Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a inscrit les mosquées rupestres et les sites sacrés associés du Mangystau, au Kazakhstan, sur la Liste du patrimoine mondial, reconnaissant ainsi l’importance culturelle et spirituelle de l’un des paysages de pèlerinage les plus remarquables d’Asie centrale.
La décision a été adoptée lors de la 48e session du Comité, à Busan, en Corée du Sud.
Le nouveau bien en série comprend cinq mosquées rupestres situées dans l’ouest du Kazakhstan : Beket-Ata, Shopan-Ata, Karaman-Ata, Shakpak-Ata et Sultan-Epe. L’UNESCO a reconnu la valeur universelle exceptionnelle du site, soulignant la manière dont plusieurs générations de communautés locales ont adapté les traditions spirituelles islamiques à la géologie particulière de la région et à son environnement naturel rigoureux, notamment à travers une architecture unique taillée dans la roche.
Cette inscription marque l’aboutissement d’un processus de candidature mené pendant plusieurs années par le ministère kazakh de la Culture et de l’Information, le ministère des Affaires étrangères, l’administration de la région de Mangystau et des experts nationaux du patrimoine. La candidature faisait suite aux instructions données par le président Kassym-Jomart Tokaïev lors de la réunion du Kurultai national tenue à Atyraou en mars 2024, au cours de laquelle il avait appelé à entreprendre les démarches nécessaires pour obtenir la reconnaissance de ces sites sacrés par l’UNESCO.
La délégation du Kazakhstan auprès du Comité du patrimoine mondial était dirigée par Yerlan Karin, président de la Commission nationale du Kazakhstan pour l’UNESCO et l’ISESCO et premier chef adjoint de l’administration présidentielle. À la suite de la décision, Karin a remercié le Comité, le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) pour leur soutien tout au long du processus de candidature.
Selon lui, cette inscription reflète non seulement la valeur universelle des sites sacrés du Mangystau, mais constitue également une reconnaissance de la riche histoire du peuple kazakh, de ses traditions spirituelles et de son identité culturelle. D’après Karin, elle confère également au Kazakhstan une responsabilité particulière : celle de préserver ces sites pour les générations futures, tout en réaffirmant l’engagement du pays envers la Convention du patrimoine mondial de 1972.
Parmi les cinq sites, Beket-Ata est le plus connu et demeure l’une des principales destinations de pèlerinage du Kazakhstan. Associée au célèbre érudit soufi des XVIIIe et XIXe siècles Beket-Ata, la mosquée souterraine attire chaque année des centaines de milliers de pèlerins et de visiteurs. Selon la tradition, Beket-Ata aurait reçu son enseignement spirituel sur le lieu de sépulture de Shopan-Ata, un maître soufi médiéval respecté et disciple de Khoja Ahmed Yasawi. De nombreux pèlerins continuent de visiter les deux sanctuaires au cours de leur parcours spirituel.
Le complexe de Karaman-Ata, qui comprend une mosquée souterraine et une vaste nécropole, est depuis des siècles un important centre religieux. Shakpak-Ata, creusée dans des falaises de craie, est considérée comme l’une des plus anciennes mosquées rupestres du Kazakhstan. Elle se distingue par son plan en forme de croix, ses ornements élaborés et ses inscriptions médiévales. Sultan-Epe, situé près de la mer Caspienne, est depuis longtemps vénéré comme le saint patron des voyageurs et des marins. Le site offrait historiquement un refuge spirituel aux marchands qui empruntaient les routes commerciales terrestres et maritimes.
Avec l’inscription des sites sacrés du Mangystau, le Kazakhstan compte désormais sept biens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO :
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le mausolée de Khoja Ahmed Yasawi ;
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les pétroglyphes du paysage archéologique de Tamgaly ;
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Saryarka – Steppe et lacs du nord du Kazakhstan ;
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les Routes de la soie : corridor Chang’an-Tian Shan ;
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le Tian Shan occidental ;
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les déserts froids de l’hiver du Turan ;
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et, désormais, les mosquées rupestres et sites sacrés associés du Mangystau.
Par Vusala Abbasova
Photo de titre : Sultan-Epe, vue générale