Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a souligné l’importance de la Turquie en tant qu’acteur indépendant en Eurasie et partenaire de la Russie dans plusieurs initiatives stratégiques, dans un entretien accordé aux médias turcs et publié le 29 janvier.
Selon Lavrov, à l’instar de toute grande puissance, la Turquie poursuit ses intérêts nationaux en s’appuyant sur la mémoire historique de son peuple et de l’Empire ottoman, selon le service de presse du ministère russe des Affaires étrangères.
« Nous le comprenons », a-t-il déclaré, ajoutant que la Russie participe elle aussi à la préservation de la mémoire historique des peuples turciques, qu’elle met à profit pour renforcer les relations de bon voisinage.
Le chef de la diplomatie russe a également évoqué la coopération en cours dans le Caucase du Sud, en particulier dans le cadre du format « 3+3 », qui réunit l’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Géorgie, ainsi que trois États voisins : la Russie, la Türkiye et l’Iran.
« Deux réunions ministérielles ont déjà eu lieu. Une troisième est en préparation. Nos voisins géorgiens se sont jusqu’à présent abstenus d’y participer, mais nous rappelons constamment que la porte leur reste ouverte. Mon collègue Hakan Fidan soutient activement la tenue de cette troisième session ministérielle. Le lieu n’a pas encore été arrêté et nous espérons qu’une clarification interviendra prochainement », a précisé Lavrov.
Le ministre a par ailleurs mis en avant la coopération matérielle dans des secteurs tels que l’énergie nucléaire et les hydrocarbures, citant notamment les gazoducs Turkish Stream et Southern Stream.
Il a indiqué que le Turkish Stream, tout comme les infrastructures du Consortium du pipeline de la Caspienne, avait été à plusieurs reprises la cible de provocations ukrainiennes, lesquelles ont été déjouées avec succès. Selon lui, la coopération énergétique offre de solides perspectives, au même titre que les échanges commerciaux, saluant au passage la qualité des produits agricoles turcs.
La plateforme « 3+3 », proposée par la Turquie en 2020 avec le soutien de la Russie, vise à promouvoir la coopération régionale en réunissant l’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Géorgie avec la Russie, la Turquie et l’Iran. Elle ambitionne de renforcer le dialogue sur les transports, le commerce, l’énergie et la sécurité, tout en abordant les défis régionaux sans ingérence extérieure.