Discours de Son Excellence Madame Leyla Abdullayeva l’occasion de la célébration de la Fête Nationale de la République d’Azerbaïdjan le 28 mai.
« Je suis très honorée de vous recevoir tous et toutes à l’occasion du jour de l’Indépendance de la République d’Azerbaïdjan. Première démocratie parlementaire du monde musulman, la République démocratique d’Azerbaïdjan a été fondée il y 108 ans, le 28 mai 1918. Malgré les graves défis internes et externes de cette époque troublée par l’effondrement des empires, la République démocratique d’Azerbaïdjan a réussi à mettre en place des institutions étatiques viables.
C’est ici, lors de la Conférence de la Paix de Paris, que l’indépendance de notre première République a été reconnue « de facto ». A cause de l’invasion bolchevique d’avril 1920, cette indépendance n’a duré que 23 mois. Mais durant cette courte période, beaucoup a été accompli matière d’instauration d’institutions démocratiques, y compris l’octroi du droit de vote aux femmes dès 1918, bien avant de nombreux pays occidentaux ».
« «La République d’Azerbaïdjan, successeur de la République démocratique d’Azerbaïdjan, a retrouvé son indépendance en 1991. l’Azerbaïdjan post-soviétique a connu des années tumultueuses et était au bord de la perte de son indépendance nouvellement restaurée. Le pays a subi une agression militaire et l’occupation d’un cinquième de ses territoires internationalement reconnus. Grâce à des réformes radicales et à une stratégie bien définie, l’Azerbaïdjan indépendant s’est transformé en un Etat moderne au développement économique dynamique. Grâce à ses efforts inlassables, la République d’Azerbaïdjan est passée du statut de participant actif à celui de promoteur inspirant d’un certain nombre d’initiatives dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et des transports et a accueilli plusieurs plateformes mondiales ».
« Mais revenons à l’Histoire. Sur le plan historique, je peux dire avec fierté que, depuis des temps immémoriaux, les caravanes de la Grande Route de la Soie traversaient invariablement l’Azerbaïdjan. Fort d’une Histoire et d’une culture ancestrales riches, l’Azerbaïdjan servait de « porte » entre les civilisations asiatique et européenne. Terre de tolérance, l’Azerbaïdjan a toujours été le berceau de différentes cultures et religions, ce qui reste le cas aujourd’hui. Le respect des autres cultures, le multiculturalisme et la coexistence pacifique découlent de l’Histoire du pays et sont profondément ancrés dans le coeur de tous les Azerbaïdjanais ».
« L’Azerbaïdjan œuvre pour la paix et le développement durable dans la région. La libération de nos terres et le rétablissement de la souveraineté sur l’ensemble de notre territoire ont créé de nouvelles réalités. Ayant vécu près de trente ans de conflit et subi les graves conséquences de la guerre, le peuple azerbaïdjanais comprend parfaitement la valeur de la paix et de la réconciliation.
Lors du sommet historique de Washington en août 2025, le texte de l’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan a été paraphé et une déclaration conjointe a été signée simultanément. Ainsi le conflit qui a duré trois décennies a pris fin, jetant les bases d’une ère de paix, de réconciliation et de partenariat mutuel pour les deux peuples.
Cette dynamique positive, ainsi que la confiance accrue dans la stabilité et la sécurité, permettent d’aller de l’avant et de consacrer davantage de temps et de ressources aux programmes de développement. Parallèlement, des mesures sont prises pour consolider la paix et la traduire en actions concrètes, et nos deux sociétés constatent déjà les bénéfices tangibles de la paix dans les domaines économique, commercial et autres. Aujourd’hui, des produits pétroliers azerbaïdjanais, des céréales et d’autres marchandises provenant de pays tiers sont exportées vers l’Arménie via l’Azerbaïdjan. Les mesures de confiance entre les deux pays jouent un rôle important dans l’instauration d’une paix durable. Outre les initiatives prises au niveau étatique, les rencontres régulières entre les représentants de la société civile contribuent positivement à ce processus ».
« De l’autre côté, une vaste reconstruction est en cours dans la région du Karabagh, afin de permettre le retour de 750.000 déplacés sur leurs terres natales. Le gouvernement a déjà fourni de nouveaux logements à plusieurs milliers de familles dans cette région prometteuse, et ce processus se poursuit toujours.
Sur le plan international, le rôle de l’Azerbaïdjan s’est considérablement renforcé. Dans cette période difficile que nous traversons aujourd’hui, l’Azerbaïdjan est devenu, en tant que leader régional, un pont stratégique et économique entre différents pays et régions. L’Azerbaïdjan contribue à atténuer la crise énergétique internationale en fournissant du gaz, du pétrole et de l’énergie verte à plusieurs pays. Enfin, je ne peux manquer de souligner l’importance de mon pays dans la réalisation du « projet du corridor médian » reliant l’Europe et l’Asie et traversant l’Azerbaïdjan ».
« L’Azerbaïdjan est également devenu une plateforme internationale importante. Après avoir organisé avec un grand succès la COP29, mon pays a aussi accueilli, il y a quelques jours, le 13ème Forum mondial de l’Urbanisation de l’ONU. Le succès de ce Forum nous réjouit profondément. Comme je l’ai déjà mentionné, l’Azerbaïdjan se situe au carrefour des civilisations et contribue activement au dialogue interculturel. Le 7ème Forum mondial du dialogue interculturel, qui sera organisé à Bakou en octobre prochain, en est un excellent exemple ».
« Enfin, je voudrais également évoquer la situation actuelle des relations bilatérales entre l’Azerbaïdjan et la France. Après une courte période de tensions politiques dans nos relations, nous observons aujourd’hui un processus de normalisation en cours. En ce qui concerne les relations économiques, elles se poursuivent et l’on constate même une légère augmentation des échanges commerciaux. La culture constitue l’un des piliers de nos relations avec la France. Nous poursuivons activement notre coopération culturelle, et la culture azerbaïdjanaise est présentée à travers différents événements. »
« En ces temps où les défis sont nombreux, souvenons-nous que nos plus grandes forces résident dans les liens que nous tissons. L’amitié n’est pas seulement un sentiment, c’est un engagement, un pont entre les différences, un moteur pour avancer ensemble.
Alors, portons haut cette conviction : « l’amitié nous unit, l’avenir nous sourit ».
Mais je ne veux pas abuser de votre temps et ces quelques derniers mots auront été ceux de ma conclusion ».