.

Un soixantième anniversaire symbolique

Le 5 juillet 1962, l'Algérie a proclamé son indépendance, après 132 ans de colonisation française et une guerre de libération sanglante de près de huit ans. Soixante ans plus tard, les plaies sont encore vives de part. En septembre 2018, un an après son élection, Emmanuel Macron reconnaissait que le jeune mathématicien communiste Maurice Audin était mort sous la torture de l'armée française en 1957 et demandait « pardon » à sa veuve. Mais en ce qui concerne les Algériens eux-mêmes, Emmanuel Macron, après la publication du rapport de l'historien français Benjamin Stora, en janvier 2021, promettait des « actes symboliques » pour tenter de réconcilier les deux pays, mais excluait « repentance et excuses ». Ce qui, on s'en doute, n'a pas été accueilli avec enthousiasme à Alger.

Le 26 janvier 2022, le président français exprimait « la reconnaissance » de la France envers les rapatriés d'Algérie et exhorte à « reconnaître » et « regarder en face » le « massacre du 5 juillet 1962 » à Oran, qui toucha « des centaines d'Européens, essentiellement des Français ». « Il avait alors dénoncé l'engrenage mortifère de la guerre civile et réaffirmé son attachement à ce que la mémoire n'occulte aucun pan de l'Histoire et à ce que celle-ci soit transmise ».

Sur le pression de l'extrême droite, formée dans une grande proportion de nostalgiques de l'Algérie française, Emmanuel Macron affirmait en octobre 2021 que l'Algérie s'était construite après son indépendance sur « une rente mémorielle », entretenue par « le système politico-militaire », suscitant la colère d'Alger. Les diplomates se sont ensuite evertués à rattraper la bourde, mais la réconciliation, et surtout l'établissement d'une coopération fructueuses sont encore loin, surtout après la décision du ministre de l'intérieur Gérald Darmanin de limiter les visas aux ressortissants algériens pour "punir" Alger de ne pas assez freiner l'immigration illégale.