Parmi elles, la marque azerbaïdjanaise Anara Zakirli a suscité un vif intérêt. Fondée en 2018, la maison s’est donné pour ambition de transposer les ornements traditionnels des tapis d’Azerbaïdjan dans le langage de la mode contemporaine. Une démarche qui vise à faire connaître, bien au-delà des frontières nationales, la richesse symbolique et esthétique d’un patrimoine textile pluriséculaire.
Les collections présentées à Paris reposent sur des étoffes conçues spécialement pour la marque, où les motifs nationaux se mêlent aux couleurs éclatantes et nuancées du « pays du feu ». Ces tissus transforment les vêtements en objets à la fois esthétiques et porteurs de sens, où la création vestimentaire devient vecteur de mémoire culturelle.
Depuis ses débuts, la directrice artistique Anara Zakirli a donné naissance à plusieurs collections emblématiques, telles que « Dragon », « Qoca », « Zarafshan », « Tabriz » ou encore « Flowers in the Garden ». Son fil conducteur : créer une harmonie entre Orient et Occident, en inscrivant la culture azerbaïdjanaise au cœur de la mode internationale. Les créations s’inspirent notamment des tapis de Choucha, berceau culturel du pays, des motifs Afshan symbolisant les rayons dorés du soleil, des tapis floraux du Karabagh ou encore des tapis caucasiens ornés de dragons datant du XVIIᵉ siècle. Ces références historiques sont réinterprétées à travers une palette évoquant les quatre éléments — le feu, l’eau, l’air et la terre.
Chaque pièce raconte ainsi une histoire faite de mythes, de savoir-faire ancestral et d’imaginaire créatif. Plus qu’une simple proposition stylistique, la marque se présente comme une expression contemporaine du patrimoine culturel. Une approche qui lui a valu, au cours des six dernières années, une reconnaissance croissante sur de nombreuses scènes internationales.
L’accueil réservé au défilé parisien confirme cette dynamique. Les amateurs de mode présents au musée Guimet ont salué la capacité de la marque à conjuguer haute technicité artisanale et modernité. Fidèle à l’esprit de l’« Oriental Fashion Show », organisé dans certains des lieux les plus emblématiques de la capitale française, l’événement a rappelé que la mode peut aussi être un langage universel, capable de tisser des liens entre les cultures et de faire dialoguer héritage et création contemporaine.