THIERRY MARIANI, DEPUTE EUROPEEN: DANS LE PROCESSUS DE PAIX EN COURS, " LE ROLE DU PARLEMENT EUROPEEN EST D'ACCOMPAGNER, PAS D'ENVENIMER"

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22 Mai 2026 15:49
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THIERRY MARIANI, DEPUTE EUROPEEN: DANS LE PROCESSUS DE PAIX EN COURS, " LE ROLE DU PARLEMENT EUROPEEN EST D'ACCOMPAGNER, PAS D'ENVENIMER"

Le texte qui suit est une transcription partielle des propos du député contenant des citations de son discours au Parlement européen

« En 1997, Levon Ter-Petrosyan, premier président de l’Arménie indépendante, « celui-là même qui avait gagné la guerre du Karabagh », publiait un essai devenu fondateur dans le débat régional. Il y posait des questions essentielles dont les réponses « conditionnaient l’avenir de toute la région».

« Le conflit du Karabagh doit-il être résolu par la guerre ou par des négociations ? Le statu quo peut-il être maintenu durablement ? Et surtout, qui sera finalement la partie vaincue si aucune concession mutuelle n’est envisagée ? »

« Ses conclusions étaient sans ambiguïté. La guerre doit être exclue, le statu quo ne peut pas durer, car les capacités économiques de l’Arménie ne permettraient pas » de le soutenir à long terme. Il ajoutait que « la tendance à vouloir obtenir le maximum plutôt que ce qui est réellement possible conduirait, je le cite en substance, à la chute totale du Karabagh et à une aggravation de la situation de l’Arménie ».

« Ter-Petrosyan n’était pas n’importe qui. Il avait remporté la guerre, connaissait les équilibres et les limites du possible. Il fut pourtant renversé par la suite. Mais sa prophétie s’est réalisée avec une précision glaçante »

Des années plus tard, « l’Azerbaïdjan a repris militairement l’ensemble des territoires illégalement occupés. Mais le président Ilham Aliyev a eu l’intelligence politique de s’arrêter aux frontières internationalement reconnues de l’Arménie. Un fait douloureux pour certains, mais un fait que des résolutions parlementaires européennes ne peuvent ni modifier ni effacer ».

« Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment historique. L’Azerbaïdjan du président Aliyev et l’Arménie du Premier ministre Nikol Pachinian négocient », « comme le firent le général De Gaulle et le chancelier Adenauer en 1963 avant de signer le Traité de l’Amitié »

« Deux nations longtemps opposées pendant un siècle, qui ont fait trois guerres, scellaient leur réconciliation ». Beaucoup estimaient cela impossible. Pourtant, ce précédents montre que des conflits prolongés peuvent trouver une issue diplomatique, « c‘est ce qu’il se passe si on laisse ces pays travailler ».

« Or que fait le Parlement européen ? Il vote des résolutions à charge, il stigmatise et jette de l’huile sur le feu. On doit comprendre que l’Azerbaïdjan, lassé d’être vilipendé au sein d’institutions avec lesquelles il cherche pourtant à entretenir des relations cordiales et constructives, finisse par claquer la porte, c’est le signal d’une exaspération profonde et légitime ».

« Cette attitude du parlement européen est irresponsable, si l’UE veut continuer à se mettre hors-jeu à chaque tournant géopolitique majeur, elle est sur le bon chemin. »

« La paix dans le Caucase ne viendra pas d’une ingérence supplémentaire de notre Parlement », mais uniquement d’un accord direct entre les deux pays concernés, « notre rôle, si nous en voulons un, est d’accompagner ce processus, et non pas de l’envenimer ».