Des organisations non gouvernementales (ONG) azerbaïdjanaises ont adressé une lettre ouverte au président iranien, Massoud Pezeshkian, l’exhortant à prendre des mesures concrètes pour garantir aux Azerbaïdjanais vivant en Iran le droit de recevoir un enseignement dans leur langue maternelle.
Dans leur lettre, les représentants de la société civile de la République d’Azerbaïdjan commencent par exprimer leur profond respect au chef de l’État iranien.
Ils saluent notamment sa visite à Khankendi, ville présentée comme libérée de l’occupation, ainsi qu’à Choucha, une ville chère à chaque Azerbaïdjanais. Ils soulignent également sa bonne volonté à l’égard de l’Azerbaïdjan, l’importance qu’il accorde aux relations de bon voisinage entre les deux pays et ses rapports avec le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, qu’ils décrivent comme fondés sur le respect mutuel, la confiance et la sincérité.
Les ONG rappellent par ailleurs que Massoud Pezeshkian, qui exerce la profession de médecin, a opéré des dizaines de patients azerbaïdjanais et leur a témoigné une attention et une sollicitude particulières.
« Votre volonté de servir les populations, ainsi que votre engagement citoyen en tant que personnalité publique, ont encore renforcé la sympathie du peuple azerbaïdjanais à votre égard », soulignent les signataires.
La lettre met également en avant l’attachement du président iranien à la langue azérie, aux valeurs nationales et spirituelles ainsi qu’au riche patrimoine littéraire du peuple azerbaïdjanais.
Les auteurs estiment particulièrement précieux le fait que Massoud Pezeshkian récite des poèmes dans sa langue maternelle lors de ses interventions publiques, fasse référence aux proverbes azéris, s’exprime dans cette langue avec les membres de sa famille et affiche avec fierté son attachement à celle-ci.
« Tout cela témoigne du fait que, pour vous, la langue azérie n’est pas simplement un moyen de communication, mais une composante indissociable de l’identité spirituelle, de la mémoire historique et de l’appartenance nationale », peut-on lire dans le document.
Les organisations signataires disent ainsi espérer que le président iranien, conscient du rôle fondamental de la langue maternelle dans la vie de chaque individu, accordera une attention particulière à l’aspiration de millions d’Azerbaïdjanais vivant en Iran à accéder à l’éducation dans leur propre langue.
Elles estiment que le moment est venu d’engager des démarches historiques afin de garantir cette possibilité à une communauté qui a toujours joué un rôle important dans la vie sociopolitique, économique et culturelle de l’Iran, ainsi que dans d’autres domaines.
Selon les ONG, permettre à des millions de personnes, héritières de ce patrimoine historique, de préserver leur langue maternelle, de la développer et de la transmettre aux générations futures relève à la fois de la responsabilité morale et de la justice historique.
Les signataires demandent donc à Massoud Pezeshkian de prendre personnellement l’initiative de mesures concrètes et résolues visant à garantir aux Azerbaïdjanais d’Iran l’accès à l’enseignement dans leur langue maternelle, conformément aux dispositions de la Constitution iranienne.
Pour atteindre cet objectif, ils préconisent la mise en place d’un enseignement systématique de la langue azérie dans les écoles, la création d’établissements secondaires et d’enseignement supérieur dispensant leurs cours dans cette langue, la formation d’enseignants qualifiés, l’élaboration de manuels et de programmes pédagogiques, ainsi que la mise en place des mécanismes juridiques et institutionnels nécessaires.
« Nous sommes convaincus qu’une telle initiative permettrait non seulement de concrétiser une aspiration de longue date de millions de personnes, mais constituerait également un exemple éloquent de reconnaissance de la diversité culturelle de l’Iran et de son attachement à la justice et à l’égalité », affirment les auteurs de la lettre.
Ils ajoutent que la possibilité d’étudier dans sa langue maternelle représente une marque de respect envers le passé d’un peuple, une reconnaissance de la valeur de son présent et une contribution essentielle à son avenir.
Les ONG azerbaïdjanaises se disent convaincues que des avancées historiques dans ce domaine, réalisées sous la présidence de Massoud Pezeshkian, laisseraient une empreinte durable dans la mémoire de millions d’Azerbaïdjanais, qui s’en souviendraient avec gratitude.
Les représentants de la société civile azerbaïdjanaise se déclarent également prêts à apporter, dans la mesure de leurs moyens, un soutien global à cette initiative, notamment en faveur du développement de l’enseignement dans la langue maternelle et du renforcement de la coopération scientifique, pédagogique et culturelle.
Enfin, les signataires évoquent avec émotion les vers immortels consacrés à la langue maternelle par le grand poète azéri d’Iran, Mohammad Hossein Shahriar, que le président iranien mentionne lui aussi, selon eux, avec une profonde affection et un grand respect.
« Nous sommes convaincus qu’en tant que président profondément attaché à sa langue maternelle, vous apporterez une contribution digne de ce nom à la réalisation de cette mission historique », conclut la lettre.