Le Sommet du Forum international des transports (ITF), plus grand rassemblement annuel de ministres des Transports au monde, s’est ouvert aujourd’hui au Centre des congrès de Leipzig, rapporte le correspondant de Trend sur place.
Plus de 1 200 délégués venus de plus de 80 pays participent à l’événement, parmi lesquels des ministres, des financiers, des dirigeants d’organisations internationales, des représentants d’entreprises et des experts.
Le thème retenu cette année est le financement des transports durables. Derrière cette formule se cache un défi bien concret : les infrastructures de transport mondiales sont mises à rude épreuve par plusieurs crises simultanées.
Les perturbations en mer Rouge liées aux attaques des Houthis ont contraint les grandes compagnies maritimes à contourner l’Afrique, entraînant une forte hausse des coûts du fret. Des sécheresses récurrentes ont rendu le canal de Panama temporairement impraticable. La guerre en Ukraine a, quant à elle, profondément redessiné les chaînes logistiques en Eurasie. Dans ce contexte, la question de la construction de systèmes de transport capables de résister à de tels chocs a dépassé le cadre du débat académique.
Le financement de ces infrastructures constitue un défi à part entière. Les pays en développement ne peuvent se permettre d’investir dans des capacités de secours qui restent inutilisées la plupart du temps, tandis que les pays développés se heurtent de plus en plus à une opposition politique face aux grands projets d’infrastructure. Trouver un équilibre entre logique commerciale et résilience stratégique sera au cœur des discussions de l’ITF au cours des trois prochains jours.
Dans ce contexte, la prochaine présidence de l’ITF par l’Azerbaïdjan en 2026 apparaît particulièrement pertinente. Ces dernières années, Bakou s’est imposée comme un hub clé de la logistique eurasiatique. Le Corridor médian - reliant la Chine à l’Europe via le Kazakhstan, la mer Caspienne, l’Azerbaïdjan, puis la Turquie ou la Géorgie - a connu une croissance rapide. À la suite des perturbations liées aux sanctions sur les itinéraires traditionnels passant par la Russie, les flux de marchandises transitant par l’Azerbaïdjan ont fortement augmenté.
Le pays a investi dans le port d’Alat, les infrastructures ferroviaires et les postes-frontières, augmentant progressivement ses capacités de transit.
Autant d’éléments qui placent l’Azerbaïdjan comme futur président du forum et comme un acteur directement concerné par les enjeux inscrits à son agenda. Le sommet se poursuivra jusqu’au 8 mai.