Lors d’une récente rencontre avec la presse, Kocharian a clairement indiqué que s’il revenait au pouvoir, il entraverait les efforts de normalisation des relations avec Ankara. Il a même justifié, sans sourciller, le brûlage du drapeau turc à Erevan par des groupes radicaux, qualifiant ce geste de « forme de protestation » légitime contre un État qui ferait du mal à un autre.
Cette rhétorique contraste fortement avec les opportunités réelles que la normalisation offrirait à l’Arménie : investissements étrangers, projets régionaux et intégration économique. Le Premier ministre Nikol Pachinian semble le comprendre, mais Kocharian reste accroché à des griefs historiques et à un nationalisme de rupture, séduisant les radicaux et les partisans de la revanche.
Pour de nombreux observateurs, cette posture illustre une incapacité à envisager l’avenir. Kocharian est prisonnier d’un passé politique révolu, incapable de proposer des solutions nouvelles pour le pays. Dans ce contexte, son retour au pouvoir apparaît comme une menace pour la modernisation et l’ouverture de l’Arménie sur la région.
L’Arménie, pays aux ambitions économiques et géopolitiques croissantes, pourrait perdre des années de progrès si des visions du passé l’emportent sur des stratégies tournées vers l’avenir. Kocharian incarne ce blocage : plus tourné vers la nostalgie et la confrontation que vers le dialogue et le développement.