Un raid automobile se déroule actuellement sur un parcours entre la France et la Chine. Partis de Poitiers le 12 juillet et attendu le 1er septembre à Pékin, une trentaine de véhicules anciens des années soixante et soixante-dix se sont élancés à travers l’Europe avant de traverser la Turquie, le Caucase du Sud, l’Asie Centrale et la Chine occidentale avant de faire refroidir leurs moteurs aux abords de la Cité Interdite de Pékin.
Le convoi est arrivé en Géorgie de 24 juillet, a traversé l’Azerbaïdjan le 25 avant de faire étape à Bakou dans la même soirée. La traversée de la Mer Caspienne est prévue pour cette journée du 26 juillet au départ de Bakou pour aborder les rivages du Kazakhstan au port de Kourik.
Les participants ont par chance échappé aux avanies qui ont frappé la Géorgie la veille de leur passage de la frontière de l’Azerbaïdjan au Pont Rouge. Une panne d’électricité a en effet plongé dans le noir l’ensemble du pays pendant un moment avant de connaître les faibles secousses d’un tremblement de terre dans le sud du pays, et dont l’épicentre se trouvait en Arménie.
L’Azerbaïdjan leur a réservé un accueil tranquille, cette caravane motorisée et colorée ayant pu bénéficier d’une dérogation exceptionnelle pour franchir la frontière terrestre entre l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Rappelons que les frontières terrestre du pays sont fermées à tout franchissement depuis l’année 2020, proscription renouvelée récemment pour une période de temps s’étalant entre le 1er juillet et le 1er octobre. Cette dérogation a pu être obtenu grâce à la compréhension des autorités centrales azerbaïdjanaises et à l’intervention bienveillante particulière de l’ambassadrice d’Azerbaïdjan en France, Madame Leyla Abdoullayeva.
Sans tenter des extrapolations trop excessives, on est néanmoins fondé à constater que l’isthme caucasien, logé entre les régions troublées au Nord par le conflit entre l’Ukraine et la Russie, et l’insécurité régnant au Sud dans le cadre du conflit qui affecte le territoire de l’Iran, fait figure de zone particulièrement stable et apaisée. Cette situation laisse présager favorablement de la mise en œuvre du grand projet régional de « Corridor du Milieu », future artère logistique majeure et route commerciale alternative en plein développement entre l’Europe et l’Asie continentale.
Par ailleurs, les faveurs accordées à cette expédition automobile ne pourraient-elles pas à leur tour être interprétées comme un geste diplomatique et le signe d’un réchauffement des relations entre Bakou et Paris ? Souhaitons que cet heureux présage accompagne tous les participants de cette aventure routière et les mène à bon port.