LE PETIT SOLEIL DE L'HIVER AZERBAIDJANAIS: LE KHOUR-KHOUROUM GUNU, OU LA JOURNEE DU KAKI
Paris / La Gazette
L’origine de cette fête non officielle est entourée de mystère, mais une belle interprétation existe
Lorsque l’hiver commence à se rappeler à nous par des vents froids et des journées plus courtes, une date particulière apparaît dans le calendrier : le 6 janvier, un jour rempli du goût de la chaleur et du soleil. En ce jour, de nombreux pays du monde célèbrent le Khour-khouroum Günu, ou la Journée du kaki — une fête dédiée à ce fruit orange vif qui semble conserver en lui la lumière du soleil.
Le kaki symbolise un petit soleil capable de réchauffer l’homme en hiver, d’apporter de la joie et de l’énergie à une période où la nature est en sommeil. Et en effet, il suffit d’un fruit bien mûr pour que le monde paraisse un peu plus chaleureux.
Il existe environ 500 variétés de kaki dans le monde, et sa patrie historique est considérée comme étant la Chine. On pense que le nom du fruit provient de l’ancien mot persan « khormalou », qui s’est transformé avec le temps en « khurma » (kaki). En latin, ce terme signifie « feu divin », et en grec « nourriture des dieux » — des appellations dignes d’un fruit qui, pendant des siècles, a été considéré comme un symbole de longévité et de prospérité.
Quiconque se trouve en Azerbaïdjan pendant la saison de récolte du kaki — à partir de septembre — découvre un spectacle véritablement enchanteur. De loin, les vergers de kakis ressemblent à une forêt automnale dense, mais en s’en approchant, les « feuilles » se transforment en gros fruits juteux d’une teinte ambrée et orangée. La main se tend instinctivement pour en cueillir un — charnu, sucré, avec une note légèrement astringente et « solaire ».
Le kaki est cultivé en Azerbaïdjan depuis des temps anciens et s’épanouit parfaitement dans le climat local. Il est à la fois cultivé et présent à l’état sauvage — notamment le célèbre kaki du Caucase, que l’on trouve le plus souvent dans les montagnes du Talych. Aujourd’hui, des vergers de kakis sont présents dans les régions de Sheki-Zagatala, Lankaran-Astara, Gandja-Gazakh, Shirvan, ainsi que sur la péninsule d’Absheron.
L’importance économique du kaki pour l’Azerbaïdjan est difficile à estimer : ce fruit est très demandé sur les marchés d’exportation. Dans des conditions favorables, un seul arbre peut produire jusqu’à 250 kg de fruits. Le kaki résiste aussi bien à la chaleur humide qu’aux gelées modérées, ce qui en fait une culture particulièrement robuste.
En Azerbaïdjan, le kaki est utilisé pour préparer des confitures, des jus, du « doshab », du « sherbet », il est séché et entre dans la composition de nombreux plats de la cuisine nationale. Dans le district de Balakan, où se tient traditionnellement le festival du kaki, les jardiniers recensent plus d’une dizaine de variétés de ce fruit.
Une affection particulière est accordée au « korolek », également connu sous le nom de « khyrnik », à la chair foncée et au goût de miel. D’autres variétés sont également populaires :
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Sharon — variété précoce, sans pépins et sans astringence ;
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Cœur de bœuf — gros fruit à la chair tendre ;
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Kaki figue — particulièrement sucré dans sa version azerbaïdjanaise.
Le kaki n’est pas seulement une gourmandise, mais un véritable concentré naturel de vitamines. Il est riche en vitamine C, en bêta-carotène, en fer et en fibres ; il renforce le système immunitaire, soutient la santé du foie, améliore la digestion, aide à réduire la pression artérielle et favorise la récupération du système nerveux. Ce n’est pas sans raison qu’un proverbe japonais affirme : « Quand le kaki mûrit, les médecins restent sans travail ».
En Azerbaïdjan, le kaki est bien plus qu’un simple fruit : il fait partie intégrante de la culture et des traditions. Il rappelle la générosité de la terre, la patience des jardiniers et le fait que même pendant la saison la plus froide, on peut trouver de la chaleur — il suffit de tendre la main vers la branche sur laquelle mûrit un petit soleil.
Ainsi, le 6 janvier est une belle occasion de s’arrêter un instant, d’éplucher ce fruit éclatant et de laisser l’hiver devenir un peu plus doux.