Le ministère des Affaires étrangères arménien a déclaré qu’Erevan n’avait pas été consulté au sujet de la création d’un centre de détention pour migrants illégaux.
Après que des dizaines de milliers de migrants ont pris d’assaut Ceuta (l’enclave espagnole située au nord de l’Afrique) par voie maritime depuis le Maroc, les pays de l’Union européenne tiennent le 4 août une réunion d’urgence afin de discuter d’une nouvelle crise migratoire. Selon des médias italiens, la réunion portera sur le plan de la Première ministre italienne Giorgia Meloni visant à placer les migrants dans des camps spéciaux situés en dehors de l’Union européenne, en attendant une décision sur leur situation. L’Arménie figure parmi les pays envisagés pour accueillir de tels camps.
Selon le quotidien Corriere della Sera, le plan de Meloni a été présenté aux dirigeants de l’UE le 3 août. Lors de la réunion du Conseil de l’UE prévue le 4 août, le ministre italien de l’Intérieur Matteo Piantedosi doit présenter les détails du projet.
La majorité des centres proposés seraient situés en Afrique. Toutefois, selon le journal, une liste préliminaire de pays hôtes potentiels comprend également l’Arménie, l’Ouzbékistan et le Monténégro, aux côtés du Rwanda, du Ghana, du Sénégal, de la Tunisie, de la Libye, de la Mauritanie, de l’Égypte, de l’Ouganda et de l’Éthiopie.
Des sources au sein du gouvernement italien ont souligné que cette liste était provisoire. Rien ne confirme qu’un quelconque pays ait accepté d’accueillir de tels centres, et l’Union européenne n’a pas encore annoncé de décision officielle.
Rappelons qu’après l’afflux massif de migrants venus du Maroc vers l’Espagne, 22 pays de l’UE ont demandé à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen de prendre des mesures afin de renforcer la lutte contre l’immigration clandestine. L’Italie a suspendu l’application de l’accord de Schengen avec l’Espagne afin d’empêcher l’entrée de migrants sur son territoire.
L’Italie est elle-même confrontée à un afflux massif de migrants. La Première ministre Meloni a durci la lutte contre l’immigration illégale. Son gouvernement avait auparavant conclu un accord avec l’Albanie pour financer la création d’un centre spécial destiné à l’accueil des migrants. Ce centre n’est pas encore opérationnel ; son fonctionnement devrait coûter au budget italien 120 millions d’euros par an. Il était prévu qu’il puisse accueillir jusqu’à 36 000 migrants par an. L’objectif initial était de mettre en place des procédures accélérées aux frontières pour traiter les demandes d’asile, mais depuis avril de l’année dernière, il fonctionne comme un centre de rétention destiné aux expulsions. Depuis lors, quelques centaines de migrants y sont passés, tandis que les rapatriements restent limités.
L’idée d’étendre en Europe le « modèle albanais », avec la création de nouveaux centres de rapatriement pour migrants en situation irrégulière dans des pays tiers sûrs, financés par des fonds européens, avait déjà été avancée fin juin par la Première ministre italienne. Toutefois, ce modèle comporte des difficultés et, selon le journal la Repubblica publié hier, il a échoué dans des pays comme le Rwanda et l’Albanie. La crise de Ceuta a accéléré ce processus.