Il convient de noter que la visite du président de l'Azerbaïdjan à Prague et sa participation au sommet de la Communauté politique européenne ont eu lieu à l'invitation du président du Conseil de l'Union européenne Charles Michel et du Premier ministre de la République tchèque Petr Fiala.
Dans l'ensemble, l'UE et Charles Michel personnellement jouent un rôle de premier plan dans la tenue de réunions et l'organisation du dialogue entre Bakou et Erevan pour normaliser les relations dans la période d'après-guerre. Les dirigeants de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie se sont rencontrés à quatre reprises depuis la seconde guerre du Karabakh, à l'initiative du président du Conseil de l'UE, Charles Michel. En outre, M. Michel a eu à plusieurs reprises des conversations téléphoniques avec les dirigeants azerbaïdjanais et arméniens pour discuter du programme de paix.
Lors d'une rencontre bilatérale à Prague avec Charles Michel, le président Ilham Aliyev a déclaré que l'Azerbaïdjan soutenait le format de Bruxelles. Les parties ont souligné l'importance des réunions tenues avec la participation de M. Michel à Bruxelles sur la normalisation des relations arméno-azerbaïdjanaises. Le président Ilham Aliyev a remercié M. Michel pour sa mission de médiation.
Les messages positifs qui ont suivi les réunions bilatérales et trilatérales initiées par le président du Conseil de l'UE et les discussions fondées sur les cinq principes de base proposés par l'Azerbaïdjan, qui constituent l'agenda pour la paix, comptent parmi les facteurs contribuant au succès du format de Bruxelles pour Bakou. Les déclarations faites à l'issue des réunions sont tout à fait dans l'intérêt de l'Azerbaïdjan. Par exemple, les déclarations publiées après les réunions organisées à l'initiative de Charles Michel n'utilisent pas les expressions « conflit du Haut-Karabakh » et « statut », ne mentionnent pas le Groupe de Minsk et se réfèrent aux Arméniens vivant au Karabakh comme un « groupe ethnique » au sein de l'Azerbaïdjan. L'UE est une partie intéressée par la normalisation des relations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, par le déblocage des liaisons économiques et de transport dans la région et notamment par la construction du corridor de Zangazur. Il ressort de ce qui précède que les réunions dans le cadre du format de Bruxelles sont des étapes réussies vers la signature d'un accord de paix entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Par conséquent, l'Azerbaïdjan ne souhaite pas modifier le format des réunions trilatérales, ni s'immiscer dans ce format. Toutefois, les processus récents montrent que certaines des forces intéressées ne sont pas satisfaites du format trilatéral, craignant d'être exclues du processus de négociation. Par conséquent, ils essaient d'interférer dans le processus par tous les moyens possibles. Dans ce contexte, il convient de noter la déclaration du Premier ministre Nikol Pachinian lors d'une rencontre avec le président Emmanuel Macron en France, selon laquelle les Arméniens vivant au Karabakh pourraient être impliqués dans les négociations en tant que « partie ». Naturellement, M. Pachinian ne s'exprime pas de son propre chef, mais à la demande des forces intéressées pour jouer la « carte arménienne ». Et le fait que cette déclaration ait été faite en France jette un doute sur l'intention du Paris officiel de contribuer réellement au processus de paix et fait échouer ses plans de prendre l'initiative dans les négociations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie.
Le « piège » préparé pour l'Azerbaïdjan lors de la réunion de Prague et la position de principe du président Ilham Aliyev
L'Azerbaïdjan est bien conscient qu'un certain nombre de structures politiques, d'États et de cercles pro-arméniens cherchent à exploiter au maximum la population arménienne du Karabakh pour garantir leurs intérêts dans le Caucase du Sud. Les déclarations faites par le président Ilham Aliyev au Forum urbain national d'Aghdam, un jour avant sa visite à Prague, concernant le sort de la population arménienne vivant au Karabakh, ont constitué une réponse forte de Bakou aux acteurs internationaux désireux de changer le cours des discussions dans le cadre de l'agenda de paix de Bruxelles et d'utiliser à cette fin la « carte arménienne » dans la région.
« La population arménienne vivant dans la région azerbaïdjanaise du Karabakh, ils sont nos citoyens, et nous ne discuterons avec aucun centre international de la manière de mettre de l'ordre dans leur vie », a déclaré le chef de l'État azerbaïdjanais.
On peut affirmer sans risque de se tromper qu'avec son discours à Aghdam, le président de l'Azerbaïdjan a déjoué le plan des forces qui tentent de changer le cours des discussions dans le cadre de l'agenda de paix de Bruxelles.
Dans son entretien avec des journalistes azerbaïdjanais après la réunion quadrilatérale de Prague, le chef d'État a une nouvelle fois évoqué la question du sort des Arméniens du Karabakh.
« La communauté mondiale tout entière est déjà ouvertement consciente que le Karabakh est l'Azerbaïdjan ! Nous l'avons dit à chaque fois - pendant la récente occupation, pendant et après la guerre. Aujourd'hui, la communauté internationale est non seulement consciente de cette vérité, mais elle en parle aussi. Les Arméniens vivant au Karabakh sont nos citoyens, et nous n'allons pas discuter de leur sort, de leur avenir avec quelque pays que ce soit, y compris l'Arménie. C'est notre affaire intérieure », a martelé le président de l'Azerbaïdjan.
