L'AZERBAIDJAN APPELLE LE ROYAUME-UNI A RESPECTER LA SOUVERAINETE DES ETATS

Actualités
3 Mars 2026 18:16
31
L'AZERBAIDJAN APPELLE LE ROYAUME-UNI A RESPECTER LA SOUVERAINETE DES ETATS

L’enquête lancée au Parlement britannique concernant le patrimoine culturel dans la région du Karabakh est perçue à Bakou comme une ingérence directe dans les affaires souveraines de l’Azerbaïdjan.

Le débat portant sur des processus se déroulant sur un territoire internationalement reconnu comme faisant partie du pays a suscité une vive réaction. À Bakou, l’initiative est qualifiée de politisée et susceptible de nuire à un agenda post-conflit encore fragile.

Dans ce contexte, la société civile azerbaïdjanaise a également réagi. Plusieurs organisations non gouvernementales ont adressé une lettre ouverte à l’ambassadeur britannique, Fergus Auld, attirant l’attention sur la terminologie et les formulations employées dans le cadre de l’enquête. Selon les signataires, celles-ci ne tiennent pas compte du statut juridique internationalement reconnu des territoires concernés et peuvent être perçues comme unilatérales.

Les auteurs de la lettre soulignent par ailleurs que la question du patrimoine culturel exige une approche particulièrement mesurée, fondée sur le droit international, des faits vérifiables et une expertise professionnelle. En période post-conflit, insistent-ils, ces sujets doivent être évalués par des spécialistes capables de fournir une vision objective de la situation.

Conseillère au Centre international du multiculturalisme de Bakou, Aytan Gahraman a déclaré dans un commentaire que la tenue d’auditions ou d’enquêtes par le Parlement britannique sur des questions relatives à la situation sur le territoire souverain de l’Azerbaïdjan, sans interaction officielle avec la partie azerbaïdjanaise, soulève de sérieuses interrogations.

Selon elle, débattre de processus en cours sur les terres souveraines de l’Azerbaïdjan sans engagement officiel avec Bakou contrevient au principe d’égalité souveraine des États.

« Les territoires en question font partie intégrante de l’Azerbaïdjan et sont reconnus comme tels par la communauté internationale. Toutes les questions relatives au patrimoine culturel sur ces terres relèvent de la compétence interne de l’État et sont régies par la législation nationale ainsi que par les engagements internationaux auxquels l’Azerbaïdjan est partie », a-t-elle souligné.

Interrogée sur d’éventuelles mesures de réponse, A. Gahraman a précisé que l’ouverture d’une enquête sur les faits de destruction de monuments azerbaïdjanais durant la période d’occupation est pleinement légitime.

« L’Azerbaïdjan a le droit légal de documenter et d’enquêter sur les dommages causés à son patrimoine culturel, religieux et historique sur son territoire internationalement reconnu. Une telle enquête, si elle repose sur des faits établis, des expertises et des procédures transparentes, sera juridiquement fondée et convaincante sur la scène internationale », a-t-elle affirmé.

Commentant l’impact de telles initiatives sur l’agenda de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, la conseillère a estimé que des approches unilatérales et politisées ne contribuent pas au renforcement de la confiance.

« Le problème ne réside pas dans le fait même de discuter du patrimoine culturel, mais dans la méthodologie et la rhétorique employées. Lorsque ces initiatives sont menées sans tenir compte de la position officielle de l’Azerbaïdjan et s’appuient sur des matériaux provenant de groupes intéressés, cela crée des tensions et mine l’atmosphère du dialogue », a-t-elle insisté.

Elle a toutefois souligné que l’Azerbaïdjan demeure ouvert à une coopération internationale constructive et dépolitisée en matière de protection du patrimoine culturel, à condition que soient respectés la souveraineté et l’intégrité territoriale des États.