L'AZERBAÏDJAN ESPÈRE QUE L'ANNÉE 2023 APPORTERA DES PROGRÈS DANS SES RELATIONS AVEC L'ARMÉNIE

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28 Février 2023 22:21
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L'AZERBAÏDJAN ESPÈRE QUE L'ANNÉE 2023 APPORTERA DES PROGRÈS DANS SES RELATIONS AVEC L'ARMÉNIE

Les relations entre les anciennes républiques soviétiques d'Arménie et d'Azerbaïdjan sont tendues depuis 1991, date à laquelle l'armée arménienne a illégalement occupé la région du Karabakh, un territoire internationalement reconnu comme faisant partie de l'Azerbaïdjan, et sept districts adjacents. Des affrontements ont éclaté le 27 septembre 2020, l'armée arménienne attaquant des civils et les forces azerbaïdjanaises, violant plusieurs accords de cessez-le-feu humanitaire. Au cours du conflit de 44 jours, l'Azerbaïdjan a libéré plusieurs villes et environ 300 localités et villages que l'Arménie occupait depuis près de 30 ans. Les combats se sont terminés par un accord négocié par la Russie le 10 novembre 2020, qui a été considéré comme une victoire pour l'Azerbaïdjan et une défaite pour l'Arménie. Cependant, le cessez-le-feu a été violé à plusieurs reprises depuis lors.

Le Président Aliyev a remercié la Russie pour avoir activement résolu les problèmes entre Bakou et Erevan. « La Russie, en tant qu'ami, allié et voisin, joue un rôle particulier dans la régulation des relations interétatiques entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. L'année dernière, un effort substantiel a été fait dans ce sens, et des documents définissant la nature conceptuelle du futur accord de paix, à savoir la reconnaissance mutuelle de l'intégrité territoriale et de la souveraineté des deux pays, ont été adoptés. Ceci a été confirmé par les documents adoptés à Prague et à Sotchi en octobre dernier. Ces documents ont jeté les bases qui peuvent être utilisées pour parvenir à un accord de paix. En tout cas, nous sommes déterminés à faire un travail positif et constructif avec la partie arménienne et notre ami et voisin, la Russie, pour tourner rapidement la page de cette hostilité et ramener la paix dans le Caucase du Sud », a martelé le Président azéri.

Pour sa part, M. Lavrov a déclaré que la sécurité régionale reste un sujet très pertinent dans les relations bilatérales et multilatérales de la Russie. « Nombre de nos collègues internationaux, y compris ceux qui sont éloignés de cette région, montrent un grand intérêt pour la création de conditions permettant de progresser dans la normalisation des relations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Comme le Président Poutine l'a dit à plusieurs reprises, nous saluons tous les efforts visant à stabiliser la situation et à créer les conditions permettant à tous les pays situés dans cette région d'avoir la possibilité de coopérer dans l'intérêt de leurs pays et de leurs peuples sur la base du respect mutuel et des avantages réciproques », a souligné le chef de la diplomatie russe.

Au début du mois, l'Arménie a présenté à l'Azerbaïdjan un traité de paix global visant à mettre fin à un conflit vieux de plusieurs décennies concernant la région du Karabakh. Les deux pays ont mené deux guerres pour contrôler l'enclave azerbaïdjanaise peuplée majoritairement d'Arméniens, qui ont fait des dizaines de milliers de victimes.

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé qu'Erevan avait franchi « une nouvelle étape dans l'élaboration d'un projet de traité de paix et l'établissement de relations (diplomatiques) » avec Bakou. « Le document doit être acceptable pour l'Azerbaïdjan (...) sa signature doit entraîner une paix durable », a affirmé M. Pachinian. En outre, un accord prévoirait des mécanismes de surveillance par les deux parties pour prévenir les violations de la paix. Des copies ont été envoyées aux membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), à savoir la Russie, les États-Unis et la France. Ces pays sont coprésidents du Groupe de Minsk mis en place par l'OSCE en 1992 pour rechercher une solution pacifique au conflit du Karabakh.

Bakou a engagé une procédure d'arbitrage contre Erevan en vertu du Traité sur la charte de l'énergie (TCE), un accord international axé sur la coopération transfrontalière, principalement dans le secteur des énergies fossiles, pour l'exploitation des ressources énergétiques de la région du Karabakh. « Dans une notification d'arbitrage signifiée à l'Arménie, l'Azerbaïdjan demande réparation et une compensation financière pour la violation par l'Arménie des droits souverains de l'Azerbaïdjan sur ses ressources énergétiques pendant l'occupation illégale par l'Arménie du territoire azerbaïdjanais pendant près de 30 ans, de 1991 à 2020 », indique un communiqué du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères lundi. Selon ce communiqué, l'Arménie a enfreint de multiples dispositions du TCE, ainsi que les principes fondamentaux du droit international, en refusant à l'Azerbaïdjan l'accès à ses ressources énergétiques dans la région, en exploitant les ressources énergétiques de l'Azerbaïdjan à son propre profit et en privant l'Azerbaïdjan de la poursuite du développement de ses ressources énergétiques.

Les initiatives de l'Arménie à cet égard comprennent l'exploitation des ressources et des installations hydroélectriques de la région du Karabakh, et la construction d'au moins 37 installations hydroélectriques supplémentaires non autorisées, ajoute le communiqué. Pour faciliter son exploitation illégale de l'énergie hydroélectrique de l'Azerbaïdjan, l'Arménie a mis en place un « système complet et unifié » de distribution d'électricité depuis les territoires anciennement occupés jusqu'à l'Arménie, a « réglementé depuis l'Arménie » le « volume quotidien de production d'électricité » et a accordé des 'licences' présumées à des sociétés d'énergie pour exploiter les installations existantes dans la région », a déclaré le ministère. Selon toujours le communiqué de la diplomatie azerbaïdjanaise, l'Arménie a également exploité les ressources en charbon de l'Azerbaïdjan en « construisant des infrastructures énergétiques supplémentaires sur le territoire de l'Azerbaïdjan » et a endommagé des installations existantes. « Cette procédure d'arbitrage vise à obtenir justice et réparation pour près de 30 ans d'exploitation illégale et d'expropriation des ressources énergétiques de l'Azerbaïdjan par l'Arménie, sur le territoire souverain internationalement reconnu de l'Azerbaïdjan », conclut le communiqué.

Le mois dernier, l'Azerbaïdjan a déposé une plainte similaire pour arbitrage interétatique en vertu de la Convention de Berne, visant à tenir l'Arménie pour responsable de la « destruction extensive » de l'environnement et de la biodiversité au Karabakh.