ANGELINE FURET, DEPUTEE EUROPEENNE: LA DECISION DE L'AZERBAIDJAN CONSTITUE UNE SANCTION STRATEGIQUE CONTRE L'U.E.

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22 Mai 2026 16:48
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ANGELINE FURET, DEPUTEE EUROPEENNE:  LA DECISION DE L'AZERBAIDJAN CONSTITUE UNE SANCTION STRATEGIQUE CONTRE L'U.E.

La députée européenne française Angéline Furet, membre du groupe Patriots for Europe, a vivement critiqué les politiques de la Commission européenne et du Parlement européen, accusant Bruxelles d’adopter une approche idéologique, d’interférer dans les dynamiques régionales et de manquer de pragmatisme diplomatique dans ses relations avec l’Azerbaïdjan et d’autres pays de la région.

Ces déclarations ont été faites lors d’une séance plénière du Parlement européen tenue le 21 mai 2026 et publiées sur la plateforme Multimedia Centre du Parlement européen. La session comprenait notamment un point distinct intitulé : « Décision du Parlement azerbaïdjanais de suspendre la coopération avec le Parlement européen », rapporte News.Az.

Mme Furet a critiqué la politique de l’Union européenne à l’égard de l’Azerbaïdjan et du Caucase du Sud, estimant que la décision de Bakou de suspendre sa coopération avec le Parlement européen ne devait pas être interprétée comme une simple mesure procédurale.

Selon elle, cette décision représente une « sanction stratégique » infligée à l’Union européenne pour ce qu’elle considère comme des tentatives d’ingérence dans les questions de souveraineté nationale et de politique régionale. Elle a affirmé que l’UE « paie aujourd’hui le prix » de ses propres ingérences ainsi que de son approche dans ses relations avec l’Arménie.

« Vous pensiez sécuriser vos approvisionnements en gaz tout en adoptant, dans le même temps, des résolutions qui, en réalité, n’ont protégé aucun Arménien. En vous substituant aux États-nations et en vous érigeant en donneurs de leçons morales, vous n’avez gagné aucun respect - vous n’avez fait que créer un vide », a déclaré l’eurodéputée.

Mme Furet a également souligné qu’en géopolitique, tout vide est rapidement comblé par d’autres acteurs. À ce titre, elle a évoqué le rôle des États-Unis, qui, selon elle, agissent selon une logique réaliste et sont parvenus à promouvoir un corridor de transport prenant en compte les intérêts à la fois de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie.

« Ils ont créé une réalité avec laquelle même l’Iran peut composer, malgré sa sensibilité aux questions frontalières. Une nouvelle route stratégique est désormais en train d’émerger - pacifique et effectivement contrôlée par des capitaux américains », a-t-elle affirmé.

Selon Mme Furet, l’Europe s’est progressivement isolée des processus qui redessinent la nouvelle carte géoéconomique de l’Asie centrale et du Caucase du Sud. Elle a insisté sur le fait que l’UE ne devait pas « rester à l’écart pendant que le monde change sous nos yeux » et a appelé Bruxelles à abandonner ce qu’elle qualifie de politique moralisatrice.

« La diplomatie relève de la responsabilité des États membres, non de la Commission européenne. Il faut mettre fin à cette diplomatie des déclarations, cesser de vouloir faire la leçon au monde. Laissez les pays agir et engagez-vous enfin dans une politique réelle, adulte », a-t-elle conclu.