M. Aliyev a réitéré que les Arméniens vivant au Karabakh auraient les mêmes droits que les citoyens d'Azerbaïdjan, et d'ajouter : « En tout cas, ils peuvent être sûrs que leur vie, une vie intégrée dans la société azerbaïdjanaise, sera bien meilleure que la vie actuelle ».
Ainsi, le plan de certaines forces d'inclure la question des Arméniens vivant au Karabakh dans les discussions du format de Bruxelles ne s'est pas concrétisé.
L'Azerbaïdjan montre aux forces désireuses d'interférer dans le processus de paix que le véritable programme de paix est discuté lors des réunions trilatérales initiées par Charles Michel.
Les propos tenus par le président Ilham Aliyev après la réunion de Prague prouvent que les réunions organisées à Bruxelles à l'initiative de M. Michel revêtent une grande importance sur le chemin de la paix.
« J'espère que nous nous rapprochons progressivement de la paix, et j'apprécie beaucoup le travail de Charles Michel dans ce domaine, comme vous le savez, des réunions trilatérales ont eu lieu à Bruxelles à plusieurs reprises et chaque fois nous nous rapprochons de la paix », a évoqué le chef de l'État azerbaïdjanais.
Le fait que la déclaration conjointe adoptée à Prague à l'issue de la rencontre du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev avec le président français Emmanuel Macron, le président du Conseil européen Charles Michel et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian contienne un paragraphe sur la reconnaissance de l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan par l'Arménie est le résultat logique de la volonté politique du président Ilham Aliyev et des réunions tenues à Bruxelles à l'initiative de M. Michel.
La déclaration souligne : « L'Arménie et l'Azerbaïdjan, démontrant une fois de plus leur engagement envers la Charte des Nations unies et la Déclaration d'Almaty de 1991, reconnaissent mutuellement leur intégrité territoriale et leur souveraineté. Les parties ont déclaré qu'il s'agit de la base de la commission chargée de délimitation des frontières entre les deux pays et que la prochaine réunion de la commission doit avoir lieu à Bruxelles à la fin du mois d'octobre. L'Arménie a accepté d'envoyer une mission civile de l'UE à la frontière avec l'Azerbaïdjan. L'Azerbaïdjan a également accepté de coopérer avec la mission. La mission commencera son travail en octobre et sera terminée dans les deux mois. »
L'Arménie reconnaît ainsi, sur la base de la Charte des Nations unies, que le Karabakh fait partie intégrante de l'Azerbaïdjan.
Un autre point notable est l'accord selon lequel la mission conjointe de surveillance des frontières établie à l'initiative de l'UE et de la France opérera en Arménie. L'Azerbaïdjan coopérera avec la mission conformément à ses intérêts, la mission frontalière soutiendra le renforcement de la confiance et la délimitation des frontière. Le fait que cette mission frontalière opérera à l'intérieur de l'Arménie est une preuve supplémentaire que le résultat de la réunion est dans l'intérêt de l'Azerbaïdjan. Bien que l'Arménie ait pensé que la position pro-arménienne de la France influencerait la réunion de Prague, la fermeté et l'approche de principe du président Ilham Aliyev au cours de la réunion, qui a duré plus de cinq heures, ont empêché toute tentative d'exercer une quelconque forme de pression sur l'Azerbaïdjan et déjoué les plans de pression d'Erevan et de Paris sur Bakou. Les intérêts de l'Azerbaïdjan ont ainsi été dignement défendus par le président Ilham Aliyev. L'Azerbaïdjan tient à sa souveraineté, tandis que l'Arménie est un pays qui recule sous la pression des puissances internationales.
Vers la paix dans le Caucase du Sud et les derniers obstacles à la paix en Arménie
Pour couronner le tout, le Premier ministre Nikol Pachinian a usé d'un nouveau stratagème contre la Russie en acceptant de faire fonctionner une mission frontalière sur le territoire arménien. Moscou a exprimé à plusieurs reprises son opposition à toute mission étrangère dans la région. La tentative de M. Pachinian de s'appuyer sur la France pour obtenir des résultats diplomatiques à Prague devrait placer Erevan devant de nouveaux dilemmes.
L'Erevan officiel doit comprendre que les tentatives d'impliquer un acteur mondial dans ces processus ne lui apporteront rien de bon, mais qu'elles mettront plutôt ses parrains face à face. Le format de Bruxelles est la plateforme de discussion idéale pour l'Azerbaïdjan et l'Arménie, et ces réunions peuvent aboutir à des résultats positifs pour les deux parties.
Il est clair qu'en raison de la fermeté et de l'approche de principe du président Ilham Aliyev, toute réunion bilatérale, trilatérale ou quadrilatérale ne provoque aucun changement dans la position officielle de Bakou. Bakou parviendra à la fois à la signature d'un traité de paix et à l'établissement d'une paix durable dans le Caucase du Sud. Les autorités arméniens en sont de plus en plus convaincus après chaque rencontre avec le président Ilham Aliyev dans différents formats.
Au cours de ces entretiens, le chef d'État azerbaïdjanais a déclaré que Bakou et Erevan se rapprochent progressivement de la paix et que, si l'Arménie fait preuve de bonne volonté, un traité de paix pourrait être signé avant la fin de l'année. Il semble que l'Arménie, avec ses dernières tentatives d'obstruction à la paix qui s'approche, souhaite obtenir une sorte d'avantage dans les processus en cours. Mais le temps joue contre l'Arménie. Par conséquent, afin de signer un traité de paix dans les meilleurs délais, Erevan doit honorer ses engagements en cessant d'aggraver la situation dans la région.