Selon Report, citant le BIG, l’étude Who Are the Guilty?, élaborée conjointement par deux organisations indiennes de défense des droits humains — l’Union populaire pour les libertés civiles (PUCL) et l’Union populaire pour les droits démocratiques (PUDR) — constitue une enquête indépendante fondée sur l’établissement des faits.
Le document examine les événements survenus le 31 octobre 1984 à Delhi et dans ses environs, marqués par des violences de masse visant les Sikhs. L’enquête s’appuie sur des entretiens avec des survivants, des témoins, des réfugiés, des policiers et des responsables politiques. Sa conclusion principale est que les violences ont été planifiées à l’avance et organisées avec l’implication des autorités gouvernementales.
Le pic des exactions a été enregistré du 1er au 3 novembre 1984. D’après des témoignages oculaires, plus de 1 000 personnes auraient été tuées à Delhi seulement. Dans les quartiers de Trilokpuri et de Mangolpuri, des centaines de meurtres ont été recensés. Pillages à grande échelle, incendies de maisons, de commerces et d’écoles, ainsi que des viols de femmes illustrent l’ampleur de la tragédie. Selon diverses estimations, plus de 50 000 personnes se sont retrouvées sans abri, des milliers de familles ont perdu leur principal soutien, et des centaines d’enfants sont devenus orphelins.
Le rapport souligne le caractère systémique de ces événements et la responsabilité des institutions de l’État, appelant à une enquête judiciaire indépendante et à la poursuite des responsables. Malgré la mise en place des commissions Mishra (1985) et Nanavati (2005), de hauts fonctionnaires et des responsables politiques n’ont, à ce jour, pas été tenus pour responsables de ces crimes sanglants contre les sikhs.
Des organisations internationales de défense des droits humains ont qualifié les actions du gouvernement indien de « massacre organisé à l’échelle de l’État » (organized carnage), et le rapport demeure l’un des documents de référence sur la question.
Le mois dernier, à l’initiative du BIG, une conférence internationale s’est tenue à Bakou. À l’issue de celle-ci, des représentants de communautés sikhes de différents pays ont appelé le gouvernement indien à mettre fin aux persécutions et à reconnaître les massacres commis.