LES DIRIGEANTS MILITAIRES DU NIGER ORDONNENT À LA POLICE D'EXPULSER L'AMBASSADEUR DE FRANCE

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1 Septembre 2023 14:45
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LES DIRIGEANTS MILITAIRES DU NIGER ORDONNENT À LA POLICE D'EXPULSER L'AMBASSADEUR DE FRANCE

Les auteurs du coup d'État suivent la stratégie des gouvernements militaires des pays voisins, le Mali et le Burkina Faso, en prenant leurs distances avec l'ancienne puissance coloniale de la région dans le cadre d'une vague de sentiments anti-français.

Les visas de l'ambassadeur français Sylvain Itté et de sa famille ont été annulés et la police a reçu l'ordre d'expulser l'envoyé, a annoncé l'administration militaire dans un communiqué daté de mardi et dont l'authenticité a été confirmée jeudi par son chef de la communication.

Vendredi dernier, les instigateurs du coup d'État, qui a été condamné par les dirigeants africains et les pays occidentaux, ont ordonné à M. Itté de quitter le pays dans les 48 heures en réponse à ce qu'ils ont qualifié d'actions de la France « contraires aux intérêts du Niger ».

Ces actions incluent le refus de l'envoyé de répondre à une invitation à rencontrer le nouveau ministre des Affaires étrangères du Niger.

L'envoyé « ne bénéficie plus des privilèges et immunités attachés à son statut de membre du personnel diplomatique de l'ambassade de France », peut-on lire dans la lettre, dont l'Agence France-Presse a eu connaissance.

« Ses cartes diplomatiques et ses visas ainsi que ceux des membres de sa famille ont été annulés. La police a été chargée de procéder à son expulsion », ajoute le document.

Depuis qu'ils ont renversé le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum, les militaires ont exploité le sentiment anti-français de la population pour renforcer leur soutien.

Les gens scandent « A bas la France » lors de rassemblements quasi quotidiens dans la capitale et parfois devant la base militaire française de Niamey.

La France a réclamé le retour au pouvoir du président déchu et a affirmé qu'elle soutiendrait les efforts de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) visant à annuler le coup d'État.

La France n'a pas officiellement reconnu la décision des chefs militaires nigériens de révoquer les accords militaires bilatéraux, affirmant que ceux-ci avaient été signés avec les « autorités légitimes » du pays.

De même, le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères a déclaré jeudi que les putschistes n'étaient pas habilités à demander le départ de l'ambassadeur. Le Quais d'Orsay a ajouté qu'il « évalue en permanence les conditions de sécurité et de fonctionnement de notre ambassade ».

Le porte-parole de l’état-major français, le colonel Pierre Gaudillière, a prévenu que « les forces militaires françaises sont prêtes à répondre à tout regain de tension qui porterait atteinte aux emprises militaires et diplomatiques françaises au Niger » et que « des dispositions ont été prises pour protéger ces emprises ».

Cette semaine, le président Emmanuel Macron a clamé que l'ambassadeur resterait dans le pays et a réitéré le soutien de la France à M. Bazoum.