EN CHEMIN VERS "NOVROUZ": LA FETE DU "MARDI DU VENT"

Actualités
9 Mars 2026 23:04
32
EN CHEMIN VERS "NOVROUZ": LA FETE DU "MARDI DU VENT"

La fête de Novruz approche et, en Azerbaïdjan, les célébrations traditionnelles se poursuivent avec le troisième mardi rituel précédant la fête. Le 11 mars, le pays marque Yel Çərşənbəsi, ou "Mardi du vent, l’une des quatre étapes symboliques annonçant l’arrivée du printemps.

Un symbole de renouveau

Le Novruz, qui célèbre la fin de l’hiver et l’avènement du printemps, compte parmi les fêtes les plus populaires en Azerbaïdjan. Porteur d’un message d’égalité et de fraternité, il est considéré comme une renaissance symbolique de la nature.

Les origines de cette fête remontent à l’Antiquité. Elle est souvent associée au Zoroastrisme, l’une des plus anciennes religions monothéistes. Des recherches scientifiques relient également le Novruz à l’époque du prophète Zardush (Zoroastre), il y a environ 3 500 à 5 000 ans.

Une autre théorie fait remonter cette tradition à l’ancienne Mésopotamie. Dans l’antique Babylone, la fête était célébrée durant le mois de Nisan (mars-avril) et s’étendait sur douze jours, chacun marqué par des rituels et des spectacles.

Quatre mardis pour les éléments de la nature

Les célébrations du Novruz commencent un mois avant la date officielle. Elles sont liées aux quatre éléments fondamentaux de la nature : l’eau, le feu, la terre et le vent.

Dieu aurait créé l’homme à partir de la terre et de l’eau, lui aurait donné la chaleur, puis aurait ordonné au vent de le réveiller.

Les quatre mardis précédant Novruz sont ainsi considérés comme sacrés :

  • Su Çərşənbəsi – le mardi de l’eau

  • Odlu Çərşənbə – le mardi du feu

  • Hava (Yel) Çərşənbəsi – le mardi du vent

  • Akhir ou Torpaq Çərşənbəsi – le mardi de la terre, également appelé le dernier mardi

Dans la croyance populaire, l’eau purifie et met en mouvement, tandis que le feu, la terre et le vent réveillent la nature. Les arbres commencent alors à fleurir, annonçant le printemps.

Le "mardi du vent

Le troisième mardi, dédié au vent, est souvent appelé par le peuple « Külək oyadan çərşənbə » (« le mardi où le vent réveille ») ou « Küləkli çərşənbə » (« le mardi venteux »).

Ce jour-là, on chante notamment la chanson traditionnelle « Yel baba » (« Père du vent »), héritée des croyances anciennes liées au dieu du vent.

Selon la tradition, les vents se réveillent et parcourent le monde, ravivant l’eau et attisant le feu - signes que le printemps est proche. Des cérémonies appelées « Yel baba », liées aux traditions agricoles, sont également organisées.

Les quatre vents mythiques

La légende raconte que quatre vents soufflant régulièrement mais dormant sous terre se réunissent ce mardi-là avant de remonter à la surface pour mettre en mouvement la terre, l’eau et le feu. Il s’agit de :

  • Khazri, un vent froid venant du nord

  • Gilavar, un vent doux du sud

  • Agh Yel (« vent blanc »), un vent chaud et sec d’été

  • Gara Yel (« vent noir »), lui aussi chaud et sec

Dans la mythologie, chacun apparaît vêtu d’une couleur différente : Agh Yel en blanc, Gara Yel en noir, Khazri en bleu et Gilavar en rouge.

Rituels et croyances populaires

Une coutume veut que ceux qui souhaitent savoir si leur vœu se réalisera se placent sous un saule et appellent « Yel baba ». Si le vent se lève et que les branches touchent le sol, le souhait est censé se réaliser.

Ce jour-là, on prépare traditionnellement un pilaf au lait. Selon une croyance ancienne, il est également recommandé de libérer lesoiseaux et les animaux des cages.

Mots clés: