BIENTOT LA GRANDE FETE DU NOUVEL AN EN AZERBAIDJAN! MAIS IL NE FAUT PAS MANQUER LES "QUATRE MARDIS" QUI Y CONDUISENT...

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3 Mars 2026 20:49
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BIENTOT LA GRANDE FETE DU NOUVEL AN EN AZERBAIDJAN! MAIS IL NE FAUT PAS MANQUER LES "QUATRE MARDIS" QUI Y CONDUISENT...

Novrouz Bayram est largement célébrée dans le pays comme le symbole du départ de l'Hiver et de la venue du Printemps.

La fête est célébrée le premier jour du printemps. Cette date, inscrite au calendrier, est déterminée par la révolution annuelle de la Terre autour du soleil et correspond à l’équinoxe de printemps.

Selon les scientifiques, Novrouz possède des origines très anciennes. Des recherches établissent un lien entre cette fête et l’époque du prophète Zardush, il y a 3 500 à 5 000 ans.

Dans l’ancienne Babylone, la fête était célébrée pendant douze jours à partir du 21 du mois de Nisan (mars-avril). Chacun de ces douze jours donnait lieu à des cérémonies et à des réjouissances particulières. Selon les premières inscriptions, la fête de Novrouz aurait été instituée en 505 av. J.-C.

Les penseurs islamiques ont souvent tenté d’interpréter cette célébration sous un angle religieux. Toutefois, de grands esprits tels que Ferdowsi, Rudaki, Avicenne, Nizami, Saadi et Hafez ont démontré que Novrouz est bien plus ancien. Le Siyasetname de Nizami et le Novruzname de Omar Khayyam sont notamment consacrés à cette fête.

Durant la période soviétique, Novruz fut célébrée de manière officieuse, le gouvernement interdisant les festivités et poursuivant leurs organisateurs. Malgré cela, chaque famille azerbaïdjanaise a perpétué ces traditions séculaires.

À l’approche de Novrouz, la nature s’éveille, et le peuple azerbaïdjanais commence à célébrer un mois à l’avance. Les mardis précédant la fête sont consacrés aux quatre éléments : Su Charshanba (mardi de l’eau), Odlu Charshanba (mardi du feu), Torpag Charshanba (mardi de la terre) et Akhir Charshanba (dernier mardi, associé au vent). Selon la croyance populaire, l’eau du premier mardi purifie et met en mouvement, le feu du deuxième réchauffe, la terre du troisième s’éveille, et le vent du quatrième insuffle la vie : les arbres bourgeonnent et la nature renaît, annonçant le printemps.

Novrouz est riche en traditions et en jeux anciens. Parmi eux figurent « Khidir Ilyas », symbole d’abondance et de floraison, « Kos-Kosa », jeu populaire et humoristique annonçant l’arrivée du printemps, ainsi que diverses pratiques de divination.

La fête accorde une place particulière à l’eau et au feu. Terre de feu, l’Azerbaïdjan possède des traditions profondément enracinées autour de cet élément, symbole de purification et de clarté. Des feux de joie sont allumés à Novrouz, et lors d’Akhir Charshanba, chacun - quel que soit son âge ou son sexe - saute sept fois par-dessus un feu ou une fois par-dessus sept feux en prononçant : « Donne-moi ta rougeur et prends ma pâleur. » Le feu n’est jamais éteint avec de l’eau : il doit se consumer de lui-même. Les jeunes ramassent ensuite les cendres et les dispersent loin des maisons, geste symbolisant l’éloignement des malheurs familiaux.

La purification par l’eau est également essentielle. Les rites liés à l’eau marquent le passage à la nouvelle année. En sautant par-dessus une eau vive le jour de l’An, on se libère des fautes de l’année écoulée. La veille du Nouvel An à Novrouz, les membres de la famille s’aspergent d’eau avant de se coucher. On dit que lors d’Akhir Charshanba, toutes les eaux courantes s’immobilisent un instant, tout comme la nature elle-même. Boire de cette eau le soir du Nouvel An protégerait des maladies durant l’année à venir.

Le point culminant de Novrouz correspond au moment précis où l’ancienne année cède la place à la nouvelle. Selon la tradition, des coups de feu étaient tirés en son honneur. Au XIXe siècle, N. Dubrovin écrivait : « Les détonations dans les villes et les villages annonçaient l’arrivée du printemps en Azerbaïdjan. » En 1637, le voyageur Adam Olearius, témoin des célébrations, relatait qu’un astrologue, muni d’instruments astronomiques et d’un cadran solaire, déterminait le moment exact de l’équinoxe et proclamait : « La nouvelle année est arrivée », aussitôt suivi de tirs et de musiques résonnant depuis les tours et les remparts.

Les Azerbaïdjanais accordent une attention particulière à la table festive. Elle doit comporter sept mets dont le nom commence par la lettre « S » : sumakh (épice), sirke (vinaigre), sud (lait), samani (blé germé), sebzi (viande aux herbes), entre autres. Un miroir, des œufs colorés et des bougies y figurent également. La bougie symbolise le feu et la lumière - protection contre le mal - tandis que le miroir représente le bonheur.

Selon la tradition, tous les membres de la famille doivent être présents à la maison le premier jour de la fête. Un proverbe dit : « Si tu n’es pas chez toi le jour de Novrouz, tu n’auras pas de foyer pendant sept ans. » Autrefois, les portes restaient ouvertes, et les lumières demeuraient allumées toute la nuit, car éteindre le feu ou la lumière était perçu comme un signe de malheur.

Dans les villages, on observe attentivement les quatre premiers jours afin de prédire l’année à venir. Le premier jour symbolise le printemps, le deuxième l’été, le troisième l’automne et le quatrième l’hiver. Si le premier jour est calme et sec, le printemps sera favorable aux travaux agricoles ; s’il est pluvieux et venteux, la saison le sera également. Les jours suivants permettent d’augurer l’été, l’automne et l’hiver.

Novruz est une fête joyeuse et aimée avec ferveur. Elle rassemble et unit l’ensemble de la nation.