COUP D’ÉTAT AU NIGER : LA JUNTE AU POUVOIR DONNE 48 HEURES À L'AMBASSADEUR FRANÇAIS POUR QUITTER LE PAYS

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26 Août 2023 14:26
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COUP D’ÉTAT AU NIGER : LA JUNTE AU POUVOIR DONNE 48 HEURES À L'AMBASSADEUR FRANÇAIS POUR QUITTER LE PAYS

La junte a annoncé que Sylvain Itté avait refusé de répondre à une invitation à rencontrer le ministre nigérien des Affaires étrangères.

La France, ancienne puissance coloniale, a déclaré que les « putschistes n'ont aucune autorité » pour ordonner une telle expulsion.

Paris s'oppose au coup d'État de juillet, estimant que le président déchu Mohammed Bazoum doit être rétabli dans ses fonctions.

L'annonce de vendredi a été faite par le ministre des Affaires étrangères du Niger, installé par la junte.

Elle fait suite à une série de déclarations et de manifestations hostiles contre la France.

Le ministère français des Affaires étrangères a réagi en disant qu'il avait « pris acte des putschistes », a rapporté l'Agence France-Presse (AFP).

Peu de temps après cette annonce, le ministère des Affaires étrangères français a rejeté cette demande, estimant que « les putschistes n’ont pas autorité » pour une telle requête. « L’agrément de l’ambassadeur éman[e] des seules autorités légitimes nigériennes élues », a expliqué le Quai d’Orsay à l’AFP.

Le général Abdourahamane Tchiani, chef du coup d'État au Niger, s'est engagé la semaine dernière à rétablir un régime civil dans ce pays d'Afrique de l'Ouest dans un délai de trois ans.

Il a fait cette annonce après avoir rencontré des médiateurs de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) dans la capitale, Niamey.

La Cedeao a menacé d'intervenir militairement pour rétablir le président Bazoum, renversé le mois dernier, en cas d'échec des négociations.

Le chef de la junte a averti que le Niger ne voulait pas d'une guerre, mais qu'il se défendrait contre toute intervention étrangère.

« Si une attaque devait être entreprise contre nous, ce ne serait pas une promenade de santé comme certains semblent le croire », a-t-il mis en garde.

Le général Tchiani a également réitéré ses critiques à l'égard de ce qu'il a appelé les sanctions « illégales et inhumaines » imposées par la Cedeao à ce pays enclavé et pauvre.

Ces sanctions ont notamment consisté à couper l'électricité, ce qui a entraîné des pannes à Niamey et dans d'autres grandes villes, ainsi qu'à bloquer des importations cruciales.

Les efforts régionaux visant à renverser le coup d'État ont été soutenus par les États-Unis et la France, qui ont tous deux des bases militaires au Niger. Ces bases s'inscrivent dans le cadre de la lutte contre les groupes djihadistes dans la région du Sahel.

Le chef de la junte, qui dirigeait la garde présidentielle avant de prendre le pouvoir le 26 juillet, a fait savoir qu'une intervention militaire pourrait aggraver les insurrections islamistes liées à Al-Qaïda et au groupe État islamique.

Le coup d'État fait écho à des prises de pouvoir récentes similaires dans les pays voisins, le Burkina Faso et le Mali.