La ville balnéaire de Cholpon-Ata, au Kirghizistan, se prépare à accueillir le sommet « Asie centrale – Azerbaïdjan ». L’information a été annoncée par le porte-parole du président kirghiz, Askat Alagozov.
Il a averti que la route reliant l’aéroport international de Tamchy à Cholpon-Ata sera fermée du 30 juillet au 1er août en raison du sommet, qui se tiendra pour la première fois dans cette ville située sur les rives du lac Issyk-Koul. Selon M. Alagozov, le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, le président de l’Ouzbékistan, Chavkat Mirzioïev, ainsi que plusieurs autres chefs d’État participeront à cette rencontre.
Les automobilistes et les habitants de la région sont invités à tenir compte des restrictions temporaires de circulation lors de la planification de leurs déplacements. Le ministère de l’Intérieur du Kirghizistan a également indiqué que la route entre l’aéroport de Tamchy et Cholpon-Ata serait fermée par intermittence en raison des mesures de sécurité liées au sommet.
« Afin d’assurer la sécurité publique et de garantir le passage sans encombre des délégations officielles, la circulation sera temporairement restreinte dans certaines zones », a déclaré le ministère de l’Intérieur kirghiz.
Les autorités demandent aux habitants comme aux touristes de faire preuve de compréhension face à ces désagréments temporaires et de planifier à l’avance leurs déplacements vers Issyk-Koul.
Il convient de rappeler qu’il existe déjà plusieurs formats de coopération réunissant les cinq républiques d’Asie centrale. Ainsi, en avril 2025, le premier sommet Union européenne – Asie centrale s’est tenu à Samarcande, en Ouzbékistan. Le deuxième sommet du format Asie centrale – Russie s’est déroulé en octobre de la même année. Par ailleurs, un format de coopération Asie centrale – États-Unis est également en place.
Les bases du format Azerbaïdjan – Asie centrale ont été posées le 16 novembre 2025. Ce jour-là, lors de la Réunion consultative des chefs d’État d’Asie centrale organisée dans la capitale ouzbèke en présence du président Ilham Aliyev, l’Azerbaïdjan s’est vu accorder le statut de participant à part entière de ce mécanisme.
La première réunion consultative des dirigeants des républiques d’Asie centrale s’était tenue en août 1990 à Almaty, avant même la dissolution de l’URSS. Dès août 1991, l’Azerbaïdjan avait rejoint ce format. À ce jour, sept réunions consultatives des États d’Asie centrale ont eu lieu, dont trois avec la participation de l’Azerbaïdjan.
La création de ce nouveau format revêt une importance particulière dans le contexte du renforcement des liens entre l’Asie centrale et le Caucase du Sud. L’Azerbaïdjan joue un rôle de trait d’union entre ces deux régions et, plus largement, entre l’Est et l’Ouest ainsi qu’entre le Nord et le Sud. Le corridor passant par la mer Caspienne offre aux pays d’Asie centrale un accès privilégié non seulement au marché azerbaïdjanais, mais aussi à ceux de la Géorgie, de la Turquie et de l’Union européenne. Cette voie contribue à diversifier les itinéraires de transport et à réduire la dépendance du commerce extérieur à un nombre limité de routes.
Dans ce contexte, l’Azerbaïdjan apparaît également comme un partenaire essentiel pour le développement des relations entre l’Asie centrale et l’Union européenne.
Lors de son intervention à la Réunion consultative sur l’Asie centrale, Ilham Aliyev a déclaré que, bien que Bakou soit située dans le Caucase du Sud, l’Azerbaïdjan et les pays d’Asie centrale forment, grâce à leur coopération active, un espace géopolitique et géoéconomique unique dont l’importance ne cesse de croître sur la scène internationale.
« Nous coopérons avec succès au sein de diverses organisations internationales, nous soutenons mutuellement nos initiatives et élaborons des approches communes pour répondre aux enjeux mondiaux et régionaux », a souligné le chef de l’État.
Edward Romanov, chercheur au Centre de recherche et de réformes économiques auprès de la présidence de l’Ouzbékistan, estime que, ces dernières années, l’Asie centrale apparaît de plus en plus comme une région unifiée dans les relations internationales. Parallèlement aux relations bilatérales, les formats dits « Asie centrale + » se développent, permettant aux pays de coordonner leurs intérêts communs et d’aborder avec leurs partenaires extérieurs les questions liées au commerce, aux investissements, à la coopération industrielle, aux transports, à l’énergie et à la sécurité.
Ces formats « Asie centrale + » permettent ainsi à la région de développer simultanément plusieurs axes de coopération. Leur objectif n’est pas de privilégier un partenaire ou un itinéraire unique, mais d’élargir les relations économiques et de renforcer la résilience de la région face aux évolutions extérieures.
« Le format "Asie centrale + Azerbaïdjan" se distingue des autres plateformes par le fait que l’Azerbaïdjan est directement relié à la région par la mer Caspienne et constitue un maillon essentiel des corridors de transport menant vers le Caucase du Sud, la Turquie et l’Europe. Pour l’Asie centrale, l’Azerbaïdjan est un partenaire stratégique en matière de transit, d’investissements et de coopération industrielle. Pour l’Azerbaïdjan, les pays d’Asie centrale représentent un marché en pleine expansion ainsi qu’une source croissante de flux de marchandises pour ses infrastructures portuaires, ferroviaires et logistiques. C’est pourquoi ce nouveau format revêt non seulement une dimension politique, mais également un contenu économique concret », conclut l’auteur.
L’article souligne que le développement du commerce et de la coopération industrielle nécessite une infrastructure de transport fiable. Pour l’Ouzbékistan, pays enclavé ne disposant pas d’un accès direct à la mer, le développement d’itinéraires alternatifs constitue l’une des principales conditions pour renforcer la résilience de son commerce extérieur.
Le Corridor médian relie la Chine et l’Asie centrale au Caucase du Sud, à la Turquie et à l’Europe. Les marchandises en provenance d’Ouzbékistan peuvent être acheminées via le Kazakhstan ou le Turkménistan jusqu’aux ports de la mer Caspienne, puis transportées par voie maritime vers l’Azerbaïdjan, avant de poursuivre leur trajet à travers la Géorgie et la Turquie, ou via la mer Noire vers les marchés européens.
Selon les estimations de la Banque mondiale, la mise en œuvre des réformes nécessaires en matière d’infrastructures et d’organisation pourrait permettre de tripler le volume du fret transitant par le Corridor médian d’ici à 2030, tout en réduisant de moitié les délais de livraison.
Par ailleurs, l’ouverture attendue du corridor de Zanguezour devrait également offrir de nouvelles opportunités à l’ensemble des États d’Asie centrale. « Pour l’Ouzbékistan, le format “Asie centrale + Azerbaïdjan” ouvre des perspectives d’expansion des exportations, de diversification des itinéraires de transport et d’attraction d’investissements dans les secteurs de la production et de la logistique. Pour les autres pays d’Asie centrale, il constitue une voie d’accès supplémentaire aux marchés occidentaux. L’importance future de ce format dépendra de la capacité des pays à développer de manière cohérente le Corridor médian et à compléter l’agenda des transports par une coopération industrielle et en matière d’investissement. La prochaine réunion dans ce format pourrait ainsi donner une impulsion concrète à la mise en œuvre des projets les plus ambitieux et mutuellement bénéfiques », a déclaré E. Romanov.