Juifs des montagnes

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4 Mai 2020 14:30
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Juifs des montagnes

Bakou, 6 mai 2020 (par Nazrin Mammadova)

Tout au long de l’histoire, des Juifs de différents groupes ethnolinguistiques ont vécu en Azerbaïdjan : Juifs des montagnes, Juifs ashkénazes, Juifs géorgiens. Les Juifs des montagnes vivent en Azerbaïdjan et au Daghestan.

Selon certaines données historiques, leur identité serait apparue à la suite d’un flux migratoire permanent d’individus du peuple juif du nord de l’Iran (Empire sassanide, 224/226-651 après J.C.), ainsi que des régions voisines de l’Empire byzantin (IVe-XIIIe siècle). Vers le milieu du XVIIIe siècle, la situation des Juifs des montagnes s'est considérablement dégradée. L’Empire russe, la Turquie et l’Iran revendiquaient les territoires où ils étaient établis. Dans les années 1730, le commandant iranien Nader Chah (1688-1747), qui régna de 1736 jusqu’à sa mort, réussit à évincer les Turcs d’Azerbaïdjan et à affronter avec succès la Russie dans la lutte pour la possession du Daghestan. Plusieurs colonies de Juifs des montagnes ont été anéanties par ses troupes, les autres ont été pillées et disséminées. Le dirigeant du khanat de Guba, Husseyn Ali Khan, a permis aux Juifs des montagnes de s’installer sur le territoire de l’actuelle ville de Qirmizi Qasaba (Krasnaya Sloboda). Par la suite, Fatali Khan, à l’instar de son père, a garanti la protection des Juifs.

Traditionnellement, les Juifs des montagnes étaient engagés dans l’agriculture, le jardinage et l’élevage de bétail. Ils cultivaient le blé, l’orge et le tabac. Dans tout le Caucase, ils étaient autrefois les principaux producteurs de garance, une teinture naturelle rouge. Plus tard, ils sont devenus commerçants ou négociants…

Jusqu’aux années 1920 et 1930, les Juifs des montagnes vivaient en famille, regroupant trois à quatre générations. Des familles qui pouvaient compter jusqu’à 70 individus ! Ils étaient généralement installés dans différentes maisons partageant une même cour. Le régime polygamique était instauré. L’homme, chef de famille, était responsable de la propriété collective, et la première femme surveillait l’exécution du travail des autres femmes, à savoir cuisiner, nettoyer la maison, élever les enfants, etc. La polygamie fut interdite par le pourvoir soviétique, mais ne modifia que très peu le mode de vie des familles des Juifs des montagnes.

Environ 8 000 Juifs des montagnes vivent actuellement en Azerbaïdjan (données 2018) et parmi eux, une petite moitié réside à Bakou et dans sa périphérie, les autres principalement à Qirmizi Qasaba (Krasnaya Sloboda) et dans ses environs. La langue des Juifs des montagnes (de l’ethnie des Tats juifs) est le judéo-tat ou juhuri, une langue dite du groupe indo-iranien (langues parmi lesquelles on retrouve le talysh, parlé dans le sud de l’Azerbaïdjan par le groupe ethnique éponyme).