La visite du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev en Allemagne, les 20 et 21 juillet, a démontré que Bakou et Berlin sont entrés dans une nouvelle phase de leur partenariat stratégique, a déclaré l'analyste politique Azer Garayev à Trend.
Selon lui, le renforcement du dialogue entre Berlin et Bakou au cours des dernières années n'a rien de fortuit. Il s'inscrit dans un contexte de profondes mutations géopolitiques en Europe et dans le monde, marqué par l'importance croissante des enjeux liés à la sécurité énergétique, aux nouveaux corridors de transport et à la stabilité régionale.
D'après l'analyste, les documents signés à l'issue de la visite, les rencontres de haut niveau organisées et les messages échangés témoignent de l'entrée des relations entre les deux pays dans une nouvelle étape.
« Dans le cadre de cette visite, le président Ilham Aliyev s'est entretenu avec le président allemand Frank-Walter Steinmeier ainsi qu'avec le chancelier fédéral Friedrich Merz. Lors de ces échanges, les questions de sécurité énergétique, de coopération économique, du Corridor médian, du processus de paix dans le Caucase du Sud, des relations avec l'Union européenne et de la sécurité mondiale ont été largement abordées.
Cet agenda confirme que Bakou et Berlin ne conçoivent plus leurs relations uniquement sous l'angle bilatéral, mais dans une perspective régionale et internationale plus large.
Le principal résultat de cette visite a été la signature, par le président Ilham Aliyev et le chancelier Friedrich Merz, de la Déclaration conjointe sur l'agenda stratégique du partenariat bilatéral entre l'Azerbaïdjan et l'Allemagne. Par ailleurs, l'adoption de la Déclaration conjointe portant création du Conseil d'affaires Azerbaïdjan-Allemagne a posé une nouvelle base institutionnelle pour les relations économiques.
Ces documents ne constituent pas qu’une manifestation de volonté politique, ils prévoient le développement systématique de la coopération dans des domaines précis, la création de groupes de travail ainsi que la mise en place de mécanismes d'action à long terme. C'est un indicateur important montrant que les relations sont passées d'échanges ponctuels à une coopération stratégique durable », a-t-il souligné.
Selon Azer Garayev, l'Azerbaïdjan a considérablement renforcé son rôle dans la sécurité énergétique de l'Europe ces dernières années.
« Aujourd'hui, le gaz naturel azerbaïdjanais est fourni à dix États membres de l'Union européenne. L'entrée de l'Allemagne dans cette liste donne une dimension entièrement nouvelle à la coopération entre Bakou et Berlin.
Le président Ilham Aliyev a résumé ces avancées lors de sa déclaration à la presse : "À partir de cette année, l'Azerbaïdjan a commencé à exporter son gaz naturel vers l'Allemagne. Notre gaz est désormais acheminé vers dix États membres de l'Union européenne, ce qui constitue sans aucun doute une contribution majeure à la sécurité énergétique."
Cette déclaration ne représente pas seulement un indicateur statistique. Elle montre que la position de l'Azerbaïdjan en tant que partenaire fiable sur le marché énergétique européen se renforce davantage. L'Allemagne, première économie de l'Union européenne, accorde une importance particulière à la diversification de ses sources d'approvisionnement énergétique. L'arrivée du gaz azerbaïdjanais sur le marché allemand illustre ainsi la convergence des intérêts stratégiques des deux pays », a-t-il expliqué.
L'analyste a également souligné que le chancelier fédéral Friedrich Merz avait clairement mis en avant l'importance de l'Azerbaïdjan pour l'Allemagne.
« Il a insisté sur la volonté de l'Allemagne de poursuivre la diversification de son approvisionnement énergétique, précisant que l'Azerbaïdjan occupe, à cet égard, une place particulière en tant que partenaire fiable.
Les positions du chancelier sur les énergies renouvelables, l'hydrogène et la coopération énergétique à long terme montrent que les deux parties n'entendent pas limiter leurs relations aux seules livraisons actuelles de gaz.
Outre l'énergie, les questions liées aux transports et à la logistique ont également figuré parmi les principaux sujets des négociations. Les évolutions géopolitiques de ces dernières années ont considérablement renforcé l'importance du Corridor médian. L'Azerbaïdjan, qui constitue l'un des maillons essentiels de cet axe, joue un rôle clé dans la connectivité entre l'Europe et l'Asie.
