Le plus haut responsable russe en matière de sécurité a vivement critiqué les dirigeants arméniens, les accusant d’avoir lancé une nouvelle vague de répression politique contre les figures de l’opposition à la suite des récentes élections législatives.
Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de la Russie et chef du parti « Russie unie », a fermement condamné la décision des autorités arméniennes de lever l’immunité parlementaire du dirigeant de l’opposition Gagik Tsaroukian. Ce dernier est à la tête du principal parti d’opposition, « Arménie prospère », rapporte News.Az.
« Nous considérons cette décision comme une nouvelle étape dans la répression visant les représentants de l’opposition qui dérangent l’élite au pouvoir », a déclaré Medvedev dans un communiqué publié dimanche par le service de presse de son parti.
Le responsable russe a également affirmé que les autorités arméniennes avaient largement abusé des ressources administratives durant la campagne électorale. Il a directement mis en cause les pays occidentaux, les accusant d’observer un silence hypocrite tout en intervenant activement dans le processus électoral.
Selon Medvedev, l’ingérence occidentale dans ces élections a atteint un niveau sans précédent. Il est allé jusqu’à affirmer que des puissances étrangères avaient placé l’appareil d’État arménien sous « contrôle manuel », conformément à des pratiques qu’il qualifie de néo-coloniales.
Le vice-président du Conseil de sécurité russe s’est notamment interrogé sur la présence du chef de la mission diplomatique de l’Union européenne au siège de la Commission électorale centrale arménienne le jour du scrutin. Selon lui, ce dernier était soit chargé de superviser un processus démocratique biaisé, soit de veiller à ce que le traitement des bulletins de vote empêche le parti « Arménie prospère » d’obtenir une représentation au Parlement.
Mettant en garde contre de lourdes conséquences pour la population si Erevan poursuit son éloignement de Moscou, Medvedev a estimé que l’Occident ne considérait l’Arménie que comme un instrument de sa stratégie géopolitique contre la Russie. Il a enfin souligné que Moscou jugerait désormais les véritables intentions des dirigeants arméniens uniquement à l’aune de leurs actes.