La société ferroviaire privée française Velvet a dévoilé son futur train à grande vitesse, marquant ainsi son entrée sur le marché concurrentiel du rail en France. L’entreprise entend rivaliser avec l’opérateur national SNCF et prévoit de lancer des services voyageurs vers plusieurs grandes villes à partir de 2028, rapporte Azernews.
Le train vert foncé, fabriqué dans une usine du constructeur Alstom, est le premier TGV de Velvet. La société a commandé au total douze rames dans le cadre de sa stratégie d’expansion. Tim Jackson, cofondateur de Velvet, a indiqué qu’environ 15 % des voyageurs souhaitant emprunter des lignes à grande vitesse ne peuvent actuellement pas le faire en raison d’un manque de capacité.
« La SNCF fait un très bon travail, nous n’avons aucune critique à formuler, mais le nombre de trains et de places disponibles reste insuffisant », a déclaré Jackson, soulignant la hausse continue de la demande pour les déplacements ferroviaires en France.
Les futurs services de Velvet desserviront notamment les axes Paris–Rennes, Paris–Nantes et Paris–Bordeaux. Selon plusieurs observateurs du secteur, l’arrivée d’une concurrence accrue sur ces lignes pourrait améliorer sensiblement la fréquence des dessertes et le choix offert aux passagers, en particulier sur des itinéraires fortement saturés comme Paris–Bordeaux.
Tous les acteurs du secteur ne partagent toutefois pas le même optimisme. Certains analystes des transports estiment que les nouveaux opérateurs pourraient se heurter, dans un premier temps, à des difficultés liées à l’accès aux voies, à la coordination des horaires et aux contraintes d’infrastructure, dans un réseau où ces aspects restent étroitement contrôlés par SNCF Réseau.
Velvet n’est pas le premier opérateur privé ou étranger à remettre en cause la domination de la SNCF. L’italien Trenitalia exploite déjà des liaisons sur l’axe Paris–Lyon ainsi que vers des villes du sud comme Marseille, tandis que l’espagnol Renfe assure des connexions transfrontalières entre la France et l’Espagne.
Les experts soulignent que cette libéralisation progressive du marché ferroviaire français pourrait avoir, à long terme, un impact sur les prix des billets et la qualité des services. Selon le régulateur français des transports, les tarifs moyens sur la ligne Paris–Lyon ont reculé d’environ 10 % après l’arrivée des services à grande vitesse de Trenitalia.
Certains analystes estiment également que la concurrence pourrait encourager les opérateurs à investir davantage dans des technologies ferroviaires plus écologiques et plus économes en énergie, les entreprises cherchant à se différencier non seulement par les prix et la vitesse, mais aussi par leur engagement en matière de durabilité et par la qualité de l’expérience offerte aux passagers à bord.