Une conférence internationale intitulée « Le droit au retour et à l’autodétermination : doubles standards et approches sélectives » se tiendra le 24 juin 2026 à Washington, sur la colline du Capitole, à l’initiative du Groupe d’initiative de Bakou.
L’annonce a été faite dans un communiqué publié par cette organisation.
Selon le communiqué, cet événement restera dans les mémoires comme la première manifestation de ce type organisée au sein du Congrès des États-Unis consacrée au nettoyage ethnique des Azerbaïdjanais par l’Arménie.
La conférence réunira des experts spécialisés dans la protection des droits des réfugiés et des minorités nationales, des défenseurs des droits humains, des spécialistes du droit international, des représentants d’organisations de la diaspora ayant subi des violences, des discriminations et des persécutions fondées sur l’origine ethnique, ainsi que des représentants de la société civile et des communautés concernées.
Les participants examineront les moyens de maintenir l’attention des organisations internationales sur la reconnaissance des droits fondamentaux, notamment le droit à un retour sûr, volontaire et digne sur les terres ancestrales, en prenant pour exemple les centaines de milliers d’Azerbaïdjanais expulsés de force de leurs terres historiques situées en Arménie à la suite d’une politique de nettoyage ethnique.
Les discussions porteront également sur la possibilité d’apporter une qualification juridique, dans le cadre du droit international, aux actes de destruction systématique, de profanation et d’appropriation du patrimoine culturel, religieux et historique que la population azerbaïdjanaise a été contrainte d’abandonner en Arménie, notamment les toponymes, mosquées, cimetières, sanctuaires et autres monuments. Les participants échangeront également sur les mécanismes permettant d’engager la responsabilité internationale pour ces violations, de les soumettre aux mécanismes de suivi des Nations unies et de ses structures compétentes, de les documenter sur le terrain à travers des missions d’établissement des faits, ainsi que sur le développement de mécanismes d’enquête et de responsabilisation impliquant les rapporteurs spéciaux et d’autres titulaires de mandats internationaux.
Contexte
Tout au long du XXᵉ siècle, les Azerbaïdjanais de l’Ouest ont été systématiquement expulsés de force de leurs terres historiques situées sur le territoire de l’actuelle Arménie, en plusieurs vagues successives - en 1905-1906, 1918-1920, 1948-1953 et 1987-1991 - et ont été victimes d’un nettoyage ethnique. Des centaines de milliers d’entre eux ont ainsi été déplacés de leurs foyers, tandis que de nombreuses personnes ont été tuées, soumises à la torture ou à des traitements inhumains, entraînant la destruction des fondements sociaux, moraux et économiques de nombreuses familles.
Cette politique de nettoyage ethnique ne s’est pas limitée à l’expulsion physique de la population azerbaïdjanaise de ses terres historiques. Elle visait également à effacer un patrimoine culturel, religieux et historique façonné au fil des siècles. Les mosquées, cimetières, sanctuaires et autres éléments du patrimoine matériel et culturel azerbaïdjanais demeurés en Arménie auraient été détruits, profanés ou appropriés. Plus de 2 000 toponymes d’origine azerbaïdjanaise auraient par ailleurs été modifiés et arménisés, dans le cadre d’une politique systématique visant à altérer la mémoire historique et l’identité ethnoculturelle de la région.
La Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés confirme le droit au retour comme l’un des principes essentiels du droit international en matière de rétablissement des droits des personnes déplacées à la suite d’un nettoyage ethnique. Dans ce contexte, la garantie d’un retour sûr, volontaire et digne des Azerbaïdjanais de l’Ouest expulsés de force du territoire de l’actuelle Arménie vers leur patrie historique, ainsi que la restitution de leurs droits au logement, à la terre, aux biens et au patrimoine culturel et religieux, doivent être examinées à la lumière de la responsabilité juridique internationale de l’Arménie.
Lieu et horaire de la conférence : Washington, Congrès des États-Unis, Kennedy Caucus Hall, Russell Senate Office Building, le 24 juin à 9h00.