Paris / La Gazette
Le mécontentement s'est accru parmi les membres des groupes armés arméniens illégaux présents sur le territoire de l'Azerbaïdjan relevant de la zone de responsabilité des soldats russes de maintien de la paix, qui y sont stationnés temporairement.
Les volontaires locaux, qui restent depuis des jours dans les postes militaires en raison d'un manque de personnel, expriment leur frustration de ne pas voir leur famille pendant de longues périodes.
Selon des sources dans le village azerbaïdjanais Khankendi (« village du khan »), afin de prévenir ce mécontentement et de remplacer les personnes actuellement malades, le régime séparatiste oblige les adolescents et les vieillards à porter l'uniforme et à se tenir aux postes.
Ceux qui ne veulent pas obéir à cette instruction sont persécutés et insultés.
Selon les mêmes sources, le nombre de malades a augmenté parmi les groupes armés illégaux en raison des conditions déplorables aux points de contrôle en direction d'Askeran et dans les abris de ces groupes.
La Russie accuse l'Azerbaïdjan d'avoir violé le cessez-le-feu, Bakou dément
Le ministère russe de la Défense a dénoncé samedi 26 mars une incursion des forces de l'Azerbaïdjan dans une zone placée sous la responsabilité des forces russes, dans la région du Karabagh. Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a rejeté cette accusation.
Les incidents entre forces armées arméniennes et azerbaïdjanaises sont fréquents, mais c'est la première fois depuis la fin du conflit en novembre 2020 que Moscou accuse l'une des parties de violer la trêve dont Vladimir Poutine est le garant.
« Entre le 24 et 25 mars, les forces armées de l'Azerbaïdjan ont violé l'accord trilatéral des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie (...), entrant dans la zone sous responsabilité du contingent russe de maintien de la paix au Nagorny-Karabakh », a dénoncé le ministère russe de la Défense dans un communiqué.
À Bakou, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a « regretté » la déclaration russe « qui ne reflète pas la vérité et n'adopte qu'un seul point de vue ».
Il a assuré que « l'Azerbaïdjan n'a violé aucune clause » de l'accord de cessez-le-feu et aussi « demandé au ministère russe de la Défense d'assurer le retrait complet des troupes arméniennes et les unités armées illégales de ce territoire internationalement reconnu comme appartenant à l'Azerbaïdjan ».
La région montagneuse du Karabagh a fait sécession de l'Azerbaïdjan à la chute de l'URSS, entraînant une première guerre dans les années 1990 qui a causé la mort de 30.000 personnes et fait des centaines de milliers de réfugiés.
Un nouveau conflit a éclaté à l'automne 2020, faisant 6.500 morts en six semaines. Il s'est soldé par la victoire des forces azerbaïdjanaises qui, après une offensive de 44 jours, ont récupéré plusieurs districts perdus dans les années 1990. Les hostilités ont pris fin le 10 novembre sous l’égide de la Russie qui avait parrainé l’accord de cessez-le-feu signé entre les deux parties.
Ainsi, un cessez-le-feu complet et une cessation de toutes les hostilités dans la zone du conflit du Karabagh ont été instaurés le 10 novembre 2020.
Le cessez-le-feu signé sous l'égide de Vladimir Poutine, ayant mis fin à la guerre dans le Haut-Karabakh en novembre 2020, a mené au déploiement de soldats de la paix russes dans ce territoire. Depuis, Erevan et Bakou ne parviennent pas à s'accorder sur un traité de paix, l'Azerbaïdjan exigeant un contrôle total sur le Haut-Karabagh.