Selon le rapport State of the Global Climate 2025, élaboré par l’Organisation météorologique mondiale, la perte de masse glaciaire a atteint certains des niveaux les plus destructeurs jamais enregistrés. Ces conclusions avertissent que les pays d’Asie centrale pourraient, à terme, se retrouver privés de ressources glaciaires essentielles, rapportent des médias kirghizes.
Les données de l’Organisation météorologique mondiale indiquent que l’an dernier figure parmi les pires années jamais observées pour les glaciers, la plupart des tendances extrêmement négatives ayant été relevées après 2016. Dans l’ensemble, la perte de masse glaciaire s’inscrit désormais parmi les cinq reculs les plus sévères enregistrés depuis 1950.
Les glaciers des chaînes du Pamir, du Tian Shan et de l’Hindu Kush jouent un rôle crucial dans l’alimentation des principaux fleuves de la région - l’Amou-Daria, le Syr-Daria, le Zeravchan et le Panj. Ces cours d’eau sont indispensables à l’approvisionnement en eau, à l’agriculture et aux écosystèmes du Kirghizstan, du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Turkménistan.
Les experts mettent en garde : si l’accélération de la fonte des glaciers peut, à court terme, accroître le débit des rivières, cet effet reste temporaire. À long terme, la diminution continue des réserves de glace devrait entraîner une baisse progressive des niveaux d’eau, en particulier lors des périodes de sécheresse.
La situation est encore aggravée par la construction de grandes infrastructures hydroélectriques en amont, qui perturbent les régimes naturels des cours d’eau et exercent une pression supplémentaire sur des écosystèmes déjà fragiles.
L’impact combiné du changement climatique et de la régulation des fleuves pourrait ainsi entraîner une dégradation significative des deltas et des plaines inondables, notamment dans la région vulnérable de la mer d’Aral.
Face à ces risques, l’Organisation météorologique mondiale appelle les pays concernés à repenser et adapter leurs stratégies de gestion de l’eau avant que la crise ne s’aggrave davantage.