L’incident a eu lieu près du village de Songobia, situé à 29 km au sud-ouest de la ville de Bandiagara, alors que leur convoi de ravitaillement était en route vers leur base de Sévaré.
La MINUSMA - la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali - a été créée en 2013 pour aider à stabiliser un État meurtri par des groupes terroristes.
Des milliers de personnes sont mortes et des centaines de milliers ont fui leur foyer au cours de cette situation d'urgence.
L'année dernière, la France, alliée traditionnelle du Mali, a retiré ses troupes du pays à la suite d'un conflit avec la junte au pouvoir, qui a fait appel à des paramilitaires russes pour soutenir son armée assiégée.
Avec plus de 13 500 militaires et policiers, la MINUSMA est l'une des missions de maintien de la paix de l'ONU les plus importantes, mais aussi les plus meurtrières, en raison du nombre élevé de victimes, notamment des engins explosifs improvisés.
Au moins 281 soldats de la paix ont été tués au Mali depuis le début de la mission en 2013, ce qui en fait la mission de maintien de la paix de l'ONU la plus meurtrière au monde.
« Je condamne fermement cette attaque et présente mes condoléances les plus émues aux familles et frères d’armes des défunts casques bleus », a souligné le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Mali et chef de la MINUSMA, El-Ghassim Wane. L’incident intervenu ce jour est « une illustration tragique supplémentaire de la complexité de notre environnement opérationnel et des sacrifices consentis par la communauté internationale pour la paix au Mali », a-t-il ajouté.
La MINUSMA est l’une des opérations de paix les plus dangereuses pour les casques bleus. Depuis son déploiement au Mali en 2013, 168 soldats de la paix ont perdu la vie dans des actes hostiles.
Rappelant que les attaques visant les forces de maintien de la paix peuvent constituer des crimes de guerre au regard du droit international, le Représentant spécial a souligné la nécessité de tout mettre en œuvre pour identifier et traduire en justice les auteurs d’actes hostiles contre la MINUSMA. Il a renouvelé l’engagement de la MINUSMA, dans le cadre de son mandat, à continuer à œuvrer en faveur de la sécurité et de la stabilité au Mali en appui aux efforts des autorités maliennes et des autres acteurs concernés.
Droits de l'Homme au Mali : l’expert de l'ONU alerte sur le rétrécissement des libertés
De retour d'une visite de dix jours au Mali, Alioune Tine, l'expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l'Homme dans le pays, avait alerté, mardi 21 février, sur le rétrécissement des libertés fondamentales, déplorant un "climat lourd et malsain" lors de son séjour.
"Plusieurs défenseurs des droits humains, journalistes, autres professionnels des médias (...) ont évoqué des sujets tabous qu'ils n'osent plus aborder dans le cadre de leurs activités professionnelles, par peur de représailles des autorités maliennes de la transition et/ou de leurs sympathisants, notamment sur les réseaux sociaux", rapporte l'expert, citant en exemple "les allégations de violations ou atteintes aux droits humains attribuées aux forces de défense et de sécurité et leurs partenaires militaires russes".
Selon Alioune Tine, nombre de ces travailleurs se sentent désormais menacés au Mali, "considérés comme des 'apatrides' ou des 'ennemis de la nation' qui serviraient d’alliés aux grandes puissances étrangères hostiles aux autorités du Mali".
Sur le plan sécuritaire, l'expert des Nations unies affirme que les groupes extrémistes violents demeurent les "principaux auteurs présumés des violations des droits humains au Mali". La région des "trois frontières" (Mali, Burkina Faso, Niger) est toujours l'épicentre de l'insécurité, "bien que le reste du pays ne soit pas non plus épargné", souligne-t-il.
Ce phénomène se traduit notamment par l'augmentation du nombre de déplacés et de celui des fermetures d'écoles. Deux indicateurs qui auraient respectivement progressé de 3,90 % et de 7 % au cours des cinq derniers mois, selon l'expert.