L’Égypte a sécurisé des sources d’approvisionnement énergétique alternatives afin de répondre à ses besoins après qu’une attaque de drones a endommagé des navires gaziers dans le port de Damiette, a déclaré jeudi le Premier ministre Mostafa Madbouly.
L’attaque, survenue mercredi, a provoqué un incendie qui s’est propagé entre deux navires gaziers dans ce port méditerranéen. Les autorités égyptiennes ont ensuite confirmé qu’un drone était à l’origine du sinistre. Aucun groupe n’a revendiqué l’attaque et une enquête est toujours en cours.
M. Madbouly a indiqué que le gouvernement avait déjà mis en place des solutions de remplacement afin de garantir la continuité de l’approvisionnement énergétique malgré les dégâts.
Le ministre égyptien du Pétrole, Karim Badawy, a déclaré que quatre unités flottantes de stockage et de regazéification étaient disponibles, ainsi qu’un navire supplémentaire au port d’Aqaba, en Jordanie, pouvant également répondre aux besoins de l’Égypte.
Le ministre de l’Électricité, Mahmoud Esmat, a précisé que la demande d’électricité avait atteint entre 37 et 39 gigawatts au cours des quinze derniers jours, tandis que les centrales électriques et les réserves stratégiques disposaient de plus de 425 000 tonnes métriques de fioul.
Cette attaque intervient alors que le rôle de l’Égypte dans le réseau régional de l’énergie et du transport maritime est devenu de plus en plus important.
Le canal de Suez et l’oléoduc SUMED sont devenus des itinéraires alternatifs essentiels pour les exportations de pétrole du Golfe vers les marchés mondiaux, dans un contexte de risques sécuritaires accrus autour du détroit d’Ormuz et du détroit de Bab el-Mandeb.
La récente attaque près de Damiette ravive les inquiétudes concernant la sécurité des infrastructures énergétiques et des voies maritimes autour de l’Égypte, même si le canal de Suez n’a pas été directement visé.
L’incident de Damiette ajoute un nouveau facteur d’incertitude à un marché régional de l’énergie déjà perturbé par les attaques et les détournements de trafic maritime.
Selon les analystes, les itinéraires alternatifs passant par l’Égypte peuvent contribuer à maintenir les flux d’approvisionnement énergétique, mais ils sont généralement plus coûteux et plus lents que les routes directes, ce qui accroît la pression sur les compagnies énergétiques ainsi que sur les opérateurs mondiaux du transport maritime.
Les autorités égyptiennes n’ont pas encore identifié les responsables de l’attaque de Damiette. Les investigations se poursuivent.
Par Aysel Mammadzada