L’agence AZERTAC a publié le texte intégral de cette lettre, dans laquelle les représentants de la société civile azerbaïdjanaise expriment leur vive inquiétude face à ce qu’ils qualifient de tentative systématique de construction d’un narratif anti-azerbaïdjanais en Suisse.
Dans leur message, les ONG affirment que certaines initiatives promues au Parlement suisse sous l’intitulé d’un prétendu « Forum pour la paix » serviraient en réalité à alimenter des sentiments revanchistes en Arménie et à porter atteinte au processus de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Selon les signataires, une « campagne de diffamation fondée sur la haine de l’Azerbaïdjan » compromettrait les efforts visant à instaurer la paix et la confiance dans la région, tout en ravivant, selon eux, des discours séparatistes.
La lettre dénonce également ce qu’elle décrit comme des activités provocatrices à l’encontre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan, ainsi que l’usage, en Suisse, d’une rhétorique et d’une terminologie « appartenant au passé ». Les ONG se disent particulièrement perplexes face aux déclarations récentes de certains parlementaires suisses affirmant que la question du Karabakh ne serait pas « close ». Elles mentionnent notamment des rencontres à Erevan impliquant Erich Vontobel et d’autres personnalités, dans des bureaux liés à des milieux qualifiés de revanchards.
Le texte pointe en outre les activités de l’organisation Christian Solidarity International, dont le siège se trouve en Suisse. Celle-ci est accusée de présenter la question du Karabakh sous un angle religieux et de diffuser des informations diffamatoires à l’encontre de l’Azerbaïdjan.
Les ONG rappellent avoir déjà attiré l’attention de l’ambassadeur sur ces initiatives. Elles estiment que de telles démarches - notamment lorsqu’elles sont proposées ou adoptées par le Parlement d’un pays se déclarant attaché au droit international, ou soutenues par des institutions religieuses faisant partie de la société suisse, ou encore organisées sur le territoire suisse - contreviennent aux principes d’objectivité et de neutralité et constituent, selon elles, un exemple de « double standard ».
Enfin, les signataires jugent inacceptable, « au XXIe siècle, au cœur de l’Europe », d’aborder ces questions à travers le prisme de préjugés ethniques ou religieux. Ils condamnent fermement ce qu’ils considèrent comme des ingérences inacceptables et estiment qu’elles portent atteinte au processus de normalisation des relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.