Une immense étendue d'eau s'étirant jusqu'à l'horizon, un air pur venu des montagnes et les majestueuses chaînes du Tian Shan en toile de fond.
Ce n'est pas un hasard si ce lac est considéré comme l'un des plus grands trésors naturels du Kirghizistan. Depuis des temps immémoriaux, le peuple kirghiz le vénère comme un lieu sacré. Selon une légende, jusqu'à la fin du XIXᵉ siècle, les habitants ne s'y baignaient même pas. Ils se rendaient sur ses rives pour se laver, prier et rendre hommage au lac, qu'ils considéraient comme sacré. Les historiens soulignent que la tradition de s'y baigner ne serait apparue qu'après l'installation des colons russes dans la région.
Bien que situé en haute montagne, le lac Issyk-Koul ne gèle jamais. C'est d'ailleurs de cette particularité que provient son nom, qui signifie « lac chaud ». Toutefois, le terme « chaud » ne doit pas être pris au sens littéral. Même au cœur de l'été, l'eau reste fraîche, revigorante et agréable. Pour ceux qui sont habitués aux eaux plus tempérées de la mer Caspienne, celles d'Issyk-Koul paraîtront sensiblement plus froides.
La haute saison touristique s'étend principalement sur les mois de juillet et d'août. Ces dernières années, grâce à des températures plus clémentes, les premiers vacanciers arrivent dès le mois de mai, même si l'eau demeure alors assez fraîche.
Issyk-Koul séduit non seulement par ses paysages spectaculaires, mais aussi par ses particularités naturelles. Plus de 170 rivières ainsi que de nombreuses sources souterraines alimentent le lac, sans qu'aucun cours d'eau n'en ressorte. Cette configuration exceptionnelle a permis la formation d'un écosystème unique qui nécessite une protection particulièrement attentive.
Le lac est également au cœur de nombreuses légendes. L'une des plus célèbres a été popularisée par Ilf et Petrov dans leur roman Les Douze Chaises, où il est raconté que le cœur d'une jeune fille d'une grande beauté aurait réchauffé les eaux d'Issyk-Koul. Les habitants affirment toutefois que le véritable miracle du lac ne réside pas dans les mythes, mais dans sa remarquable capacité à changer de couleur selon celle du ciel, passant d'un turquoise éclatant à un bleu profond.
Le Kirghizistan accorde une importance particulière à la préservation de l'environnement naturel d'Issyk-Koul. À l'initiative du président de la République, des opérations régulières de lutte contre le braconnage sont menées afin de retirer du lac les filets de pêche installés illégalement.
Plusieurs mesures ont été instaurées pour préserver cet écosystème exceptionnel. Il est notamment interdit de conduire jusqu'au bord du lac, de laver des véhicules à proximité de ses rives ou encore d'y faire baigner des animaux domestiques. Les autorités poursuivent par ailleurs leurs efforts pour réduire l'utilisation des sacs plastiques et d'autres matériaux polluants.
En parallèle, des programmes de restauration des populations de poissons indigènes sont mis en œuvre.
Pour certaines espèces, un moratoire sur la pêche commerciale est actuellement en vigueur. Les spécialistes constatent notamment une reconstitution progressive des populations du célèbre « chebatchok » d'Issyk-Koul, un petit poisson considéré comme l'un des symboles emblématiques du lac.
Par Laman Zeynalova