AINSI, L’AZERBAÏDJAN EST DEVENU IMPORTANT POUR L’ALLEMAGNE ?

Analyses
19 Septembre 2026 18:15
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AINSI, L’AZERBAÏDJAN EST DEVENU IMPORTANT POUR L’ALLEMAGNE ?

Le magazine allemand d’information et de politique « Focus.de » a publié un article consacré à l’importance de l’Azerbaïdjan pour assurer la sécurité énergétique de l’Allemagne. L’article souligne que les réserves de gaz dans les stockages allemands se trouvent à leur niveau le plus bas depuis plusieurs années, tandis que les prix du gaz augmentent. L’Allemagne a donc besoin de nouvelles voies d’approvisionnement, et l’Azerbaïdjan pourrait jouer un rôle clé à cet égard.

« 55,2 %. Tel était le niveau de remplissage des stockages de gaz allemands à la mi-septembre. Les réservoirs souterrains contiennent environ 136,6 térawattheures de gaz. À la même période l’an dernier, les stockages étaient remplis à environ 74 %. L’Allemagne aborde donc la saison de chauffage avec des réserves de gaz nettement plus faibles - et avec des prix du gaz qui recommencent actuellement à augmenter fortement », indique l’article.

Comme le souligne l’article, cette situation soulève à nouveau une question à laquelle l’Allemagne pensait avoir trouvé une réponse après la crise énergétique de 2022 : d’où viendra une quantité suffisante de gaz lorsqu’il commencera à manquer ? La réponse se trouve désormais entre la mer Noire et la mer Caspienne.

Depuis le début de l’année 2026, le gaz azerbaïdjanais arrive pour la première fois en Allemagne. La compagnie énergétique publique SOCAR l’achemine via le corridor gazier méridional, la Turquie, le gazoduc transadriatique (TAP) et l’Italie. L’entreprise énergétique allemande SEFE a conclu avec SOCAR un contrat de dix ans portant sur la fourniture de jusqu’à 1,5 milliard de mètres cubes de gaz par an.

L’auteur souligne que Bakou a récemment exporté environ 12,8 milliards de mètres cubes de gaz vers l’Europe et fournit désormais du gaz à 16 pays européens. L’Union européenne entend continuer à développer le corridor gazier méridional. Le mémorandum énergétique conclu avec l’Azerbaïdjan prévoit un volume minimal d’approvisionnement de 20 milliards de mètres cubes par an.

Cela modifie le paysage de l’approvisionnement énergétique de l’Europe. À l’est, celui-ci ne s’arrête plus à la frontière russe. L’Azerbaïdjan ouvre une voie vers la mer Caspienne et, au-delà, vers l’Asie centrale. L’Azerbaïdjan constitue la porte occidentale de la mer Caspienne. Le corridor médian passe également par son territoire ; il relie l’Asie centrale à l’Europe en contournant la Russie et l’Iran. Bruxelles a reconnu cette importance.

« En juillet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié cette région de maillon important entre l’Europe, la région de la Caspienne et l’Asie centrale. L’UE prévoit d’allouer jusqu’à 200 millions d’euros à des projets de transport, d’énergie et de numérique dans le Caucase du Sud, mobilisant ainsi des investissements pouvant atteindre 2 milliards d’euros », précise l’article.

« Focus.de » rappelle ensuite que Berlin développe également ses relations. En juillet, le chancelier Friedrich Merz a rencontré le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et a qualifié le Caucase du Sud de « région géopolitique ». L’Allemagne et l’UE sont « pleinement intéressées » à assurer la paix et la stabilité dans cette région.

L’intérêt de l’Allemagne peut désormais être mesuré assez simplement en mètres cubes, en gazoducs et en voies commerciales, mais aussi en niveaux de remplissage suffisamment élevés des stockages. Dans des conditions normales, cette responsabilité incombe aux entreprises, aux détaillants et aux fournisseurs. Le ministère de l’Économie s’appuie clairement sur ce mécanisme de marché. À la fin du mois d’août, un représentant du ministère déclarait : « Le marché a également assumé cette tâche. »

Néanmoins, souligne le média allemand, l’Allemagne se trouve aujourd’hui dans une situation nettement meilleure qu’en 2022. L’année dernière, elle a importé 1 031 TWh de gaz. 44 % provenaient de Norvège, 24 % des Pays-Bas et 21 % de Belgique. Par ailleurs, 106 TWh ont été injectés dans le réseau via les terminaux allemands de GNL.

Cependant, les statistiques donnent une impression de diversification plus importante qu’elle ne l’est réellement. Les Pays-Bas et la Belgique ne sont que des plateformes commerciales et des hubs de GNL. Parmi le GNL livré directement en Allemagne en 2025, environ 96 % provenait directement ou indirectement des États-Unis. Sans le GNL américain, l’Allemagne n’aurait probablement pas pu remplacer aussi rapidement le gaz russe acheminé par gazoduc. Mais remplacer Gazprom par les États-Unis ne signifie pas pour autant une diversification. C’est précisément pour cette raison que l’Azerbaïdjan devient important.

Des options nationales existent également. L’Allemagne continuera à produire environ 34 TWh de gaz naturel en 2025. Le biométhane peut lui aussi être injecté dans les réseaux existants et stocké.

Cela dessine un nouveau paysage gazier pour l’Allemagne : la Norvège reste un pilier essentiel. Le GNL américain demeure indispensable. L’Algérie fournit des volumes supplémentaires. L’Azerbaïdjan ouvre le corridor gazier méridional et, à long terme, offre un accès à la région de la Caspienne et à l’Asie centrale, souligne la publication.