LE KIRGHIZSTAN PREND DES MESURES PENALISANT LE CONTOURNEMENT DES SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE

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20 Mai 2026 10:51
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LE KIRGHIZSTAN PREND DES MESURES PENALISANT LE CONTOURNEMENT DES SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE

Les autorités kirghizes « éliminent » les contrevenants aux sanctions contre la Russie

Les autorités du Kirghizstan ont commencé à montrer à l’Occident leur volonté de réagir plus fermement aux tentatives de contournement des sanctions antirusses. Le ministère de la Justice de la république a annoncé la fermeture immédiate de 50 entreprises dont les activités seraient, selon Bichkek, liées à des risques de violation des sanctions. Les noms des sociétés concernées n’ont toutefois pas été rendus publics.

« Cette mesure a été prise dans le cadre de la mise en œuvre du nouvel arrêté “Sur la coopération inter-institutionnelle pour l’identification des acteurs du commerce extérieur et des opérations présentant des risques accrus de sanctions”. La liste des entreprises a été fournie par le ministère de l’Économie et du Commerce du Kirghizstan, ainsi que par d’autres organes de l’État, qui ont examiné des informations faisant état de possibles tentatives de contournement des restrictions imposées dans le cadre du régime de sanctions », indique le communiqué du ministère kirghiz de la Justice.

Ni le ministère de la Justice ni le ministère de l’Économie, qui lui a transmis la liste des sociétés, ne précisent quelles entreprises sont concernées. Il est donc impossible, à ce stade, de savoir si certaines d’entre elles figuraient déjà directement sous sanctions de l’Union européenne, du Royaume-Uni ou des États-Unis.

Il y a un mois, le 20e paquet de sanctions de l’UE a visé deux banques kirghizes - « Keremet » et « Kapital ». Une structure liée au stablecoin A7A5 a également été placée sous restrictions. Selon les autorités européennes, cette cryptomonnaie serait adossée à des dépôts en roubles placés dans la banque russe Promsvyazbank. Bruxelles estime qu’il s’agit d’un mécanisme aidant la Russie à contourner les sanctions. On ignore si ces structures figurent désormais parmi les entités juridiques dissoutes.

Il y a quelques semaines, le vice-président du Cabinet des ministres du Kirghizstan, Daniyar Amangeldiev, avait déclaré que l’enregistrement de toutes les entreprises ignorant les exigences du régime de sanctions serait annulé. « Le gouvernement a récemment adopté plusieurs décrets. Si nécessaire, nous avons même pris des mesures susceptibles d’empiéter sur certains droits constitutionnels. Si une entité liée aux sanctions ou suscitant des soupçons est identifiée, nous annulons son enregistrement juridique. Une fois cet enregistrement annulé, elle perd automatiquement son accès au système bancaire, ne peut plus ouvrir de comptes ni exercer d’activité. Nous avons pris des décisions aussi radicales », avait affirmé Amangeldiev.

Dans le cadre du 20e paquet de sanctions, l’Union européenne a appliqué pour la première fois au Kirghizstan un mécanisme de lutte contre le contournement des sanctions - le dispositif dit « anti-circumvention tool »( « dispositif anti-contournement »). Les restrictions concernent l’exportation vers le Kirghizstan de plusieurs catégories de biens que Bruxelles soupçonne de pouvoir être réexportés vers la Russie : machines-outils de haute précision, équipements radio, modems, routeurs et autres matériels technologiques.

Selon plusieurs analystes, les autorités de Bichkek espéraient éviter des conséquences sérieuses, mais cela ne s’est pas produit.

Des experts locaux estiment que la fermeture de 50 entreprises ne suffira probablement pas à améliorer rapidement la situation pour les autorités kirghizes. Le gouvernement devra donc renforcer considérablement le contrôle du réexport de biens à double usage vers la Russie.

Ces derniers jours, le chef du gouvernement kirghiz, Adylbek Kassymaliev, a indiqué que des pays occidentaux avaient demandé au Kirghizstan de fermer certaines banques en raison des risques liés aux sanctions, mais que Bichkek avait refusé de le faire. Les autorités semblent désormais vouloir montrer qu’elles sont prêtes à agir.