Le président Ilham Aliyev a ainsi déclaré : "L'Azerbaïdjan poursuit la modernisation de ses infrastructures de transport. Depuis son adhésion, l'an dernier, au format des Réunions consultatives de l'Asie centrale, le pays fait office de pont entre l'Asie centrale et l'Europe, un rôle appelé à se renforcer progressivement."
Cette approche revêt également une importance particulière pour l'Allemagne. Première puissance exportatrice européenne, elle est fortement intéressée par le développement de nouvelles voies logistiques sûres. Dans cette perspective, l'Azerbaïdjan apparaît non seulement comme un partenaire énergétique, mais aussi comme l'un des principaux hubs de transit sur la carte des transports eurasiens », a déclaré Garayev.
L'analyste a indiqué que les questions de sécurité régionale avaient également occupé une place centrale au cours de la visite.
« Les dirigeants allemands ont salué les progrès réalisés dans le processus de normalisation des relations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Le chancelier Friedrich Merz a qualifié le paraphe de l'accord de paix d'événement historique et affirmé que l'Allemagne était prête à soutenir une paix durable dans la région.
Le président Ilham Aliyev a rappelé que l'Azerbaïdjan avait déjà pris des mesures concrètes dans la période post-conflit : "Immédiatement après cet accord, l'Azerbaïdjan est passé à l'action. Aujourd'hui, l'essence et le diesel fournis par l'Azerbaïdjan contribuent de manière significative à la sécurité énergétique de l'Arménie."
Selon lui, ces déclarations montrent que l'Azerbaïdjan entend contribuer au renforcement de la stabilité régionale non seulement par des déclarations politiques, mais aussi par des initiatives concrètes sur les plans économique et humanitaire. Le soutien de l'Allemagne à ce processus reflète l'importance que l'Europe accorde à une stabilité durable dans le Caucase du Sud », a-t-il ajouté.
D'après Azer Garayev, les relations avec l'Union européenne ont constitué un autre volet majeur des discussions.
« À la lumière des récentes visites à Bakou du président du Conseil européen, Antonio Costa, et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, les entretiens de Berlin peuvent être considérés comme la poursuite du dialogue entre l'Azerbaïdjan et l'Union européenne.
Compte tenu du rôle moteur de l'Allemagne au sein de l'Union européenne, le renforcement des relations avec Berlin ouvre également de nouvelles perspectives à Bakou dans ses rapports avec Bruxelles.
La coopération économique entre également dans une nouvelle phase. Plus de 200 entreprises allemandes sont actuellement implantées en Azerbaïdjan. Le nouveau Conseil d'affaires Azerbaïdjan-Allemagne pourrait devenir une plateforme essentielle pour accroître les investissements, développer de nouveaux projets et intensifier les contacts directs entre les milieux d'affaires.
Les secteurs des énergies vertes, de l'industrie, des technologies numériques, de la logistique et des infrastructures figurent notamment parmi les principaux axes de coopération pour les années à venir », a-t-il indiqué.
Enfin, Azer Garayev a estimé que la visite du président Ilham Aliyev en Allemagne démontrait que les relations entre Bakou et Berlin dépassent désormais le simple cadre diplomatique et commercial.
« Les enjeux liés à la sécurité énergétique, aux corridors de transport, à la stabilité régionale, à la coopération en matière d'investissement et à l'émergence d'un nouvel équilibre géopolitique entre l'Europe et l'Asie rapprochent davantage encore l'Azerbaïdjan et l'Allemagne.
Les documents stratégiques signés renforcent les fondements juridiques et politiques de cette coopération. Les groupes de travail, les plateformes économiques et les nouveaux projets qui verront le jour dans les prochains mois détermineront les résultats concrets de ces accords.
Dans le contexte géopolitique actuel, l'élargissement de la coopération entre Bakou et Berlin peut être considéré comme le point de départ d'une nouvelle phase de partenariat, non seulement entre les deux pays, mais également entre l'Europe et l'ensemble du Caucase du Sud », a conclu l'analyste.